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La bulle financière au royaume du football

Henri Houben

— 21 juin 2019

Le football est un jeu simple. 22 hommes courent après un ballon pendant 90 minutes et, à la fin, c’est l’argent qui gagne. Le sport le plus populaire au monde est aujourd’hui une course au profit.

Il y a quelque chose de mythique dans le football, le sport le plus populaire de la planète. Il suffit d’un ballon, de quelques personnes et d’un terrain un peu large pour y évoluer. On forme deux équipes et on joue. C’est aussi simple que cela et on peut le pratiquer quasiment partout, dans une cour de récréation, sur une plage, dans un parc… Le principe en est évident: il faut inscrire davantage de buts que l’adversaire.

Non seulement c’est un divertissement amusant, une dépense physique bien utile à une époque de sédentarisation, mais il est aussi intéressant à regarder. Il faut prendre des décisions judicieuses pour l’équipe, parfois en une fraction de seconde. On peut y prendre plaisir à tous les niveaux, que ce soit dans la compétition la plus huppée ou le match amical entre potes.

Cette vision idyllique du football n’a, pourtant, plus cours au plus haut niveau, celui des clubs qui inondent les images télévisées, dont la presse sportive ne cesse de parler et qui ont des supporters sur la terre entière. En 1990, Gary Lineker, célèbre attaquant de l’équipe d’Angleterre et aujourd’hui journaliste à la BBC1, avait déclaré après la demi-finale perdue à la Coupe du monde contre l’Allemagne: « Le football est un jeu simple: 22 hommes courent après un ballon pendant 90 minutes et, à la fin, ce sont les Allemands qui gagnent toujours. ». En réalité, à l’heure actuelle, ce ne serait plus vrai. Il faudrait remplacer dans la citation l’Allemagne par l’argent.

Une fantastique manne financière

Cela fait longtemps que les questions financières se sont emparées du monde du ballon rond. À présent, elles prédominent les compétitions. Tout est devenu un problème d’argent. Ceux qui en profitent ne sont pas les clubs en tant que tels, mais ceux qui tournent autour, les investisseurs, les sponsors, les agents de joueurs, les parieurs… Une véritable mafia qu’a révélée récemment un consortium de journalistes internationaux, dont ceux du Soir et du Standaard en Belgique2, dans une série d’articles publiés sous le nom de «Football Leaks», à partir d’informations fournies par un jeune Portugais d’une trentaine d’années, Rui Pinto, qui avait accès à de nombreux mails des fédérations de football. En 2016, les investigations et les révélations ont porté sur les gains de joueurs et d’entraîneurs, qui, en outre, avaient été cachés aux différents fiscs nationaux. En 2018, il s’agit d’affaires de corruption, d’exploitation de mineurs, de racisme, de trafic d’influence…

Deux changements majeurs ont bouleversé le monde du foot: la Champions League et l’arrêt Bosman.

Le football est une manne financière pour quelques acteurs peu recommandables et ils auraient tort de s’en priver vu l’évolution des sommes en jeu. Les salaires accordés aux joueurs les plus prestigieux grimpent. Les montants des transferts atteignent des sommets, avec en août 2017 le rachat pour 222millions d’euros3 du contrat de l’artiste brésilien Neymar officiant au FC Barcelone par le Paris Saint Germain (PSG). Les dépenses de retransmission télévisée explosent et les versements publicitaires ne cessent d’augmenter.

Dès les années 1980, l’argent s’impose comme le roi qui détermine finalement les vainqueurs des différentes compétitions. En 1986, le financier italien Silvio Berlusconi rachète un des deux clubs phares de la ville de Milan, l’AC (Associazione Calcio Milano)4, en dépôt de bilan. L’année suivante, il engage les internationaux néerlandais Ruud Gullit et Marco van Basten puis, en 1988, Frank Rijkaard5. Grâce à cet investissement, l’AC Milan gagne le championnat italien en 1988, puis la Coupe des clubs champions en 1989. Au début des années 1990, Berlusconi a refait du Milan un des grands d’Europe.

Cette période va être bouleversée par deux changements majeurs dans les règles des épreuves européennes. En 1992, le titre le plus convoité, celui où se retrouvent normalement les vainqueurs des différents championnats européens est rebaptisé: Champions League6. Le format change progressivement et inclut petit à petit plusieurs clubs d’un même pays, en fonction de l’importance de celui-ci dans le monde du football. Ainsi, l’Espagne, l’Angleterre, l’Italie et l’Allemagne peuvent aligner quatre équipes, la France et la Russie deux, avec la possibilité d’avoir une troisième si celle-ci passe des barrages, le Portugal, l’Ukraine et la Belgique une, avec une autre qui peut se qualifier dans les tours préliminaires. Les autres doivent se battre pour arriver au premier tour qui réunit 32 clubs. C’est la part belle pour les grands pays.

