Éditorial Lava 16
Sous le capitalisme, le temps, c’est de l’argent. Le capitaliste veut dès lors réduire le temps et le coût des déplacements. C’est ce qui crée le lit de notre mobilité irrationnelle et des embarras de circulation.
Sous le capitalisme, le temps, c’est de l’argent. Le capitaliste veut dès lors réduire le temps et le coût des déplacements. C’est ce qui crée le lit de notre mobilité irrationnelle et des embarras de circulation.
Alors que les politiques actuelles se basent sur des mesures individuelles, injustes socialement et dont l’efficacité environnementale est faible, une approche collective est possible, basée sur les besoins et non le profit.
La tarification routière privatise l’utilisation de l’espace public. Toute la politique de mobilité est réduite à une seule question: «Combien suis-je prêt à payer pour me déplacer?»
L’électrification en masse du transport routier est un non-sens social et environnemental. Pour satisfaire durablement les besoins de mobilité de l’Europe, il existe une alternative solidaire et moins destructrice.
Les trains de nuit ont pratiquement disparu sous l’effet de la libéralisation. Pourtant, ils sont la seule alternative au désastre écologique et social que représente le transport aérien à bas prix.
Les télétravailleurs et les travailleurs mobiles se partagent au moins une caractéristique en commun : faire l’objet d’une cybersurveillance. Mais qui sème le vent récolte la tempête.
Le conspirationnisme offre une explication rapide et facile au fait que, dans notre société, les intérêts des élites prennent systématiquement le dessus. Pour une réponse différente à cette question légitime, il nous faut un autre prisme idéologique.
Plus grand parti en France après la Seconde Guerre mondiale avec jusqu’à un million de membres, le Parti communiste français fête ses 100 bougies. Les débats qui ont entouré la fondation de ce «parti des travailleurs pour les travailleurs» restent très actuels.
La Commune de Paris de 1871 fut la première tentative de république ouvrière. Un 99 % avant l’heure. À l’occasion de l’anniversaire Lava republie la préface de Friedrich Engels au livre de Marx La Guerre civile en France, précédée d’une introduction par Patrick Moens.
Le fait que plusieurs chefs de file socialistes aient suivi un parcours similaire à celui d’Henri de Man est une mise en garde permanente contre le «socialisme d’en haut» élitiste et nationaliste.
Margarete Schütte-Lihotzky est connue pour avoir créé la première cuisine équipée. Son «architecture sociale» fait part d’un parcours qui l’a menée à la résistance communiste contre le nazisme.
En Belgique aussi, la politique en matière de lutte contre le coronavirus mène au non-respect de la démocratie et de l’État de droit, conséquence logique d’un État pour qui les intérêts des entreprises priment sur l’intérêt général de la société.
A la tête de la croissance mondiale, le succès de la Chine, un pays non capitaliste dirigé par un parti communiste, inspirera d’autres pays, tandis que les exemples négatifs du néolibéralisme les repousseront.
À l’occasion de son 200e anniversaire, célébrons le retour de Engels, qui pendant des décennies à servi de bouc émissaire bien commode dans le discours académique sur le marxisme.
D’Engels, on ne retient généralement que ce qu’il a écrit avec Marx. C’est une erreur, certainement en ce qui concerne la critique socio-écologique de l’exploitation capitaliste de la nature.
Tout au long de sa vie, le journaliste d’investigation Walter De Bock est parvenu à se frayer un chemin à travers la censure, les coulisses de la politique et les réseaux secrets.
Les classes moyennes du Nord et du Sud vont se retrouver, abandonnées par une bourgeoisie de plus en plus riche et ayant des relations incertaines avec les classes populaires des travailleurs et du précariat.
La lecture traditionnelle de la grève de 60-61 a souvent fait la part belle à l’action des renardistes, mais les syndicalistes communistes ont joué un rôle clé dans le coup d’envoi de la plus fameuse des grèves belges.
La création et le renforcement d’une bourgeoisie flamande était un objectif historique d’une partie du mouvement flamand. Mais les patrons flamands se vendent facilement aux investisseurs étrangers.
On se souvient d’Antonio Gramsci comme un théoricien, mais il estimait que les grandes idées ne devaient pas être réservées aux intellectuels et il insistait sur la nécessité pour les travailleurs de prendre la tête de leurs organisations.
Aucun Flamand, Wallon ou Bruxellois ordinaire n’avait voté pour de nouvelles divisions. Mais si la dynamique ne part pas d’une large base de soutien, quelles sont donc les forces qui dépouillent de plus en plus la Belgique de sa substance ?
Ce que la crise du corona n’a en tout cas pas changé, c’est la vision binaire selon laquelle ce pays serait constitué de deux blocs opposés inconciliables.
L’histoire sans fin des réformes de l’État belge a créé autant de portes d’entrée pour un «ethnolibéralisme» dans lequel prospère l’extrême droite.
Un lion flamand avec ou sans griffes rouges, les couleurs de l’écharpe des maires ou la protestation culturelle qui se colore de jaune : voici autant d’expressions d’un combat culturel déterminant pour notre avenir.
Là où, en général, des pays ou des régions s’associent pour «faire mieux ensemble», en Belgique, les régions se dissocient, espérant «faire mieux seule dans son coin». Examen des situations allemande et belge.
La bourgeoisie «belge» s’effondre et la bourgeoisie «flamande» émerge. Si c’est bien la tendance actuelle, il convient de manier les termes «belge» et «flamand» avec prudence.
L’industrie de l’aviation est en grande détresse à cause de la crise du covid. Mais revenir aux vieilles recettes – combler les puits privés avec de l’argent public – ne fait que reporter le problème.
Alexander Zevin explore l’histoire, parfois contradictoire, du libéralisme «réel» et celle de l’élaboration de sa propre conception du monde, développée dans un journal vieux de 175 ans.
Derrière la propagation du virus à l’échelle mondiale se cache un système économique qui était déjà malade. Le virus n’est qu’un révélateur et non la cause de nos maux.
Les entreprises ont adopté une rhétorique antiraciste, mais sans remettre en cause l’inégalité économique qu’il génèrent – et qu’ils veulent maintenir par la force si nécessaire. Ce dont nous avons besoin c’est d’un mouvement social.
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