Il y a cent ans naissait Fidel Castro, qui fut pendant des décennies le visage du socialisme cubain. Sa pensée politique est une synthèse singulière de trois traditions : la résistance décoloniale de José Martí, l’économie politique de Karl Marx et la théorie et la pratique révolutionnaires de Vladimir Lénine.

« Je pense que ma contribution à la révolution cubaine
consiste à avoir opéré une synthèse
des idées de Martí et du marxisme-léninisme
et à les avoir appliquées avec constance dans notre lutte.»1(Fidel Castro)
Les sources idéologiques
La voie révolutionnaire est sinueuse et semée d’embûches. Sans orientation solide, sans boussole idéologique, on risque de faire fausse route à la première décision difficile. La leçon de l’histoire est impitoyable. Rien qu’en Amérique latine, le siècle dernier a connu des dizaines de soulèvements révolutionnaires, mais seule une poignée a réussi à triompher. « Sans théorie révolutionnaire, il n’y a pas de mouvement révolutionnaire », avait appris le Che de Lénine.2 Fidel Castro était lui aussi convaincu « qu’un programme révolutionnaire s’imposait ».3 La théorie est indispensable pour analyser la société, pour saisir les liens entre les multiples phénomènes en apparence décousus, pour en dégager des schémas ou des lois, et pour déterminer le cap à suivre et la stratégie la plus adéquate.
« Quiconque méconnaît la réalité politique n’a pas le droit de s’atteler à un programme révolutionnaire, car il ne pourra ni mener le peuple à la victoire ni concrétiser ce programme. »4
« Lorsque j’ai découvert pour la première fois le Manifeste du parti communiste, j’y ai trouvé une explication. Au milieu du chaos des événements, il était difficile de comprendre le pourquoi des faits, et tout semblait résulter de la méchanceté de l’homme, de ses failles, de sa perversion et de son immoralité. C’est au cœur de ce chaos que l’on commence à discerner d’autres facteurs, indépendants de l’être humain, de sa morale ou de ses actions individuelles. »5
Fidel Castro avait une conception large de la théorie. Il ne la limitait pas à des leçons ou à des principes abstraits. Le passé représentait pour lui une école inestimable. Les expériences concrètes de lutte issues de l’histoire cubaine et latino-américaine avaient à ses yeux autant d’importance que les grandes lois ou tendances historiques. Il s’efforçait d’éviter les erreurs et les écueils du passé révolutionnaire, en conjuguant les enseignements de la tradition révolutionnaire, décoloniale et anti-impérialiste de l’Amérique latine et de Cuba avec ceux de l’Europe, à savoir le marxisme.
« Mais qu’est-ce qui nous a éclairés sur la voie qui mènerait notre patrie à un niveau politique supérieur ? Sans la rhétorique éclairée de Martí, sans l’exemple puissant de l’œuvre immortelle de Céspedes, Agramonte, Gómez, Maceo et tant d’autres figures légendaires de notre histoire de lutte, sans les extraordinaires découvertes scientifiques de Marx et Engels, sans l’interprétation géniale qu’en a faite Lénine et ses prodigieux exploits historiques, sans tout cela, le 26 Juillet n’aurait jamais été planifié. »6
Le 26 juillet 1953, Fidel Castro et quelques dizaines de rebelles prirent d’assaut la caserne de la Moncada à Santiago. L’attaque échoua, mais elle marqua en réalité le coup d’envoi de la lutte révolutionnaire qui, six ans plus tard, déboucha sur la victoire. Vingt ans après l’assaut de la Moncada, Fidel Castro revint sur ses sources d’inspiration, parmi lesquelles José Martí occupa une place de premier plan. En Occident, ce poète, philosophe et libérateur reste méconnu. Pourtant, son influence sur la révolution cubaine est difficilement surestimable. C’est lui qui, au dix-neuvième siècle, a jeté les bases intellectuelles de l’indépendance de Cuba.

Outre Martí, d’autres libérateurs cubains ont également inspiré Fidel Castro, servant surtout de modèles en matière de rébellion armée.
« Céspedes nous a donné l’exemple sublime de la manière d’engager, avec une poignée d’hommes et lorsque les circonstances s’y prêtaient, une guerre qui a duré dix ans. Agramonte, Maceo, Gómez et les autres chefs de notre lutte pour l’indépendance nous ont montré le courage et la combativité de notre peuple, la guérilla et la possibilité d’adapter la lutte armée populaire à la topographie et à la supériorité numérique de l’ennemi. »7
Il est important ici de s’attarder un instant sur l’histoire de Cuba. Après le débarquement de Christophe Colomb sur l’île en 1492, Cuba devint une colonie espagnole en 1512. La population autochtone fut décimée par les maladies et l’exploitation. Des Africains réduits en esclavage furent amenés en masse pour travailler dans les lucratives monocultures de canne à sucre et de tabac. Dès 1823, Cuba entra dans le viseur des États-Unis, qui étaient alors encore en pleine conquête coloniale de l’ouest et du sud de l’Amérique du Nord. Le secrétaire d’État et futur président John Quincy Adams déclara alors que Cuba était « une pomme qui, une fois détachée de l’arbre espagnol, tomberait d’elle-même dans l’Union américaine par la force de la gravité ».
