• Édito Lava 38

    Depuis son entrée en fonction en janvier 2025, le gouvernement Arizona mène une offensive tous azimuts d’une violence inouïe. Salaires, pensions, allocations de chômage, indemnités de maladie, services publics, droits des travailleurs, concertation sociale, libertés syndicales: rien n’est épargné. Ce n’est pas un coup de rabot, c’est une tronçonneuse. Les économies se chiffrent en dizaines de milliards et continuent de grimper en cours de route. Le seul poste qui échappe à la rigueur ? Les dépenses militaires. Celles-ci explosent.

  • « Les syndicats ont inscrit la mobilisation dans la longueur et la force »

    Les mobilisations contre l’Arizona s’inscrivent dans la longue tradition belge des luttes sociales. Un œil vers le passé, l’autre sur le présent, Jean Faniel et Kurt Vandaele analysent les ressorts de la colère sociale.

  • Les fissures dans le mur de l’Arizona

    Dix-neuf mois de résistance contre le gouvernement Arizona. Le bilan de ces mobilisations ne se mesure pas seulement à l’adoption ou au rejet de telle ou telle mesure, mais aussi à cette nouvelle capacité à peser sur le cours de l’histoire.

  • Réponse aux 5 attaques contre les mutualités Arizona

    Les mutualités garantissent des soins de santé de qualité accessibles en dehors des logiques de marchés que l’Arizona souhaiterait remplacer par une médecine à deux vitesses marquée par la libéralisation.

  • Concurrence : la recette pour dérailler

    Le rail est un monopole naturel et un outil stratégique face à des enjeux majeurs: mobilité populaire, désengorgement, urgence climatique. La question n’est pas de mettre le rail en concurrence, mais d’en faire l’ossature de la mobilité de demain.

  • Les fantômes des communistes indonésiens nous hantent toujours.

    Les luxueux hôtels de Bali sont bâtis sur des fosses communes. Peu le savent mais un million de supposés communistes ont été traqués et assassinés méthodiquement dans toute l’Indonésie (1965-1966). Les conséquences de ce terrible carnage ont été désastreuses pour le monde entier.

  • Fonds européens pour le réarmement, à qui profite le crime?

    Recherche militaire, munitions, drones: sous prétexte d’urgence géopolitique, de paix et de sécurité, l’Union européenne finance depuis 2017 à coups de milliards une industrie qu’elle avait juré de ne jamais soutenir.

  • La militarisation et la guerre reposent sur les énergies fossiles

    Alors que l’Europe accélère sa militarisation au nom de la sécurité, les conséquences climatiques et sociales restent largement absentes du débat public. Khem Rogaly montre comment guerre, énergies fossiles et rivalités impériales menacent à la fois la transition écologique et les conditions de vie de la classe travailleuse.

  • « L’impérialisme ce n’est pas l’accaparement et la conquête de territoires »

    Chris Kaspar de Ploeg replace le génocide en Palestine, les bombardements de l’Iran et la militarisation aux États-Unis et dans l’Union européenne dans le contexte de l’histoire plus large du capitalisme et de l’impérialisme. «Le fascisme et le libéralisme ne sont pas des pôles qui s’opposent.»

  • La pasionaria noire Blouin : une vie de soin et de lutte.

    Il n’est pas de combat pour la décolonisation auquel Andrée Blouin n’ait pris part. Ses adversaires la qualifiaient de «femme la plus dangereuse d’Afrique». Elle conseillait Lumumba et dirigeait le plus grand mouvement de femmes congolais. Critique de son autobiographie.

  • Les racines du trumpisme s’étendent dans toute l’histoire des États-Unis

    Trump est à la fois une rupture et une continuité. Sur le plan intérieur, il veut revenir sur les acquis de la révolution des droits civiques et restaurer le pouvoir sans entraves des entreprises. À l’étranger, il utilise la même logique impériale que celle qui a dominé tous les gouvernements avant lui.

  • Editorial Lava 37

    Les anniversaires importants figurent en bonne place dans le calendrier éditorial. Non pour rédiger une carte de vœux ou par nostalgie, mais pour se souvenir et dresser le bilan, le regard tourné vers l’avenir. Pas le bilan officiel des discours solennels et des annales journalistiques. Mais l’autre, celui de la réalité vécue des gens «ordinaires» et de leur lutte pour une existence meilleure.