Ensuite, en 1995, intervient l’arrêt Bosman. Ce joueur belge du FC liégeois est cantonné au banc de touche. Il veut dès lors être transféré à Dunkerque, qui évolue en deuxième division française. Mais le club de la cité ardente refuse ce transfert et le met sur la liste des sportifs à vendre, mais à un prix de 300000 euros, trop élevé pour qu’une association se décide à l’acquérir. Jean-Marc Bosman dépose plainte devant la Cour de justice des Communautés européennes (CJCE). Il conteste deux éléments: primo, la possibilité pour un club de demander une indemnité pour un joueur en fin de contrat; secundo, les quotas de joueurs européens limités à trois étrangers, qui constituent une infraction au droit communautaire. La CJCE donne raison à Bosman. Depuis lors, une équipe peut disposer d’autant de footballeurs européens qu’elle veut, sans limitation de nationalité. De nouveau, c’est une aubaine pour les grands clubs qui peuvent acheter les meilleurs joueurs sur le marché, quelle que soit leur nationalité.

De fait, les années 1990 voient une explosion des montants dépensés par chaque équipe. Ainsi, durant cette décennie, les dépenses moyennes des clubs anglais de la Premier League7 sont multipliées par sept et Manchester United, le club le plus riche du royaume et même de la planète, voit ses revenus passer de 17,8 millions de livres en 1990 à 129 millions en 2001, soit plus de sept fois plus8. Le graphique 1 montre cette explosion des recettes (et davantage encore des dépenses) dans les principaux pays de football depuis lors, soit de 1997 à 2018.

 Graphique 1. Évolution des revenus des cinq principales fédérations de football (Allemagne, Angleterre, Espagne, France et Italie) de 1997 à 2018 (en milliards d’euros)9

En 1997, ces cinq fédérations, les plus importantes dans le monde, disposent de 2,5 milliards d’euros. Vingt ans plus tard, elles enregistrent des rentrées de 15,7milliards, plus de six fois plus. Une progression de plus de 9% par an! Le graphique 2 indique que cet engouement ne se limite pas aux cinq fédérations, mais gagne toute l’Europe, sur la période de 1997 à 2017. Mais, en 2013, les cinq principaux pays reprennent les choses en main et vont de nouveau favoriser leurs équipes.

La baisse de la part des cinq fédérations signale une montée des autres pays et inversement. On peut néanmoins s’apercevoir d’abord que la part des cinq principales associations est très élevée: elle se situe entre 65 et 73%. Sur tout le continent élargi de l’UEFA10 (puisqu’Israël, le Kazakhstan, l’Arménie, l’Azerbaïdjan, la Géorgie et la Turquie en font partie), soit 55 nations, les cinq premières représentent entre deux tiers et trois quarts des revenus. C’est énorme. Ensuite, comme on l’a présenté d’entrée, les cinq fédérations voient leur part se tasser de 2001 à 2011. Puis, c’est un redressement spectaculaire. Les cinq ligues vont imposer un partage des recettes footballistiques très avantageuses à leurs clubs.

Graphique 2. Part des cinq principales fédérations de football en Europe (Allemagne, Angleterre, Espagne, France et Italie) de 1997 à 2017 (en %)11

De quoi attirer bien des convoitises de la part d’investisseurs en mal de gains rapides pour faire fructifier leur patrimoine. D’autant que les dépenses sont encore plus importantes. Un club n’a pas vocation à faire du profit. En revanche, il doit obtenir des résultats sportifs. Ceux-ci vont appâter les meilleurs joueurs, qui voudront gagner des trophées dans leur carrière. Cela va inciter les sponsors à financer les activités de l’équipe victorieuse. Les télévisions devront payer davantage pour retransmettre en direct les matches ou même pour avoir les images. C’est sur ce business que les hommes les plus cupides et les plus avides de s’enrichir misent pour se créer une réputation et devenir des incontournables du football.

Quelques clubs dominent tout

En conséquence, seules quelques équipes remportent les compétitions et garnissent leurs présentoirs d’innombrables trophées. Les pays moins dotés ont peu de chance d’encore gagner quoi que ce soit sur le plan européen. Ainsi, la Belgique a placé 14 fois un de ses représentants en finale des différentes coupes d’Europe entre 1976 et 1996, plus aucun depuis lors12. C’est un constat assez semblable pour les Pays-Bas, l’Écosse, la Russie, et, dans une moindre mesure, l’Ukraine et le Portugal.

Malgré un premier sauvetage, Dexia ne va nullement se montrer plus prudente.

En Ligue des champions, la dernière victoire d’une équipe n’appartenant pas aux quatre grandes fédérations (Espagne, Angleterre, Italie, Allemagne) date de 2004, année exceptionnelle où tous les favoris se sont fait éliminer assez rapidement et où le FC Porto l’a emporté. Il faut remonter, ensuite, à 1995 pour voir l’Ajax Amsterdam obtenir le trophée pour la dernière fois. Quatre des cinq dernières victoires l’ont été par le Real Madrid et l’autre par un autre club espagnol, le FC Barcelone. La Ligue Europa est plus ouverte, car tous les participants n’y mettent pas toujours la même énergie pour en sortir vainqueur. D’où la décision de l’UEFA en 2015 de qualifier d’office le lauréat de la Ligue Europa pour la Champion’s League l’année suivante. Depuis 2012, ce sont uniquement des équipes espagnoles et anglaises qui s’arrogent le titre.