Cette chute « d’elle-même », ils l’ont précipitée en s’immisçant, à la fin du dix-neuvième siècle, dans la troisième tentative d’expulser le colonisateur espagnol de Cuba, menée par José Martí. Après la victoire sur l’Espagne, les combattants de la liberté cubains furent même écartés de la table des négociations. Ainsi, si Cuba devint officiellement indépendante en 1902, elle fonctionna de fait comme un protectorat des États-Unis, où l’ambassadeur américain avait plus de poids que le président en exercice. L’aspiration à la souveraineté resta un fil rouge jusqu’en 1959.
Depuis les guerres de décolonisation du dix-neuvième siècle, Cuba possède une longue tradition de révolte armée. En cas de résultats électoraux contestés, il n’était pas rare que de jeunes hommes prennent les armes et se retirent dans les montagnes pour combattre le régime.8 Ce fut notamment le cas d’Antonio Guiteras, un leader étudiant qui, dans les années trente, dirigea un mouvement de guérilla et élabora des plans pour prendre, entre autres, la caserne de la Moncada. Son programme, axé sur des réformes agraires, des nationalisations et des lois révolutionnaires, présentait des parallèles frappants avec les premiers mois de 1959. Figure de proue de l’éphémère république révolutionnaire de 1933, il devint une source d’inspiration majeure pour Fidel Castro.9
La clé de voûte de la formation politique de Fidel Castro fut le marxisme. Sa soif spontanée de justice et son aversion pour le capitalisme trouvèrent un fondement scientifique grâce à l’étude des œuvres de Marx, Engels et Lénine. Jeune étudiant, il y fut initié et se passionna de plus en plus pour ces écrits, qui furent pour lui une « véritable révélation politique » et lui permirent de « comprendre la réalité ».10 « J’avais auparavant développé des idées utopiques, mais je sentais désormais la terre ferme sous mes pieds. »11 Au début de sa carrière révolutionnaire, il s’était déjà approprié les principes fondamentaux du marxisme. Sans cela, avouait-il, il n’aurait jamais pu élaborer une stratégie gagnante.12
« Quelle a été la contribution du marxisme à notre héritage révolutionnaire à cette époque ? Le concept de société divisée en classes, entre exploiteurs et exploités, la conception matérialiste de l’histoire, les rapports de production bourgeois comme dernière phase antagonique précédant le processus de production socialisé, l’avènement inéluctable de la société sans classes sous l’effet des forces productives du capitalisme et de la révolution sociale. (…) Le marxisme nous a surtout enseigné la mission historique de la classe ouvrière, seule classe véritablement révolutionnaire, appelée à transformer le capitalisme jusque dans ses fondements, ainsi que le rôle des masses dans la révolution. (…) L’État et la Révolution de Lénine nous a expliqué le rôle de l’État en tant qu’appareil de répression de la classe dominante et la nécessité de bâtir un pouvoir révolutionnaire capable d’écraser la résistance des oppresseurs. Ce n’est qu’à la lumière du marxisme qu’il est possible de comprendre non seulement le déroulement actuel des événements, mais aussi l’ensemble de l’évolution historique de la nation et la pensée politique cubaine du siècle dernier. »13
Au sein du Mouvement du 26 Juillet originel, le Che était le marxiste le plus abouti. Il débattait avec Fidel Castro des heures et des nuits entières. Cet intellectuel argentin a sans aucun doute exercé une influence considérable sur la pensée de Fidel Castro ; leurs conceptions politico-stratégiques, mais aussi philosophiques, étaient très convergentes.14 La mort du Che en 1967 porta un coup dur à la révolution cubaine. Ses écrits « conserveront une valeur permanente dans le processus révolutionnaire de Cuba et dans celui de l’Amérique latine », déclara Fidel Castro.15
José Martí
Dès l’adolescence, Fidel Castro se passionne pour José Martí. « Avant d’être un communiste utopique ou un marxiste, j’étais martien », confie-t-il lors de son entretien avec le théologien brésilien Frei Betto. « Je le suis depuis le début de mes études supérieures : je n’oublierai jamais l’immense pouvoir d’attraction de la pensée de Martí. »16
Cette fascination a profondément imprégné le reste de son existence. Lors de sa défense au procès de la Moncada, il cite le héros national à dix-sept reprises et, lorsque le juge lui demande qui est le cerveau de l’attaque, il répond le plus sérieusement du monde : « José Martí ».
« Martí nous a légué son patriotisme ardent, son amour passionné de la liberté et de la dignité humaine, son horreur des despotes et sa foi inébranlable dans le peuple. Sa rhétorique révolutionnaire constituait le fondement moral et la légitimation de notre action armée. C’est pourquoi nous affirmions qu’il était l’auteur intellectuel du 26 Juillet. »17
Dans ses discours, il ne cessait de faire référence à l’« Apôtre de Cuba ». « Martí est et restera à jamais le guide de notre peuple », écrivait-il dans la préface des œuvres complètes de José Martí.18
José Martí fut un pionnier du modernisme en Amérique latine, un courant littéraire né vers la fin du dix-neuvième siècle. Le modernisme latino-américain mettait l’accent sur l’esthétique et la musicalité de la langue, sur le symbolisme et la sensualité, ainsi que sur la quête d’une beauté et d’une liberté universelles, le tout souvent conjugué à une critique politique et culturelle du colonialisme et des injustices sociales.