  • Discours aux Osages

    Les colons états-uniens n’étaient guère plus de 4 millions lors de leur prise d’indépendance en 1776. En 1830, ils étaient déjà 13 millions. En 1791, Knox et Jefferson affirmaient que les autochtones détenaient un droit de sol et devaient être laissés tranquilles. Mais très vite, la pression des colons poussa le gouvernement fédéral à racheter la Louisiane à la France en 1803 et à déplacer de force les natifs vers ces terres tout en rachetant les leurs.

  • Ne suis-je pas une femme ?

    Sojourner Truth est née esclave à la fin du 18e siècle dans ce qui est alors une ancienne colonie néerlandaise. Elle a incarné les luttes abolitionnistes et féministes du 19e siècle aux États-Unis.

  • Que représente le 4 juillet pour l’esclave ?

    Lorsque Frederick Douglass, ancien esclave, devenu écrivain et éditeur reconnu, délivre son discours ce 4 juillet 1852, 3,2 millions de personnes sont encore esclaves aux États-Unis. Nous sommes une décennie avant la guerre civile qui mènera à l’abolition de l’esclavage. Douglass a été choisi pour parler, à New York, de l’anniversaire de l’indépendance des États-Unis devant la Ladies’ Anti-Slavery Society.

  • Gettysburg Address & Lettre à Abraham Lincoln

    Abraham Lincoln (1809-1865) a grandi dans une petite cabane en bois au milieu d’un champ dans le Kentucky, avant de s’installer plus tard dans l’Illinois, où il parvint à devenir avocat. C’est ainsi qu’il a rejoint la classe moyenne professionnelle en pleine expansion dans les États du Nord, où l’industrialisation a stimulé le développement de nouvelles classes sociales.

  • Wall Street possède le Pays

    En 1873, la panique régnait à Wall Street. La bulle spéculative sur les investissements ferroviaires était sur le point d’éclater, entraînant une chute libre du cours des actions. Plusieurs banques firent également faillite. Mais toute crise recèle des opportunités, du moins pour les plus véreux. John D. Rockefeller, J.P. Morgan, Cornelius Vanderbilt et d’autres grands banquiers et industriels en profitèrent pour se partager le marché. Ils abusèrent de leur situation de monopole pour augmenter drastiquement les tarifs de transport.

  • À la personne assise dans les ténèbres

    Un costume blanc, une moustache généreuse, une chevelure rebelle, un cigare à la main et, invariablement, un humour pince-sans-rire. Aux États-Unis, il incarne un archétype classique des caricatures, des films et des mèmes. Il s’agit de Mark Twain (1835-1910), qualifié à sa mort par le New York Times de «plus grand humoriste que le pays ait jamais produit». Le prix Nobel William Faulkner l’a quant à lui surnommé «le père de la littérature américaine». Twain a écrit des romans, des essais ainsi que des satires, et fut le conférencier public le plus sollicité de son époque.

  • Discours aux mineurs de charbon en grève

    Née Mary G. Harris Jones en 1837, Mother Jones fut surnommée «la femme la plus dangereuse d’Amérique» par un procureur général. Elle fut interdite de séjour dans plusieurs États américains, arrêtée et emprisonnée à de multiples reprises pour son militantisme. Organisatrice syndicale, membre du Socialist Party of America, elle fut aux avant-postes des grèves minières américaines des deux premières décennies du 20e siècle.

  • Canton Ohio Speech

    Eugene V Debs était président du parti socialiste et quintuple candidat à la présidentielle états-unienne. Le président Wilson l’appelait «traître à son pays», notamment parce qu’en 1918, Debs avait apporté son soutien à des camarades emprisonnés pour s’être opposés à la conscription pour la Première Guerre mondiale.

  • Let America be America again

    Langston Hughes, né en 1902, est l’une des voix marquantes de la Renaissance de Harlem – un bouillonnement intellectuel et artistique afro-américain des années 20 à New York. Poète, romancier, dramaturge, il met au cœur de son œuvre les classes ouvrières noires, avec une langue vive, ancrée dans le jazz et le blues. Militant des droits civiques, il gravite dans les cercles communistes et a lors de la chasse aux sorcières anticommuniste, été convoqué devant la commission sénatoriale de McCarthy en 1953.