Même constat pour les championnats nationaux. On sait d’avance que le Paris Saint-Germain gagnera la compétition en France. Il n’a pas d’adversaire à sa mesure dans l’hexagone. La Juventus de Turin l’emportera probablement en Italie. Le Bayern de Munich reste le favori en Allemagne. Il est champion en titre depuis 2013. Son principal opposant est le Borussia Dortmund, lui aussi richement doté (voir tableau 1). En Espagne, la palme devrait revenir au FC Barcelone déjà vainqueur à sept reprises sur les dix dernières années. Suivent l’Atlético de Madrid, victorieux en 2014, et le Real qui la gagne en 2012 et 2017.

C’est en Angleterre que la concurrence est la plus rude. Mais, là aussi, depuis quelques années, un Big Six s’est constitué. Il est composé des deux clubs mancuniens Manchester City, Manchester United, de trois équipes londoniennes Chelsea, Arsenal et Tottenham Hotspur, et du FC Liverpool. À l’exception de la victoire surprise de Leicester City en 2016, on retrouve uniquement quatre de ces six équipes au palmarès de la Premier League depuis 1995 (le dernier titre de champion de Tottenham remonte à 1961, mais le club londonien a terminé sur le podium ces trois dernières saisons et le FC Liverpool, encore en lice pour être champion cette année, serait sacré pour la première fois depuis 1990). Depuis 2015, elles monopolisent les six premières places du championnat (sauf en 2016). Et elles se partagent ces positions dans la compétition actuelle, les quatre premières donnant droit à une participation à la Champion’s League, les deux suivantes à la Ligue Europa. Or, ces épreuves offrent des rémunérations importantes aux clubs qualifiés. L’écart entre les riches et les pauvres ne cessent de se creuser.

Chaque année, le cabinet d’audit Deloitte établit un classement des équipes qui disposent des revenus les plus importants. Nous avons repris dans le tableau 1 le dernier en date, celui de la saison 2016-2017, pour les 15 premiers.

Tableau 1. Classement des clubs les plus riches au niveau des recettes durant la saison 2016-2017 (en millions d’euros)13

On y trouve un seul club français, deux italiens, deux allemands, trois espagnols et le reste, soit sept au total (quasi la moitié), est anglais. Pour mesurer la distance entre chacun d’eux, le onzième, Tottenham, reçoit environ la moitié du premier, Manchester United. Dans le tableau 2, nous avons calculé les montants cumulés des recettes sur les onze dernières années. On constate immédiatement que ce sont pratiquement les mêmes équipes que dans le tableau précédent, avec un ordre quelque peu différent.

Tableau 2. Classement des clubs les plus riches sur la période 2007-2017 (en millions d’euros)14

Les clubs espagnols monopolisent les deux premières places. Mais l’Atletico Madrid n’y apparaît plus. En fait, ces revenus progressent surtout à partir de 2013. Inversement, l’AC Milan subit les conséquences des déboires de son financier, Silvio Berlusconi, qui finit par céder son patrimoine sportif à un consortium chinois en 2016. Entre 2003 et 2014, les recettes s’élèvent entre 200 et 260 millions d’euros par an. C’est ce que touche également la Juventus de Turin à cette époque. Durant cette période, Milan gagne deux fois la Champion’s League (2003 et 2007) et échoue en finale en 2005 face à Liverpool. Depuis 2014, c’est l’effondrement. Les rentrées descendent sous la barre des 200 millions, alors que dans les autres clubs, ces montants augmentent.

Le cartel

Bref, il n’y a plus la place que pour quelques équipes au niveau européen, au point de rendre les compétitions nationales soporifiques. C’est dans ce cadre que les grands clubs ont élaboré un projet de championnat européen sur invitation. Le projet de créer une ligue européenne existe depuis belle lurette. Mais cette fois, il est appuyé par les équipes les plus prestigieuses et se fonde sur ce qui existe dans le football américain. Vingt-quatre acteurs y participeraient, seize de façon permanente et huit pouvant varier selon les saisons. Il n’y a au bout qu’un trophée et pas de relégation.

La recherche d’investisseurs fortunés suscite l’arrivée d’oligarques russes, de magnats du pétrole ou de milliardaires asiatiques.

Les seize qualifiés d’office étaient: Real de Madrid, FC Barcelone, Atletico Madrid pour l’Espagne, la Juventus de Turin et les deux équipes milanaises pour l’Italie, le Bayern de Munich et le Borussia Dortmund pour l’Allemagne, les Big Six anglais sans Tottenham et, enfin, les deux leaders portugais, Benfica Lisbonne et FC Porto, et le seul français PSG. Les huit invités auraient été les vainqueurs des championnats non encore représentés dans la liste: Leicester City, étonnant lauréat de 2016, le CSKA Moscou, le Dynamo de Kiev, le FC Bruges, le PSV Eindhoven, le Besiktas Istanbul, le FC Bâle et le Viktoria Plzen pour la Tchéquie. La compétition durerait 34 semaines, avec des matches le mardi, le mercredi et le samedi. Participer à cette ligue signifie sortir des championnats nationaux.