Comparé au modernisme européen, le modernisme latino-américain accordait une place prépondérante à l’identité nationale et aux enjeux sociaux et politiques, tandis que son variant européen expérimentait avant tout avec la forme, la perspective et l’individualisme.19
Pour Fidel Castro, Martí était « le penseur politique et révolutionnaire le plus profond de l’hémisphère ». Mais il était bien plus qu’un penseur : il a sacrifié sa vie pour libérer Cuba du joug colonial espagnol et est mort au combat. Cet exemple a profondément marqué le jeune Fidel Castro.20

On ne peut pleinement saisir la révolution cubaine et la vie de Fidel Castro sans comprendre le rôle capital qu’y jouent la figure et la pensée de José Martí.21 On trouve sa statue jusque dans les recoins les plus reculés du pays. Les Cubains lui vouent un respect quasi sacré. Lors du premier congrès du Parti communiste en 1975, une place symbolique lui fut même réservée à la tribune.22
Au début du dix-neuvième siècle, la quasi-totalité des pays d’Amérique latine ont conquis leur indépendance. Cuba a manqué le coche. Martí en a fait le combat de sa vie. Il a très vite compris que les Cubains ne se verraient pas offrir leur souveraineté sur un plateau, qu’ils devraient la payer au prix fort, que ce serait une lutte à mort, mais que le jeu en valait la chandelle.
Cette attitude intransigeante et combative a inspiré Fidel Castro. Martí lui a appris qu’il ne faut pas quémander ses droits, mais les obtenir, qu’il faut « les arracher plutôt que les mendier ».23 Une vie d’asservi n’a pas de sens, car « il vaut mieux mourir debout que vivre à genoux ».24
Martí a très vite compris que seule la lutte armée mettrait fin à l’esclavage et à la colonisation, que « la guerre était inévitable et nécessaire ». Le Mouvement du 26 Juillet s’est inscrit dans cette tradition : « notre révolution a toujours suivi ce ton, ce précepte et ce style martiens ».25
La combativité et l’esprit révolutionnaire de Martí ont profondément marqué la psychologie collective des Cubains. Il leur a insufflé un profond sentiment de fierté et de respect de soi. C’est de lui qu’ils ont hérité « un patriotisme vibrant et une notion de l’honneur et de la dignité que personne d’autre au monde » ne leur a inculquées.26
Comme mentionné précédemment, la lutte pour l’indépendance de Cuba a été entravée par les visées expansionnistes de Washington. Le sentiment national s’est ainsi teinté d’une forte dimension anti-impérialiste, dont Martí fut le catalyseur. L’« Apôtre de Cuba », comme on le surnomme, ne se faisait guère d’illusions sur les États-Unis ; il connaissait « le monstre » pour avoir « vécu des années dans ses entrailles ».27
Il évoquait sans cesse l’« impérialisme » et s’inquiétait surtout de l’expansionnisme néocolonial des États-Unis dans « Notre Amérique », comme il appelait cette région. Face à ce géant, les pays pris isolément étaient sans défense ; c’est pourquoi Martí fut « l’un des plus fervents défenseurs de l’unité de l’Amérique latine ». Il rejoignait en cela la pensée de Simón Bolívar, important libérateur de l’Amérique latine.
Cette idée d’unité a fortement influencé Fidel Castro. Tous les Latino-Américains « partagent les mêmes sentiments, les mêmes intérêts, la même race, la même sensibilité et les mêmes aspirations humaines ». La force du continent réside dans l’unité, car « c’est l’unité qui permet aux peuples de défendre leurs droits ».28 Fidel Castro avait à peine vingt et un ans lorsqu’il a participé à une expédition visant à renverser le dictateur dominicain.
Un an plus tard, il a pris part à un soulèvement populaire en Colombie. Il s’est également montré très actif au sein d’un mouvement pour l’indépendance de Porto Rico. Dans les années soixante, Cuba a apporté un soutien inconditionnel aux projets révolutionnaires du Che. Pour Fidel Castro, l’unité du continent est toujours restée une question vitale. Près de deux cents ans après les indépendances, l’Amérique latine demeure « divisée et balkanisée », déplorait-il.29
Dès que les circonstances historiques l’ont permis, Fidel Castro s’est attelé à réaliser son vieux rêve. Avec Chávez, il a fondé en 2004 l’ALBA, l’Alternative bolivarienne pour l’Amérique latine. Ce devait être la première étape vers l’intégration des pays de la région. Aux yeux de Martí, Cuba jouait un rôle crucial pour stopper l’impérialisme ; il voulait faire de l’île « une tranchée, une ligne de défense des intérêts de Notre Amérique ».30
idel a fait sienne cette responsabilité historique qui, conjuguée à la tradition marxiste, constitue le socle du fort internationalisme ayant toujours caractérisé la révolution cubaine.
