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Géopolitique du coronavirus

Ng Sauw Tjhoi

— 23 juin 2020

Depuis le début de la pandémie la Chine est devenue l’objet d’intenses polémiques concernant sa responsabilité dans la crise. Derrière ces demi-vérités et mensonges cachés cependant sont camouflés d’importants enjeux internationaux.

Actuellement, l’Amérique compte déjà plus de 1,4 million de personnes infectées par le coronavirus et 83 000 décès sur une population de 328 millions d’habitants. C’est considérablement plus que la Chine : 85 000 personnes infectées et 6 500 décès sur une population de 1,43 milliard d’habitants1. Aux États-Unis, à la mi-mai, le nombre de morts était déjà supérieur à celui de la guerre du Vietnam ou dix-neuf fois celui du 11 Septembre2. Et ces chiffres ne cessent d’augmenter.

L’utilisation perfide et répétée du terme « virus chinois » a indéniablement conduit à des incidents racistes.

Lorsque l’épidémie s’est déclarée à Wuhan, le président Trump n’a eu que des éloges pour l’approche résolue du gouvernement chinois. Mais lorsque tout s’est arrêté à New York, que le nombre d’infections et de décès a fortement augmenté, que les capacités des hôpitaux ont été débordées et que les professionnels des soins ont totalement manqué d’équipements de protection, le virus a soudain été accompagné de l’adjectif « chinois » dans les déclarations de Trump. Trump détourne ainsi l’attention de sa propre approche défaillante, car un bilan final de quelque 100 000 à 200 000 morts indiquerait alors que son gouvernement a fait « a very good job »3 !

Le racisme comme paratonnerre

Le 11 février 2020, le virus reçoit un nom. Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS ( Organisation mondiale de la Santé, une agence des Nations unies ) explique que la maladie a reçu un nom facile à prononcer et qui, en gros, « ne se réfère pas à un lieu géographique, à un animal, à un individu ou à un ( être ) humain ». Il ne peut pas être plus clair : « Je l’épelle : C-O-V-I-D trait d’union un-neuf : COVID-19. »4 Les virus n’ont pas d’origine ethnique. Même pas la grippe que l’on avait qualifiée d’« espagnole » ( 1918-19 ). La maladie causée par ce virus n’a été appelée « grippe espagnole » que parce que ce sont les journaux espagnols qui en ont parlé pour la première fois à l’époque5.

Le 19 mars, lors d’une conférence de presse, le président américain, visiblement agacé, s’en est pris à un journaliste qui avait posé une question pourtant pertinente : « Des dizaines d’incidents racistes ont été signalés à l’encontre d’Américains d’origine chinoise dans ce pays … Pourquoi continuez-vous alors à utiliser le terme “chinois” ? » Réponse de Trump : « Cela vient de Chine. Donc, c’est chinois. »

L’utilisation perfide et répétée du terme « virus chinois » a indéniablement conduit à des incidents racistes. C’est ce que montre une enquête américaine qui a recensé plus de 650 plaintes en une seule semaine ( du 18 au 25 mars 2020 ). Des gens se font cracher dessus ou sont chassés des magasins, des chauffeurs d’Uber et de Lyft refusent de prendre des Asiatiques, il y a du harcèlement verbal et en ligne et des agressions physiques6. L’utilisation tactique du racisme contre la Chine a également des répercussions internationales. La déclaration finale du sommet par vidéoconférence des sept pays les plus riches ( G7 ) sur l’intention de lutter ensemble contre le virus causant la Covid-19 n’est toujours pas publiée car les États-Unis insistent pour que figure dans le texte le terme « virus de Wuhan ».

Trump a utilisé le racisme comme paratonnerre — c’est ici quasiment un cas d’école. CNN arrive également à cette conclusion : « Ce changement de ton de Trump est un changement profond dans l’attitude du président envers la Chine. Il tente ainsi de faire porter par Pékin sa propre responsabilité dans la propagation de la pandémie mondiale et dans la gestion de celle-ci. »7

Dans ce déluge de mensonges, le langage virulent d’une vieille connaissance du président, Steve Bannon, est tout à fait remarquable : « C’est pour moi un meurtre prémédité, ils sont coupables d’avoir caché ce virus au monde entier, tout comme un Tchernobyl biologique », a déclaré Bannon à United We Stand, une émission de télévision d’extrême droite8. Joe Biden, l’adversaire de Trump pour la prochaine élection présidentielle, a lui aussi ajouté son grain de sel : « L’inconfortable vérité est que Donald Trump a exposé l’Amérique et l’a rendue vulnérable à cette pandémie. Il a ignoré les avertissements des experts de la santé et des services de renseignement et a plutôt fait confiance aux dirigeants chinois.»9 Aux États-Unis, les républicains et les démocrates semblent quasiment sur la même ligne quant à l’attitude envers la Chine.