Le projet est sur la table. Un cartel de quatre équipes parmi les plus illustres en discute: le Real, Barcelone, la Juventus et le Bayern15. La question est de savoir si on lance cette initiative ou si on module les épreuves européennes actuelles dans ce sens. À Munich, on s’inquiète des conséquences. D’abord, un joueur quittant la fédération nationale pourrait-il encore être sélectionné dans l’équipe nationale? Ensuite, en Allemagne, les contrats des footballers les lient à la ligue. Si le Bayern quitte celle-ci au profit d’un championnat européen, les joueurs pourraient quitter le club immédiatement, sans aucun coût de transfert et donc de revenu pour le groupe. Aussi, les dirigeants bavarois vont-ils appeler à plutôt transformer les compétitions européennes selon les vœux du cartel.

Mais le cartel a un atout dans sa main. Il va brandir la menace de créer une ligue alternative à la Ligue des champions et la Ligue Europa. Cela tombe bien, le président de l’Association européenne des clubs (ECA16), créée en 2008 et qui s’autoproclame la «voix des équipes», n’est autre que Karl-Heinz Rummenigge, qui en tant qu’ancien joueur représente le Bayern17. Il évoque le fait que «les grands clubs ont reçu de grosses offres pour créer une Super Ligue» 18. L’UEFA est immédiatement sous pression et renégocie les avantages accordés à ceux qui disputent les épreuves européennes. Et ce n’est pas rien: les revenus provenant de celles-ci, sponsors, publicité, droits de télévision ont pratiquement triplé de 2007 à 201719. À qui va revenir cette manne?

Dans la transaction avec l’UEFA, les quatre grandes fédérations obtiennent d’avoir automatiquement quatre équipes en Champions League. Cette dernière sera gérée par une société conjointe à parité égale entre l’UEFA et l’ECA, autrement dit par des membres du cartel20. Enfin, les montants demandés aux autres acteurs (sponsors, télévision…) passeront de 2,1 milliards d’euros à 2,9 milliards. Mais les équipes les plus prestigieuses, celles qui jouent la Ligue des Champions et qui parviennent aux plus hauts échelons, voire la gagnent, perçoivent les plus grandes sommes, les parts les plus importantes, comme le montre le tableau 3.

Tableau 3. Renégociation des contrats et des recettes UEFA pour la période 2018-2021 (en millions d’euros)21

Note: À gauche, ce que l’UEFA a reversé lors de la saison 2015/2016 (2,1 milliards d’euros); au milieu, les 2,9 milliards qu’elle va reverser lors des saisons 2018 à 2021 selon les estimations du consortium des journalistes; à droite, ce qu’elle aurait reversé sur ces trois saisons si la répartition des recettes était restée la même qu’en 2015/2016.

On constate effectivement que les proportions dans les versements des allocations sont redéfinies à l’avantage des clubs jouant la Champion’s League, et, bien entendu, au sein de cette catégorie, ceux qui emportent le trophée, parviennent en finale, demi-finale, etc. Ainsi, le Bayern de Munich reçoit pour la saison 2018-2019 30 millions d’euros avant même qu’il ait joué le moindre match, en raison de ses performances passées dans les compétitions européennes22.

Cela n’a pas suffi à rassasier le cartel. Début 2018, une nouvelle proposition de championnat proprement européen refait surface. Dans un document de treize pages, le projet vise à créer une super ligue européenne à partir de 2021 pour une durée de vingt ans. Il y aurait seize participants: onze permanents (Bayern, Real, Barça, Juventus, PSG, Milan AC, Manchester United, Manchester City, Chelsea, Liverpool et Arsenal) et cinq invités (Atlético Madrid, AS Roma, Inter Milan, Borussia Dortmund et Olympique de Marseille). Le tout serait géré par une compagnie espagnole, dans laquelle chaque équipe aurait des parts, mais à des degrés divers (le Real serait le plus gros actionnaire avec 18,77% des parts; suivraient Barcelone avec 17,61%, Manchester United avec 12,51% et le Bayern avec 8,29%).

Le cheik a dépensé 1,3 milliard d’euros en quatre ans dans une équipe anglaise de milieu de classement, Manchester City.

S’agit-il à nouveau d’une manœuvre pour arracher de nouveaux droits pour les géants du football? Pour sa part, le secrétaire général de l’UEFA a demandé à l’ECA de prolonger le contrat commençant en 2018 jusqu’en 2024. Mais, par exemple, Ivan Gazidis, patron d’Arsenal, qui pourtant vient d’être nommé à la tête de l’AC Milan en décembre 2018, souligne l’importance de la menace de créer une super-ligue. C’est « notre moyen de pression pour obtenir ce qu’on veut », avoue-t-il23.