« C’est de José Martí, guide et apôtre de notre guerre d’indépendance contre l’Espagne, que nous avons appris l’esprit internationaliste. Marx, Engels et Lénine ont ensuite renforcé cette conscience au sein de notre peuple. Pour Martí, « la patrie, c’est l’humanité », et il nous a dépeint une Amérique latine unie face à l’autre Amérique, impérialiste et arrogante, ce « querelleur brutal », comme il le disait, qui nous méprisait. »31
L’unité n’était pas seulement essentielle entre les pays du continent, mais aussi au sein même de Cuba. Elle est « indispensable pour une société confrontée aux problèmes du sous-développement et qui doit se développer dans les conditions extrêmement difficiles du monde actuel. Martí l’avait déjà compris il y a plus de cent ans ».32
Selon Martí, la première lutte pour l’indépendance avait échoué en raison des divisions au sein du commandement. Il en a tiré les leçons et a fondé un parti révolutionnaire uni. Après la victoire, Fidel Castro a renoué avec ce fil historique. Le multipartisme avait d’ailleurs prouvé sa faillite. Sous la dictature militaire de Batista, de 1952 à 1959, les leaders des partis traditionnels avaient formé un front politique avec le dictateur.33
Voilà pourquoi la révolution cubaine ne compte qu’un seul parti, « tout comme Martí n’avait qu’un seul parti pour faire la révolution ».34 Il ne s’agit pas d’une position de principe ou dogmatique, mais du fruit des circonstances historiques et des expériences passées.35 « Comment notre pays aurait-il pu tenir si nous avions été fragmentés en dix morceaux ? », s’interrogeait Fidel Castro.36
« La société idéale pour l’impérialisme est une société divisée et morcelée. Car les forces de la nation s’en trouvent ainsi dispersées et se dressent les unes contre les autres. Elles ne sont plus alors au service de la nation, mais au service des intérêts partisans et de la domination impérialiste. »37
Aux dix-huitième et dix-neuvième siècles, la pensée philosophique en Amérique latine ne visait pas le savoir pour le savoir, comme en Occident,38 mais l’élévation de l’être humain. Elle constituait une synthèse entre l’analyse de la réalité et la quête d’un avenir meilleur. D’où l’accent mis sur l’éducation, l’éthique, la subjectivité humaine et la poursuite de la justice et d’un monde meilleur.
Martí fut un illustre représentant de cette tradition39 et, à ce titre, une source d’inspiration majeure pour Fidel Castro, en premier lieu dans le domaine de l’apprentissage. Martí accordait une importance capitale à l’éducation et à la formation intellectuelle. C’est de lui que vient cette maxime : « être formé pour être libre ».40 Ce n’est pas un hasard si l’on trouve le buste de José Martí à l’entrée de chaque école à Cuba. Fidel Castro a appris de lui « la valeur d’une leçon, la force des idées ».41 Le savoir n’est pas seulement du pouvoir, c’est la force principale dont dispose la révolution. Un peuple convaincu est invincible.
« Les idées justes ont une force supérieure à toutes les forces réactionnaires réunies. »42
« Les idées ne sont pas seulement un moyen de développer la conscience de lutte chez les peuples, elles sont aussi devenues le principal instrument de combat à l’heure actuelle. Elles ne servent pas uniquement d’inspiration, de guide ou d’orientation, mais constituent l’arme principale dans la lutte. »43
« Ce sont les idées qui nous unissent, qui font de nous un peuple combatif. Ce sont les idées qui font de nous ce que nous sommes, non seulement en tant qu’individus, mais aussi collectivement : des révolutionnaires. Ainsi, lorsque la force de tous s’unit, un peuple ne peut jamais être vaincu. Plus le nombre d’idées augmente, plus les idées et les valeurs que nous défendons se multiplient, moins un peuple peut être vaincu. »44
La Batalla de Ideas,45 la bataille des idées, était une priorité absolue de Fidel Castro. Cette priorité s’est traduite par d’importants efforts en matière de formation et d’éducation. La première grande campagne après 1959 a été l’alphabétisation de l’ensemble de la population, achevée en moins d’un an. Cuba est ainsi devenu le premier pays d’Amérique latine à éradiquer l’analphabétisme.
L’éducation a d’emblée occupé une place de premier plan dans la révolution. En 1975, le budget de l’éducation était onze fois supérieur à celui de 1958.46 Aujourd’hui, selon l’UNESCO, Cuba surpasse de loin le reste de l’Amérique latine en matière d’éducation47, et ce malgré le blocus économique étouffant. Dans ses discours, Fidel Castro n’a cessé de marteler l’importance de la formation. Étudier est une discipline révolutionnaire : « aucun révolutionnaire ne doit jamais avoir honte de reconnaître ses limites, car la vie de tout révolutionnaire doit être un apprentissage permanent ».48
Deux autres dimensions de la pensée de Martí occupaient une place tout à fait particulière chez Fidel Castro : la dimension éthique et la dimension utopique.
« Au fond, c’est de lui [Martí] que nous avons reçu l’éthique, et surtout l’éthique. Lorsqu’il a prononcé cette phrase inoubliable : « Toute la gloire du monde tient dans un grain de maïs », cela m’a semblé d’une beauté infinie face à tant de vanité et d’ambition que l’on voit partout, et dont nous, révolutionnaires, devons rester conscients tout au long de notre vie pour ne pas céder à la tentation. Je me suis approprié cette éthique. L’éthique comme mode d’action est essentielle et constitue une richesse incommensurable. »49
« Martí disait que les rêves de l’idéaliste d’aujourd’hui sont les lois de demain. »50
L’éthique occupait une place centrale dans la pensée et l’action de Fidel Castro ; elle était le noyau autour duquel tout gravitait. C’était l’aspect le plus novateur, mais aussi le moins connu de sa pensée. Les valeurs morales constituaient le levier du communisme et l’âme de la révolution cubaine.