Dans les cercles européens, on entend la même mélodie chantée en chœur. Dans le Financial Times, le président français Macron a déclaré : « Il ne faut pas avoir la naïveté de dire que la Chine a mieux géré la crise, il y a certainement eu des cas en Chine dont personne d’autre n’a connaissance actuellement. »10 La chancelière allemande Angela Merkel, quant à elle, a affirmé : « Plus la Chine sera transparente sur les origines du virus, mieux la planète entière pourra tirer les leçons de cette crise. »11 Un écho de Bannon se fait entendre dans nos contrées dans le parti d’extrême droite Vlaams Belang12. De plus en plus d’Américains et d’Européens croient en toutes sortes de théories du complot ou d’analyses inexactes, par exemple sur les premières semaines de l’épidémie à Wuhan, imputant la responsabilité de la pandémie à la Chine, au gouvernement chinois et au Parti communiste chinois ( PCC ).

La ligne du temps

Selon les versions, la Chine aurait perdu un temps précieux au début, elle aurait informé le monde trop tard ou aurait voulu dissimuler l’apparition du virus. Est-ce bien le cas ? Le gouvernement chinois a-t-il joué avec le feu ? Commençons par le commencement.

Le 27 décembre, le docteur Zhang Jixian, chef du service de médecine respiratoire et de réanimation de l’hôpital provincial de Hubei, reçoit en consultation un couple de personnes âgées. Elle trouve leurs plaintes étranges et demande immédiatement des CT-scans. Elle demande également un scanner des poumons du fils, qui semble en bonne santé. Le résultat est plus que bizarre. Incertaine quant au diagnostic, le docteur Zhang rapporte la situation au docteur Xia Wenguang, le vice-président de l’hôpital. Les autres services de l’hôpital sont également informés. Le cas est aussi immédiatement signalé au Centre pour le contrôle et la prévention des maladies ( CDC ) du district de Jianghan. Ces communications sont faites dans les vingt-quatre heures13.

Les 28 et 29 décembre, quatre autres patients se présentent au même hôpital. À ce moment, les médecins n’en savent pas encore plus sur la cause des étranges symptômes de pneumonie chez leurs patients. Les scanners permettent de constater des lésions pulmonaires importantes. Parmi ces premiers patients, quatre sont originaires du quartier du marché de gros des fruits de mer de Huanan.

Le 29 décembre, sept patients ont déjà été signalés, et le vice-président Xia Wenguang informe directement le département de contrôle des maladies des services de santé provinciaux et municipaux. Cela pousse le CDC de Wuhan, de l’hôpital de Jinyintan et du district de Jianghan à effectuer une enquête épidémiologique à l’hôpital provincial de Hubei.

Le 30 décembre, des experts du CDC de Wuhan, entre autres, organisent une enquête et envoient deux courts rapports recommandant que les patients soient traités pour « pneumonie ou causes inconnues ». Les deux documents sont transmis en ligne à un groupe restreint de médecins et de dirigeants de la Commission nationale de la santé. Le premier rapport est envoyé, à 15 h 10 et le second à 18 h 50, d’après l’enquête de la Commission nationale de contrôle, un organe de contrôle similaire à notre Comité P. Plus tard en mars, ce comité publiera un rapport d’enquête approfondi14.

La critique selon laquelle le gouvernement chinois a perdu du temps a été fermement condamnée par l ’OMS.

Le 30 décembre, le chef du service des urgences de l’hôpital provincial de Hubei, le docteur Ai Fen, partage avec d’anciens camarades d’études sa consternation face à ce mystérieux virus. Elle a lu l’un des deux rapports sur la pneumonie inconnue et entouré les mots « SARS coronavirus » en rouge ( SARS, en français SRAS : syndrome respiratoire aigu sévère ). Elle photographie la page et l’envoie par WeChat. Le message arrive vers 17 h 30 chez le docteur Li Wenliang, ophtalmologue et membre du Parti communiste. À 17 h 43, toujours selon le rapport, le docteur Li Wenliang envoie le courrier à des amis de son groupe WeChat : « Sept cas de SRAS sont confirmés au marché de gros des fruits de mer de Huanan et les patients sont isolés dans le service des urgences de notre hôpital. » À 18 h 52, il poste un autre message : « Les dernières nouvelles sont que l’infection a été confirmée et que le virus fait l’objet d’une enquête. S’il vous plaît, ne diffusez pas l’information et laissez les membres des familles s’occuper de la prévention. » C’est au départ de ce message que le docteur Li Wenliang est devenu connu comme lanceur d’alerte.

Des recherches scientifiques sur le SRAS, les chauves-souris et les nombreux virus dont elles sont porteuses ont été menées au niveau international ces dernières années, notamment par l’équipe du docteur Shi Zhengli, virologue basée à Wuhan. Cela fait plus de quinze ans qu’elle travaille avec des collègues experts dans le monde entier. Tout comme le docteur Shi Zhengli, tous ces collègues savaient qu’un virus comme le SARS-CoV-2 apparaîtrait un jour. Le 30 décembre, elle reçoit la mission urgente d’examiner le plus vite possible dans son laboratoire si un nouveau coronavirus est à la base de cette étrange pneumonie. Un groupe d’experts de la Commission nationale de la santé de Pékin arrivera à Wuhan le 31 décembre. En d’autres termes, les fonctionnaires de Pékin sont à Wuhan dans les quatre jours suivant le premier signe d’un « problème inconnu ».