Pour entrer dans le cercle, il faut des sponsors

Pour les autres clubs qui ont des ambitions, il faut absolument entrer dans le gratin du foot européen. Mais ce n’est pas simple. Il faut trouver des investisseurs fortunés, prêts à dépenser des fortunes dans l’achat de joueurs de qualité, des installations flambant neuves et un groupe de gens compétents pour entraîner, soigner et gérer. Comme, à son époque, Silvio Berlusconi. Cela suscite l’arrivée d’oligarques russes, de magnats du pétrole ou de milliardaires asiatiques aux commandes des clubs européens. Ainsi, en 2003, le milliardaire russe Roman Abramovitch rachète Chelsea pour 140 millions de livres (environ 200 millions d’euros). Les recettes et dépenses du club passent subitement de 134 millions d’euros à 220 millions en un an. Il engage José Mourinho comme entraîneur, ainsi que de nombreux joueurs. Chelsea gagne la Premier League en 2005 et 2006.

À sa suite, un fonds d’investissement d’Abou Dhabi reprend une équipe anglaise de milieu de classement, Manchester City. L’investissement est plus progressif. Néanmoins, le cheik Mansour bin Zayed Al Nahyan dépense 1,3 milliard d’euros en quatre ans24. Cela lui permet d’engager l’attaquant argentin Carlos Teves en 2009, puis, l’année suivante, David Silva, Yaya Touré, Aleksandar Kolarov, Mario Balotelli et James Milner. Les résultats ne se font guère attendre: depuis 2010, le club se trouve toujours dans les cinq premiers du championnat d’Angleterre, gagnant cette compétition en 2012, 2014 et 2018. Au total, en sept ans, Abou Dhabi a apporté 2,7 milliards d’euros à Manchester25.

En 2011, c’est au tour du Qatar de prendre 70% du PSG. De nouveau, c’est un recrutement à tout-va. Les recettes bondissent de 100 millions d’euros en 2011 à 220 millions un an plus tard. En deux ans, l’équipe achète 21 joueurs et la masse salariale triple. Le club végétait lui aussi en milieu de classement. Il est propulsé à la deuxième place du championnat français en 2012. Depuis lors, il emporte le trophée, sauf en 2017 où il se fait coiffer par Monaco. Le joyau de la principauté, parlons-en. Autrefois soutenu pleinement par les autorités monégasques, il passe en 2011 sous le contrôle (à 66,67%) d’un autre milliardaire russe, Dmitri Rybolovlev, un proche de Vladimir Poutine. Tombé en seconde division, il remonte en 2013 et devient immédiatement dauphin du PSG l’année suivante. Il occupe régulièrement une des trois premières places depuis lors, avec une victoire en 2017. Les revenus explosent de 15 millions d’euros en 2013 à 176 millions en 2014, ce qui explique très largement la performance. Rybolovlev a dépensé 326 millions d’euros en deux ans pour parvenir à une telle performance26.

Et que dire du «poucet» qui gagne la Premier League en 2016, Leicester City? Il est racheté en 2010 par Vichai Srivaddhanaprabha, un homme d’affaires thaïlandais27, alors qu’il vient de remonter du troisième échelon de la compétition anglaise (ce qu’on appellerait la troisième division dans d’autres pays) au second. En 2014, il gagne haut la main le championnat de cette section et regagne ainsi la Premier League, qu’il remporte deux ans plus tard. Là aussi, les compteurs financiers s’affolent. Les revenus passent de 37 millions en 2014 à 137 milliards l’année suivante.

Ces exemples, qu’on pourrait multiplier à des niveaux inférieurs, indiquent la méthode pour (re)devenir un géant du football: il faut trouver un généreux donateur disposé à financer l’équipe, le plus souvent à perte. Mais une telle situation ne plait guère au cercle dominant ce sport, qui estime cette nouvelle concurrence déloyale. À l’instigation du président de l’UEFA de l’époque, Michel Platini, un fairplay financier va progressivement être mis en place. Son principe: ne pas dépenser davantage que ce que l’équipe reçoit comme revenu. Un dépassement limité (30 millions d’euros) est permis durant trois saisons, mais il faut revenir rapidement dans les clous d’un budget maîtrisé. En outre, les contrats de sponsoring sont estimés à leur valeur marchande réelle. Un investisseur ne peut donc pas faire appel à ses entreprises amies pour surfacturer des services qui, en réalité, ne sont pas rendus. Des cabinets d’audit peuvent évaluer la nature de ces rentrées.

L’effet principal du fair-play financierde Michel Platini a été d’assurer un monopole établi par les grands clubs sur les compétitions européennes.

Les prémices de ce système apparaissent en 2003, mais le mécanisme le plus complexe entre en application en 2013. Revenons un instant sur le graphique 2. Nous avions vu que la part des cinq plus grandes fédérations remontait fortement cette année-là. On constate l’effet principal du fair-play financier: assurer un monopole établi par les grands clubs sur les compétitions européennes. Les deux équipes qui menacent cette stabilité sont le PSG et Manchester City. Le cas du groupe parisien est symptomatique. Le tableau 4 donne un aperçu des principaux revenus du club par catégorie depuis 2010, date de l’investissement qatari.