Il affirmait : « Toute pensée révolutionnaire commence par un peu d’éthique. »51 L’éthique est la clé du succès, c’est « la force la plus importante dont on puisse disposer »,52 et la victoire à la guerre « dépend d’un minimum d’armes et d’un maximum de moral ».53 L’éthique est aussi l’essence d’un bon leadership : « un dirigeant n’a pas besoin de titres, mais d’autorité morale, de force morale ».54
Selon Fidel Castro, l’éthique de la révolution cubaine provenait fondamentalement de Martí.55 Che Guevara partageait également le postulat selon lequel l’éthique joue un rôle essentiel. Le Che croyait fermement aux valeurs morales et à la conscience humaine comme moteur du changement communiste.56
Cependant, les principes éthiques ne naissent pas spontanément ; ils doivent être inculqués par une éducation intensive et la culture. Il ne peut y avoir de société socialiste « sans que certaines idées ne deviennent des principes éthiques inébranlables pour chaque citoyen ».57 Éduquer signifie « propager systématiquement des valeurs qui vont souvent à l’encontre des impulsions naturelles et spontanées ».58 Il faut, pour reprendre les termes du Che, créer un « homme nouveau ».59
Cette priorité accordée à l’éthique s’est traduite par des performances sociales impressionnantes, notamment un système de santé et d’éducation d’excellence. Cuba lutte activement contre la pauvreté et la malnutrition, et prend grand soin des groupes vulnérables, comme les personnes porteuses de handicap. Fidel Castro soulignait que la révolution prend soin de tout le monde et « n’oublie absolument personne, qu’il soit aveugle, sourd ou atteint de n’importe quel autre handicap ».60
La révolution s’est également engagée dans l’élimination du racisme et du sexisme. Bien que ce type de préjugés soit profondément enraciné en raison de l’héritage colonial patriarcal, on compte aujourd’hui plus de femmes que d’hommes à l’université. Pour Fidel Castro, « il n’y a rien de plus absurde et de plus criminel que la discrimination ».61 Il aspirait à une société où Blancs et Noirs uniraient leurs forces pour éradiquer le racisme odieux sur le lieu de travail.
Malgré les centaines de tentatives d’assassinat américaines contre Fidel Castro et un blocus économique de longue date, Cuba ne s’est paradoxalement jamais distingué par un antiaméricanisme viscéral.62 Le gouvernement cubain a toujours fait une distinction stricte entre le gouvernement américain et ses citoyens. Lorsque le président Reagan a été menacé par un projet d’assassinat, les services de sécurité cubains ont immédiatement transmis cette information.63
Les opposants intérieurs étaient eux aussi traités selon un code éthique strict. Au début de la révolution, Fidel Castro a ordonné aux enseignants de traiter avec amour les enfants des criminels de guerre. Il a déclaré à propos de ces enfants : « Si cet enfant a le malheur d’avoir un père criminel, il n’y est pour rien. »64
Cuba considère la solidarité internationale comme un devoir moral et de principe pour s’acquitter de sa dette envers l’humanité. Le pays envoie des dizaines de milliers de médecins et d’enseignants à l’étranger pour fournir une aide gratuite. Fidel Castro déclarait : « Nous devons aider les autres, même si personne ne nous aidera. C’est tout simplement un devoir moral. »65
Le pays n’a pas non plus hésité à entreprendre des missions militaires périlleuses en Afrique, souvent contre l’avis de son allié, l’Union soviétique. Plus de deux mille volontaires cubains y ont perdu la vie. Les troupes cubaines ont porté un coup décisif au régime de l’apartheid sud-africain en Angola, ce qui a fait définitivement basculer le rapport de force.
Nelson Mandela a longuement salué ce soutien cubain à l’Afrique, qualifiant ce bilan d’altruisme d’inégalé. Selon Mandela, la victoire militaire de Cuito Cuanavale a été un tournant absolu pour la lutte de libération africaine. Il a déclaré à l’époque, avec gratitude, que cette victoire cruciale avait rendu possible sa propre libération de prison.66
Tout aussi remarquable est la présence de la dimension utopique chez un marxiste convaincu. Selon Fidel Castro, un révolutionnaire doit rêver et chérir des idéaux, même s’ils ne sont pas entièrement réalisables. Pour Marx, Don Quichotte était la caricature du socialisme utopique, le prototype de l’idéaliste naïf voué à l’échec. Il utilisait le héros de Cervantès comme une injure pour ses adversaires idéologiques.67
C’est précisément cette figure burlesque qui était le grand héros de Fidel Castro, tout comme celui du Che.68 Le roman de Don Quichotte a été le premier livre imprimé et diffusé à des millions d’exemplaires à Cuba après la victoire.69 On trouve partout sur l’île des statues de ce noble chevalier pourfendant des moulins à vent. Nous sommes ici bien loin de l’hostilité du marxisme envers l’éthique et les utopies.
« Martí disait que les rêves de l’idéaliste d’aujourd’hui sont les lois de demain. On nous a aussi traités de rêveurs lorsque nous avons commencé la lutte contre Batista, mais aujourd’hui nous édictons les lois révolutionnaires de la république. Mieux encore : même si les objectifs ne sont pas atteints, le fait de rêver et de les ambitionner constitue en soi le premier pas vers leur réalisation. Si nous n’atteignons pas ce but si élevé, mais seulement la moitié, c’est déjà beaucoup. Il faut viser le plus haut pour atteindre le plus possible. »70
L’accent mis sur l’éthique ne signifie pas que Fidel Castro soit revenu au socialisme utopique ou éthique, car « son » éthique était ancrée dans les classes sociales et au service d’un projet révolutionnaire. Il ne voyait pas la morale comme une fausse conscience maintenant le statu quo, mais au contraire comme une force de changement irremplaçable. Cette morale de combat se nourrit des expériences de lutte des ancêtres. C’est José Martí qui lui a apporté cette vision. Aux yeux de Fidel Castro, la gauche aurait tort de se priver de la force de l’éthique. La récupération de la dimension éthique et de l’humanisme est sans doute l’une de ses contributions les plus importantes au marxisme.