  • Meet the Communists

    Elizabeth Gurley Flynn, surnommée «Rebel Girl», est une figure majeure du syndicalisme, féminisme et communisme américain. Organisatrice des Industrial Workers of the World, elle collabore avec le Parti communiste à partir de 1936 et en devient la première femme présidente en 1961. Condamnée en 1952 pour «activités anti-américaines», elle se bat avec succès, après une peine de prison, pour récupérer son passeport.

  • Pourquoi le socialisme ?

    Physicien de renommée, Albert Einstein ne s’est jamais cantonné à la science. Pacifiste durant les deux guerres, exilé par le nazisme, il arrive aux États-Unis avec des convictions politiques bien arrêtées. Socialiste assumé, il publie Why Socialism ? en 1949, où il dénonce l’anarchie du capitalisme et ses effets sur la démocratie. La même année, il co-signe le Manifeste Russell-Einstein contre l’arme nucléaire.

  • Témoignage devant le House Committee on Un-American Activities

    Avocat, athlète, chanteur, acteur: Paul Robeson est tout cela à la fois, mais militant par-dessus tout. Défenseur du communisme soviétique et combattant de la ségrégation américaine, il est convoqué devant le HUAC en 1956. Son passeport lui est alors confisqué pendant huit ans. Figure internationale, il est célébré en URSS et en Chine populaire, pendant qu’il est ignoré et persécuté dans son propre pays.

  • The ballot or the bullet

    D’abord prédicateur de la Nation of Islam, mouvement nationaliste noir fondé sur l’islam – Malcolm X rompt ensuite avec ce mouvement mais reste musulman. Il fonde l’Organisation de l’unité afro-américaine avec une idéologie de panafricanisme humaniste. Il défend l’idée d’une lutte armée contre le gouvernement états-unien raciste. Il est partisan d’un autogouvernement des afro-américains. Il meurt assassiné à Harlem en 1965.

  • Au-delà du Vietnam, le moment de briser le silence

    Martin Luther King Jr. (1929-1968) était un pasteur américain et le leader du mouvement des droits civiques. Par l’action non-violente, il a lutté contre la ségrégation raciale, la discrimination et l’inégalité sociale. Son célèbre discours I Have a Dream est devenu un symbole de la lutte pour l’égalité des droits. King s’est également opposé à la pauvreté et à la guerre du Vietnam. En 1964, il a reçu le prix Nobel de la paix. Il a été assassiné en 1968.

  • Speech at the Embassy Auditorium

    Angela Davis est philosophe, militante marxiste et figure majeure de la lutte pour les droits civiques aux Etats Unis. Membre du Parti communiste et des Black Panthers, elle est emprisonnée en 1970 sur des charges fabriquées de toutes pièces. Son arrestation devient un symbole de la répression politique aux États-Unis. Acquittée en 1972, elle consacre sa vie à l’abolition du système carcéral, au féminisme radical et à l’antiracisme

  • Discours d’obstruction parlementaire

    Bernie Sanders est né en 1941 à Brooklyn. Sénateur américain indépendant pour l’État du Vermont, il se qualifie lui-même de «socialiste démocrate». En 2015, le dictionnaire américain Merriam-Webster a désigné «socialisme» comme le mot le plus recherché de l’année. Il est l’auteur de Our Revolution: A Future to Believe In (2016), It’s OK to Be Angry About Capitalism et Fight Oligarchy (2025), ce dernier ayant été publié pour soutenir sa tournée du même nom qui a rassemblé plus de 200 000 personnes

  • L’État-providence : un fruit de la lutte des classes

    L’État-providence n’est pas un miracle de charité, issu d’un dialogue éclairé ou d’une politique modérée « raisonnable ». Il a plutôt été une concession obtenue par les travailleurs, au terme de décennies de lutte contre le patronat.

  • Sécurité sociale : un morceau de socialisme dans le capitalisme

    L’histoire de la Sécurité sociale est celle de plus d’un siècle de lutte de classe. Une lutte toujours à l’œuvre pour protéger la « cathédrale des travailleurs », contre ceux qui veulent réécrire son histoire pour mieux en attaquer les fondements, et pour conserver ce morceau de socialisme dans le capitalisme.