Tableau 4. Évolution des revenus du PSG par origine 2010-2018 (en millions d’euros)28

Les rentrées traditionnelles augmentent au fil du temps, mais pas de manière exceptionnelle. Il est clair que ce sont les apports des sponsors qataris qui ont permis de rendre le PSG quasi imbattable dans le championnat français et un concurrent sérieux pour les compétitions européennes. Depuis 2011, ils représentent 42,7% des recettes du PSG. Voilà de quoi payer les transferts fabuleux de 222 millions pour Neymar et de 145 millions pour Kylian Mbappe en 201729. Et avant eux, ceux de David Pastore (42 millions), Zlatan Ibrahimović (20 millions), Ezequiel Lavezzi (31 millions), Thiago Silva (42 millions) et Edison Cavani (64,5 millions).

Mais l’agence de marketing sportif Octagon évalue les contrats qataris à seulement 26 millions d’euros. Même la firme Nielsen, commanditée par le club lui-même (ce qui n’est pas valide, car les expertises doivent être indépendantes), les estime à 104 millions30. Dans ce cas, les comptes ne sont plus en équilibre et le déficit cumulé sur trois ans dépasse largement les 30 millions d’euros permis. La sanction pour de tels cas est normalement l’interdiction de participer aux compétitions européennes et une amende financière. Dès 2013, pour la qualification du PSG pour la Champion’s League, l’équipe est dans le collimateur de l’UEFA avec huit autres équipes. Les sponsors ne valent rien pour la saison 2011-2012 et seulement 3 millions pour la suivante. Le déficit s’élève, dès lors, à 260 millions d’euros. Mais l’UEFA décide de négocier. C’est Gianni Infantino, alors secrétaire général de l’organisme, qui est à l’œuvre. Il propose finalement de passer l’éponge et de ne pas bloquer l’accès du PSG à l’épreuve européenne. Mais le club devra verser une indemnité de 60 millions d’euros.

Ni l’UEFA, ni la FIFA ne tentent véritablement de remédier à la bulle financière sans fin.

Manchester City est dans le même cas. Son déficit estimé s’élève à 233 millions d’euros pour la période 2011-2013. L’actionnaire du groupe mancunien, les Émirats arabes unis, hausse le ton. Il dénonce une compétition qui pourrait se dérouler sans l’équipe anglaise et prévient qu’il est prêt à engager une cinquantaine d’avocats pour poursuivre la fédération durant dix ans. Résultat: sa peine est réduite à un débours de 20 millions d’euros. Cette fois, c’est le Qatar qui se fâche. Pourquoi le PSG devrait-il payer une somme trois fois supérieure? Gianni Infantino diminue donc la sanction au même montant exigé de Manchester City.

En avril 2014, le directeur juridique de l’UEFA explique cette clémence dans un document: «Exclure de la Ligue des champions certains des plus gros clubs et des plus grands joueurs du monde ne serait pas bon pour le business: Il faut être raisonnable et essayer de trouver des solutions qui ne nuisent pas à la qualité de la compétition. Et il faut raisonnablement reconnaître à qui on a affaire. On parle de clubs (PSG et Manchester City) détenus par des États-nations, qui ne sont pas habitués à changer leur façon de faire du business pour respecter les règles d’une organisation de football comme l’UEFA. »31 Difficile d’être plus clair.

Mais la solution trouvée et négociée déplaît à d’autres acteurs majeurs du football. Ainsi, Karl-Heinz Rummenigge réclame l’exclusion du PSG de la Ligue des champions. Javier Tebas, président de la fédération espagnole, dépose plainte contre le PSG pour violation du fair-play financier. Une nouvelle procédure est engagée. La situation pourrait devenir inconfortable pour l’équipe parisienne. Le contrat avec le Qatar expire au 30 juin 2019. Les sponsors qataris devraient ne plus être comptabilisés qu’au niveau de 36 millions d’euros. Pour respecter les règles de l’UEFA et maintenir son statut actuel, le club devrait trouver 166 millions d’euros par an, soit un tiers de son budget32. Cela ne serait possible qu’en vendant Neymar ou Mbappe.

Comme on le voit, la bataille fait rage non derrière un ballon rond, mais sur le plan juridique et financier. Voilà l’état dans lequel se trouve le football moderne. La situation engendre une bulle financière sans fin. Chaque club est poussé par la concurrence à dépenser toujours davantage. Les salaires des meilleurs joueurs et entraîneurs grimpent de façon astronomique. Les droits de retransmission télévisée augmentent dangereusement, empêchant une bonne partie des chaînes, notamment publiques, de pouvoir disposer des images des matches les plus importants. Il n’y a pas de limite, si ce n’est la faillite de l’une ou l’autre équipe, ce qui arrive de plus en plus fréquemment.

Comme tout le monde, les instances professionnelles du football constatent cette évolution inquiétante. Dans une présentation confidentielle datée du 19 septembre 2017 (mais révélée par le consortium des journalistes), l’UEFA avoue que la tendance est de se diriger de façon quasi irréversible vers la domination des grands clubs européens. Selon elle, la part des recettes captée par les douze principales équipes est passée de 2010 à 2016 de 27 à 32%. La valeur des joueurs qui y évoluent a doublé en six ans, atteignant 6 milliards d’euros. Parmi les 250 footballeurs les mieux cotés, 61% appartiennent au top 13. Ces écuries disposent non seulement des talents les plus confirmés, mais également mettent le grappin sur les meilleurs jeunes. De ce fait, il y a pléthore de sportifs de qualité qui traînent sur les bancs des réservistes, ce qui affecte les compétitions, reconnaît le document.