Antidogmatique mais fidèle aux principes
Fidel Castro était autodidacte. Il n’était l’adepte d’aucun courant de pensée ou parti en particulier, mais a développé son cadre de réflexion politique par lui-même et à partir de sa propre réalité. Le résultat fut un mélange original et peu orthodoxe, une variante du marxisme, comme on en trouve également chez le Péruvien José Mariátegui.71
Pour ne citer que quelques points par lesquels il s’écartait du marxisme classique : le Mouvement du 26 Juillet a engagé la lutte armée sans qu’il soit question d’un parti d’avant-garde et sans qu’une longue et minutieuse préparation politique l’ait précédée. La lutte armée n’était pas subordonnée à la direction politique centrale d’un parti communiste.
Fidel Castro croyait, tout comme le Che, qu’il n’était pas nécessaire que toutes les conditions soient réunies pour déclencher la révolution, mais qu’elles se développaient au fil de la lutte. L’éthique, les valeurs et les idées jouaient pour lui un rôle de premier plan. D’autres points de divergence concernent le rôle de la religion, la dimension utopique et la manière dont la démocratie de base est combinée avec le centralisme démocratique.72
La tradition marxiste se fondait sur la raison et la scientificité, en réaction à la tradition utopique et idéaliste du socialisme. Fidel Castro a réussi à enrichir le socialisme d’éléments utopiques et idéalistes.
Pour Fidel Castro, le marxisme n’était pas un ensemble de vérités éternelles, « pas un catéchisme ».73 Il le voyait comme un instrument pour interpréter la réalité, une « boussole »74 pour déterminer le cap historique, ou plutôt pour aider à le déterminer, car en la matière, il n’y a jamais de certitudes absolues.
Fidel Castro admettait lui-même que l’une des plus grandes erreurs qu’ils ont commises au début, et souvent par la suite au cours de la révolution, était de croire « que nous savions clairement comment construire le socialisme ».75 Il s’opposait à toute forme de canonisation. « Je suis fondamentalement antidogmatique », déclarait-il dans son entretien de cent heures avec Ignacio Ramonet.76 C’est la réalité qui a le dernier mot.
« Car il n’y a rien de plus antimarxiste que le dogme, rien ne peut être moins marxiste que des vérités pétrifiées. Il existe d’ailleurs de prétendues vérités dont le marxisme s’est targué et qui s’avèrent être de véritables fossiles… Le marxisme doit pouvoir se développer, se défaire d’une certaine rigidité, analyser les réalités d’aujourd’hui avec objectivité et scientificité, se comporter comme une force révolutionnaire et non comme une Église pseudo-révolutionnaire. »77
« Toute ma vie, j’ai été contre les dogmes et nous devons éviter que la pensée des hommes politiques les plus illustres, des révolutionnaires les plus éclairés, ne se transforme en dogme. Toute pensée est liée à un moment précis et correspond à des circonstances données. Ainsi, ce que Lénine considérait à un moment donné comme la formule appropriée pour une situation donnée n’est pas simplement transposable à d’autres circonstances différentes ou à d’autres époques. »78
Cela ne signifie pas que la révolution cubaine ne reste pas attachée à ses principes. Lorsque, par exemple, au milieu des années nonante, des écarts idéologiques fondamentaux ont été constatés dans deux centres d’études du Parti communiste, on n’a pas hésité à agir avec fermeté.79 « La révolution ne renoncera jamais à ses principes, elle n’abandonnera jamais les acquis du peuple, ni n’oubliera ses idées ou ses objectifs. Jamais elle ne pliera le genou devant l’empire. »80
Cette fermeté de principe ne doit toutefois pas être confondue avec la crispation ou la pétrification. La crispation est un signe de faiblesse et d’insécurité. C’est précisément une base idéologique solide qui permet une application souple et créative.
« La voie de la construction du socialisme est une voie toute tracée. Cela ne veut pas dire que les conditions sont les mêmes partout, que le socialisme doit être construit de la même manière dans chaque pays, que l’on doit imiter rigoureusement ce qui s’est fait ailleurs. Non. Chaque pays a sa propre identité et c’est précisément à cela que chaque pays doit adapter son programme, ses méthodes et ses tactiques, et c’est aussi ce que nous devons faire. »81
Fidel Castro ne concevait pas le marxisme comme une recette unique applicable partout sans changement. Au contraire, chaque pays a ses propres problèmes, son propre style et ses propres objectifs. Il n’existe pas deux processus révolutionnaires identiques. Il n’existe donc pas non plus de recette standard pour mener une révolution à bon port, mais on peut apprendre « des meilleures expériences et des plus grandes erreurs ».82
Lorsqu’on a demandé à Fidel Castro si la voie suivie par Allende au Chili était en contradiction avec celle de Cuba, il a répondu sans hésiter : « Non seulement nous n’y voyions aucune contradiction, mais nous serons toujours agréablement surpris par chaque variante qui émergera, et pourvu qu’il en émerge le plus possible ! Si tous les chemins mènent à Rome, nous ne pouvons qu’espérer mille chemins vers la Rome révolutionnaire ! »83 Fidel Castro a eu un réflexe similaire à l’égard de la révolution chinoise de 1949 et de celle du Nicaragua de 1979.84
Cette voie propre s’appliquait aussi à Cuba lui-même. Comparé aux pays du bloc de l’Est, Cuba était plus vulnérable et, en raison du blocus économique américain, plus dépendant économiquement de l’URSS. Pourtant, le pays a obstinément maintenu son cap autonome, parfois au grand dam de Moscou.85 Le fait que Cuba soit resté debout après la chute du mur de Berlin, contrairement aux pays socialistes d’Europe, y est probablement pour beaucoup.