Et il conclut de façon alarmante sur l’avenir du ballon rond: « Il a été académiquement et empiriquement prouvé qu’il existait un très haut niveau de corrélation entre l’argent dépensé et le fait de gagner. En d’autres termes, plus vous dépensez face à votre concurrent, plus vous avez de chances de gagner »33. Le problème est qu’à part cette observation, ni l’UEFA, ni la FIFA34 ne tentent véritablement d’y remédier, comme on le remarquera plus loin.

Illustration parfaite de ce qu’est le capitalisme

Ce que révèle le consortium de journalistes n’est pas en soi étonnant. Mais ils apportent les preuves de ce que beaucoup subodoraient depuis longtemps: l’argent est roi dans le football et, loin de réguler ou de freiner cette tendance, les instances internationales s’en accommodent et ferment la plupart du temps les yeux, voire empochent de juteuses commissions. La démission forcée de l’ancien parrain Sepp Blatter n’a rien changé fondamentalement. Les révélations fournies régulièrement pendant plus d’un mois par le consortium n’ont guère ému le monde du ballon rond. Il a juste attendu que cela se termine et qu’on passe enfin à autre chose. «Il ne faut pas casser le jouet». «Silence, on joue»35. Il y a trop d’intérêts en jeu: des acteurs comme les agents de joueurs qui s’enrichissent, des affaires de corruption qui peuvent même ébranler des États comme la Principauté de Monaco et qui sont souvent généralisées. Un responsable véreux est découvert. Il est immédiatement remplacé par un autre, dont les pratiques ne sont pas plus reluisantes.

Un responsable véreux est découvert. Il est immédiatement remplacé par un autre, dont les pratiques ne sont pas plus reluisantes.

En fait, le football est une bonne illustration de ce qu’est le capitalisme aujourd’hui: une affaire de pouvoir et d’argent, où l’éthique n’a guère de rôle à jouer, où les plus forts écrasent les plus faibles, où les exclus sont nombreux à rester au bord du chemin, où les rares rêves n’arrivent plus à cacher les nombreux cauchemars qu’ils provoquent… Le football devrait être l’univers de l’enchantement, où un artiste jongle avec la balle, une combinaison bien orchestrée arrive au but, suscitant l’émerveillement du public, une parade de gardien surprend les spécialistes par son efficacité et son élégance… Mais ces arbres, en fait, dissimulent la forêt, celle peu brillante où sévissent les voleurs, les escrocs, les corrupteurs et les corrompus…

C’est ce qui a d’ailleurs incité le dénonciateur à transmettre toutes ces données aux journalistes du consortium. Se sentant traqué, il désire conserver l’anonymat et les enquêteurs ont décidé de l’appeler John. Sa condamnation des instances du ballon rond est sans appel: «Nous nous heurtons à l’une des plus puissantes mafias du monde. Les pots-de-vin, la corruption ou le trafic d’influence sont des activités quotidiennes dans le secteur du football. Certains politiciens et fonctionnaires de police corrompus souhaitent également protéger l’establishment et peuvent déplacer des montagnes pour réussir. Par exemple, plusieurs agences de renseignement privées ont été embauchées pour tenter de retrouver quiconque est impliqué dans Football Leaks. Dans certains cas, ils collaborent directement avec des policiers corrompus, et nous disposons de preuves concrètes à ce sujet»36.

Il est désabusé et aspire à un renouveau de son sport favori, sans toutes ces collusions et pratiques mafieuses. L’hebdomadaire allemand Der Spiegel décrit ce que ressent le lanceur d’alerte: «Enfant, John a appris à aimer le football. Il est troublé par le fait que ce sport est devenu une simple activité commerciale et de divertissement. John se dit dégoûté par tout ce que l’argent a fait pour le football, par toute la corruption et les discussions sur l’évasion fiscale, et par les nombreuses transactions sales conclues entre consultants, joueurs et officiels»37. On ne peut que le comprendre et partager ses sentiments.

Une version plus longue de l’article a été publié sur www.gresea.be/Quelque-chose-de-pourri-au-royaume-du-football.