« Le socialisme n’est pas arrivé ici par clonage, ni par insémination artificielle. Il faut en tenir compte lorsque l’on compare Cuba à d’autres processus ou tentatives de construction du socialisme en Europe de l’Est, où l’objectif aujourd’hui est d’installer le capitalisme. »86
Footnotes
- Betto F., Fidel y la religión, La Havane 1994, p. 148.
- Guevara E., Obras Escogidas 1957-1967. Tomo 1, La Havane 1970, p. 92.
- Martin L., The early Fidel Castro, Secaucus 1978, p. 94.
- Betto F., op. cit., p. 162.
- Ibid., p. 143.
- Discours, 26 juillet 1973. La plupart des discours de Fidel Castro sont disponibles sur http://www.cuba.cu/gobierno/discursos. Le cas échéant, nous utilisons la référence Discurso, suivie de la date.
- Ibid.
- Gott R., Cuba. A New History, New Haven 2004, p. 9.
- Gómez García H., Cuba. Génesis del Socialismo. Historia Contemporanea de Cuba 1895-1944. Del Colonialismo Español al Imperialismo Norteamericano, Caracas 2004, p. 264-8; Gott R., op. cit., p. 139-143; Mártinez Heredia F., La revolución cubana del 30. Ensayos, La Havane 2007, p. 38-119. Pour une comparaison entre Guiteras et Fidel Castro, voir Suárez Suárez R., Un insurreccional en dos épocas con Antonio Guiteras y con Fidel Castro, La Havane 2001.
- Betto F., op. cit., p. 145.
- Ramonet I., Cien horas con Fidel, La Havane, 2006, 3e édition enrichie, p. 140.
- Miná G., Un encuentro con Fidel, La Havane 1988, p. 171.
- Discours, 26 juillet 1973.
- Pour un bref aperçu des idées politiques du Che, voir Vandepitte M., Ernesto Che Guevara – Política; https://www.scribd.com/document/219124916/Ernesto-Che-Guevara-Politica.
- Discours, 18 octobre 1967.
- Betto F., op. cit., p. 142.
- Discours, 26 juillet 1973.
- Cité dans Revista de la Sociedad Cultural José Martí 2000, n° 3, p. 4.
- https://www.britannica.com/art/modernismo.
- Guerra D., Concepción M. et Hernández A. (dir.), José Martí en el ideario de Fidel Castro, La Havane 2004, p. 249.
- Sur l’importance de José Martí dans la pensée de Fidel Castro, voir Rice D., The Rhetorical Uses of the Authorizing Figure: Fidel Castro and Jose Marti, New York 1992 ; Guerra D., Concepción M. et Hernández A. (dir.), op. cit.
- Ponte A., « José Martí : historia de una bofetada », Mundo nuevo – nuevos mundos, 25 avril 2008, http://nuevomundo.revues.org/index30622.html.
- Guerra D., Concepción M. et Hernández A. (dir.), op. cit., p. 45.
- Discours, 26 juillet 1964.
- Discours, 18 novembre 1971.
- Discours, 29 janvier 2003, cité dans http://www.cuba.cu/gobierno/discursos/2008/esp/f280108e.html.
- Martí J., Obras escogidas, La Havane 1981, Volume III, p. 576.
- Discours, 23 janvier 1959.
- Discours, 24 juillet 1993.
- Discours, 14 octobre 1995.
- Discours, 22 décembre 1972.
- Guerra D., Concepción M. et Hernández A. (dir.), op. cit., p. 283.
- Hart Dávalos A., Ética, Cultura y Política, La Havane 2006, p. 96.
- Discours, 14 octobre 1991.
- Cf. Gómez García H., op. cit., p. 15, 46 et suiv. ; Harnecker M., Fidel. La estrategia política de la victoria, La Havane 2001, p. 98.
- Borge T., Un grano de maíz, La Havane 1992, p. 111.
- Discours, 11 février 1993.
- Cet idéal remonte à la philosophie grecque. Chez Platon et Aristote, la théorie, la pensée contemplative, était tenue en très haute estime. Le philosophe ne cherche pas la vérité parce qu’elle rapporte immédiatement quelque chose, mais parce que la vérité, la perspicacité et la compréhension ont une valeur en soi. La forme de vie la plus élevée n’était pas la vie utile ou productive, mais celle de l’homme libre qui tente de comprendre la réalité.
- Hart Dávalos A., « Dialectica de la relación entre el ideal socialista y la tradición martiana », dans Hart Dávalos A., Ética, Cultura y Pólitica, La Havane, 2006, p. 141-152.
- Granma, 22 juin 2000, p. 5.
- Discours, 26 juillet 1973.
- Discours, 2 décembre 2001.