Footnotes

  1. C’est lui qui anime l’émission «The Match of the Day», le samedi soir.
  2. En France, c’est Mediapart qui a participé à l’enquête. En Allemagne, le maître d’œuvre, ainsi que de toute la campagne, est Der Spiegel. Aux Pays-Bas, c’est NRC Handelsblad.
  3. 252 milliards avec les bonus.
  4. L’autre est l’Inter (pour FC Internazionale Milano).
  5. Ces trois joueurs ont participé activement au seul titre remporté par les Pays-Bas à ce jour, l’Euro 88 disputé en Allemagne.
  6. En français, la Ligue des champions de l’UEFA, cette dernière étant le nom de la fédération européenne de football. On utilise habituellement l’appellation anglaise, même en français.
  7. La division élite d’Angleterre.
  8. The Economist, 30 mai 2002.
  9. Source: Calculs sur base de Statista, Revenue of the biggest European soccer leagues from 1996/97 to 2018/19 (in million euros): http://www.statista.com/statistics/261218/big-five-european-soccer-leagues-revenue/.
  10. Union des associations européennes de football.
  11. Source: Calculs sur base de UEFA, Panorama du football interclubs européen UEFA, Rapport de benchmarking sur la procédure d’octroi de licence aux clubs, exercice financier 2016, p.56: http://www.uefa.com/MultimediaFiles/Download/OfficialDocument/uefaorg/Clublicensing/02/53/00/22/2530022_DOWNLOAD.pdf. Et UEFA, The European Club Footballing Landscape, Club Licensing Benchmarking Report, 2017, p.48: http://www.uefa.com/MultimediaFiles/Download/OfficialDocument/uefaorg/Clublicensing/02/58/98/12/2589812_DOWNLOAD.pdf.
  12. L’Écho, 6 décembre 2016. Anderlecht a gagné deux coupes des vainqueurs de coupe (1976 et 1978) et une coupe UEFA (1983). Malines a remporté une coupe des vainqueurs de coupe (1988). La coupe des vainqueurs de coupe a été supprimée dès 2000.
  13. Source: Deloitte, Rising stars. Football Money League, Sports Business Group, janvier 2018, p.7: www2.deloitte.com/content/dam/Deloitte/uk/Documents/sports-business-group/deloitte-uk-sbg-dfml2018.pdf.
  14. Sources: Calculs sur base de Deloitte Football Money League, différentes années.
  15. À l’origine, l’AC Milan, Chelsea et Manchester United en faisaient également partie. Mais, au bout d’un temps, ceux-ci n’ont plus été conviés aux réunions.
  16. Selon le sigle anglais: European Club Association. Il y a officiellement 232 membres, 109 ordinaires et 123 associés. Mais ce sont les plus grands clubs qui gèrent l’association.
  17. Il en est le président.
  18. Yann Philippin, «Un cartel secret des plus gros clubs européens a plumé le foot français», Mediapart, 3 novembre 2018.
  19. Der Spiegel, 2 novembre 2018
  20. Karl-Heinz Rummenigge a été président de l’ECA de 2008 à 2017. Son successeur n’est autre que le patron de la Juventus de Turin, Andrea Agnelli, dont la famille contrôle Fiat.
  21. Source: L’impact financier de la réforme de 2016 de la Ligue des Champions © Donatien Huet / Mediapart. À gauche, ce que l’UEFA a reversé lors de la saison 2015/2016 (2,1 milliards d’euros); au milieu, les 2,9 milliards qu’elle va reverser lors des saisons 2018 à 2021 selon les estimations du consortium des journalistes; à droite, ce qu’elle aurait reversé sur ces trois saisons si la répartition des recettes était restée la même qu’en 2015/2016.
  22. Der Spiegel, 2 novembre 2018.
  23. Yann Philippin, op. cit.
  24. Der Spiegel, 5 novembre 2018.
  25. Yann Philippin, «Nicolas Sarkozy et le cadeau à Manchester City», Mediapart, 2 novembre 2018.
  26. Yann Philippin et Donatien Huet, «Dopage financier: la bombe atomique de l’AS Monaco», Mediapart, 5 novembre 2018.
  27. Après un match à domicile le 27 octobre 2018 contre West Ham se terminant par un partage, ce patron a pris son hélicoptère personnel avec trois autres personnes. Celui-ci a pu à peine décoller qu’il s’est écrasé au sol, provoquant la mort des quatre passages et celle du pilote. En 2017, cette cinquième fortune thaïlandaise avait racheté le club belge Oud-Heverlee Leuven (OHL), qui évolue actuellement en deuxième division (ou première division 1B selon l’appellation farfelue des instances belges de football).
  28. Source: Donatien Huet / Mediapart.
  29. Avec les bonus et commissions supplémentaires, les montants passent à 252 millions pour Neymar et 180 millions pour Mbappe, soit 432 millions pour les deux.
  30. Yann Philippin et Donatien Huet, «Dopage financier: Platini et Infantino ont couvert la fraude du PSG», Mediapart, 2 novembre 2018.
  31. Yann Philippin et Donatien Huet, op. cit.
  32. Yann Philippin, «Le cauchemar financier du PSG», Mediapart, 22 décembre 2018.
  33. Yann Philippin, «L’UEFA discréditée, le football en péril», Mediapart, 8 novembre 2018.
  34. Fédération internationale de football association, qui chapeaute le monde du foot. Elle est composée de six confédérations, une par continent: l’AFC pour l’Asie, l’UEFA pour l’Europe, la CAF pour l’Afrique, la CONMEBOL pour l’Amérique du Sud, l’OFC pour l’Océanie, la CONCACAF pour l’Amérique du Nord, l’Amérique Centrale et les Caraïbes.
  35. Michaël Hajdenberg et Yann Philippin, «Le monde du football se déballonne», Mediapart, 3 décembre 2018.
  36. Fabrice Arfi, Yann Philippin, Antton Rouget et Michel Henry, «Football Leaks, saison 2: un raz-de-marée sur la planète foot», Mediapart, 2 novembre 2018.
  37. Der Spiegel, 2 novembre 2018.