- Cette citation est tirée d’un discours de Fidel Castro du 10 décembre 1998, qu’il reprend dans ce discours. Discours, 5 décembre 2004.
- Discours, 17 novembre 2005.
- La « Batalla de Ideas » a été lancée en 2000 à la suite de l’affaire Elián. Le 25 novembre 1999, Elián González, âgé de cinq ans, a survécu à une traversée illégale vers les États-Unis au cours de laquelle sa mère a perdu la vie. Des membres de sa famille à Miami ont refusé de le rendre à son père à Cuba. D’immenses manifestations ont alors éclaté à Cuba. Finalement, Elián a pu retourner à Cuba le 28 juin 2000.
- Silva León A., Breve historia de la revolución cubana, La Havane 2003, p. 45.
- https://www.unesco.org/en/articles/education-all-2000-2015-only-cuba-reached-global-education-goals-latin-america-and-caribbean.
- Discours, 13 mars 1968.
- Ramonet I., op. cit., p. 142.
- Discours, 16 février 1959.
- Discours, 17 novembre 2005.
- Discours, 9 août 2000.
- Suárez Pérez E. et Caner Román A. (dir.), De cinco palmas a La Habana, La Havane, 1998, p. 221.
- Discours, 9 août 2000.
- Ramonet I., op. cit., p. 140.
- Discours, 18 octobre 1967.
- Discours, 8 janvier 1989.
- Discours, 2 septembre 2002.
- Chez Che Guevara, l’« homme nouveau » désignait un individu moralement et spirituellement transformé, qui n’était plus mû par l’égoïsme ou l’argent, mais par la solidarité, l’esprit de sacrifice et le sens du devoir envers la communauté. Selon lui, cela était crucial car se contenter de changer les structures économiques et politiques ne suffirait pas à vaincre véritablement le capitalisme ; la vieille mentalité matérialiste devait également disparaître. Ce n’est que lorsque les gens s’engagent pour la société par motivation morale intérieure qu’une société socialiste véritablement juste et durable peut émerger, selon Guevara. Guevara E., El socialismo y el hombre en Cuba, 1965, https://www.marxists.org/espanol/guevara/65-socyh.htm?utm_source=chatgpt.com
- Discours, 5 février 1987.
- Discours, 29 mars 1959.
- Jayatilleka D., Fidel’s Ethics of Violence. The Moral Dimension of the Political Thought of Fidel Castro, Londres 2007, p. 185.
- Reflexiones del comandante en jefe, El imperio y la mentira, 11 septembre 2007, http://www.cuba.cu/gobierno/discursos/2007/esp/f110907e.html.
- Discours, 14 septembre 1959.
- Discours, 4 avril 1982.
- Jayatilleka D., op. cit., p. 108.
- Par exemple Marx K., Grundrisse der Kritik der Politischen Ökonomie. (Rohentwurf), Hambourg 1978, p. 77.
- Guevara, E., op. cit., p. 693.
- Jayatilleka D., op. cit., p. 180.
- Discours, 16 février 1959.
- Voir par exemple Arico J., Mariátegui y los origenes del marxismo latinoamericano, Mexico 1978 ; Ibanez A., Mariátegui: Revolución y utopia, Lima 1978 ; Mohetic Y., Mariátegui, Santiago du Chili 1970.
- Le centralisme démocratique est le processus de prise de décision au sein d’un parti communiste traditionnel. Toutes les décisions font l’objet de discussions approfondies à tous les niveaux. Les niveaux supérieurs tiennent compte des décisions des niveaux inférieurs. C’est le volet démocratique. Une fois la prise de décision terminée, on attend également de chacun qu’il s’y conforme et défende cette décision vers l’extérieur. C’est le volet du centralisme. Dans une démocratie de base, le plus grand nombre possible de décisions sont prises au niveau le plus bas possible, de préférence sans représentation directe ou intermédiaire, et l’on vise une participation aussi large que possible.
- Cité dans Bourne P., Fidel: A Biography of Fidel Castro, New York 1986, p. 235.
- Ramonet I., op. cit., p. 144.
- Ibid., p. 706.
- Ibid., p. 444.
- Discours, 12 janvier 1968.
- Borge T., op. cit., p. 85.
- Les centres d’études ont été réorganisés et quelques-uns de leurs dirigeants ont été mutés. Cela s’est inscrit dans le cadre du cinquième plénum en 1996. Le relâchement idéologique était un effet secondaire de la grave crise économique consécutive à la chute de l’URSS. Après le sixième plénum, une sorte de rectification idéologique a eu lieu. Voir Vandepitte M., De gok van Fidel. Cuba tussen socialisme en kapitalisme? Berchem 1998, p. 183-190.
- Discours, 26 juillet 1995.
- Discours, 2 décembre 1961, https://www.abertzalekomunista.net/images/Liburu_PDF/Internacionales/Castro_Fidel/Fidel%20Castro.%20Discurso%20sobre%20el%20marxismo-leninismo%20-K.pdf.
- Discours, 23 novembre 2004.
- Cité dans Balfour S., Profiles in Power. Castro, Londres 1990, p. 124.
- Il en traite explicitement respectivement dans Discours, 26 juillet 1979 et Discours, 2 décembre 1961, op. cit.
- Par exemple, le soutien aux mouvements révolutionnaires en Amérique latine et la plupart des opérations militaires en Afrique.
- Ramonet I., op. cit., p. 326.