Le 4 janvier a lieu un événement remarquable et peu connu. Le directeur du CDC chinois, le docteur George Gao Fu, téléphone au docteur Robert Redfield, le directeur du CDC américain. Ils discutent de l’apparition de cette étrange pneumonie. Tous deux conviennent de rester étroitement en contact, de se partager les informations et de coopérer au plan technologique. Le ministre américain de la Santé, Alex Azar, a confirmé que les « responsables américains avaient été mis au courant des premiers rapports sur le virus par des entretiens avec des collègues chinois le 4 janvier15

Le ministre américain de la Santé a confirmé que les États-Unis ont été mis au courant du virus par la Chine le 4 janvier.

Le 7 janvier 2020, le résultat des recherches en laboratoire du docteur Shi Zhengli est prêt : le coronavirus SARS-CoV-2 ( lié au virus du SRAS ) est à l’origine de la pneumonie. Le code génétique du virus est identique à 96 % à celui d’un coronavirus identifié par l’équipe du docteur Shi Zhengli chez les chauves-souris fer à cheval dans la province du Yunnan. Le rapport de l’OMS stipule : « Les autorités chinoises ont identifié un nouveau type de coronavirus, qui a été isolé le 7 janvier 2020. Les 11 et 12 janvier 2020, l’OMS a reçu de la Commission nationale de la santé de Chine des informations détaillées supplémentaires selon lesquelles l’épidémie est liée à l’exposition à un marché aux poissons dans la ville de Wuhan. » La Chine a ainsi pu identifier le génome du SRAS-CoV-2 en une semaine à peine. À titre de comparaison, il a fallu deux mois pour identifier le génome lors de l’épidémie d’Ebola en 2014. Le 12 janvier 2020, l’OMS partage la séquence génétique du nouveau coronavirus afin que les pays puissent l’utiliser dans le développement de kits de diagnostic spécifiques.

La critique selon laquelle le gouvernement chinois a perdu du temps est inexacte et a été fermement condamnée par l’OMS. Le directeur général Ghebreyesus a déclaré que « l’action ( de la Chine ) a précisément contribué à prévenir la propagation du virus à d’autres pays »16. Ou, pour citer le journaliste Ian Johnson, qui a couvert la Chine pour le New York Times pendant vingt ans et a reçu un prix Pulitzer pour son travail : « La Chine a acheté du temps pour l’Occident. L’Occident l’a gaspillé17

Dissimulations, « lanceurs d’alerte » et production de virus en laboratoire

On a fait beaucoup de bruit autour de toutes sortes de prétendues interventions visant à censurer des gens, à étouffer des critiques envers le gouvernement chinois ou encore à renforcer la légitimité du PCC. Des erreurs ont été commises, c’est une chose certaine. Toutefois, à la lumière de cette pandémie qui tue des milliers de personnes, la ligne de démarcation entre critique et accusation est très mince.

Le docteur Li Wenliang est loin d’être le « lanceur d’alerte » que beaucoup de gens en Occident se représentent. Avec d’autres médecins et scientifiques, il s’est inquiété et a pris des mesures. Le 2 janvier, le chef du département de surveillance de l’hôpital central de Wuhan, le docteur Ai Fen, donne la consigne de ne divulguer aucune information en dehors des canaux de communication de l’hôpital. Le 3 janvier, le docteur Li Wenliang est réprimandé par la police locale pour avoir répandu des « rumeurs » sur l’apparition du virus. Contraint de signer cette réprimande, il s’en indigne. Les scientifiques n’ont toutefois pas l’habitude de semer la panique. Ils se consacrent à leurs recherches et leurs analyses jusqu’à ce qu’ils soient en mesure de fournir des résultats avec la plus grande certitude possible.

Le 7 février, Li Wenliang meurt de la Covid-19, après avoir été lui-même infecté lors d’une consultation. Le même jour, la Commission nationale de supervision décide d’envoyer une équipe à Wuhan pour enquêter sur la situation. Le 19 mars 2020, l’équipe publie les résultats de son enquête lors d’une conférence de presse. Sur la base de ces conclusions, l’Agence de sécurité publique de Wuhan publie une circulaire révoquant la réprimande du docteur Li Wenliang. Comme partout ailleurs dans le monde, la police et les forces de l’ordre sont, de par leur profession, tenues de tenir à l’œil toute cause possible de perturbation et, parfois, d’intervenir. Dans le cas des messages WeChat du docteur Li Wenliang, c’était une erreur.

Le 2 avril, le gouvernement chinois a érigé au rang de « martyrs » le docteur Li Wenliang et treize autres personnes qui ont perdu la vie en luttant contre le virus. C’est la plus haute distinction que le Parti communiste et la République populaire de Chine accordent à leurs citoyens. Le docteur Li Wenliang a reçu à titre posthume la médaille du « 4 mai » de la Ligue nationale de la jeunesse, elle aussi hautement honorifique.

Rien ne prouve que les autorités locales aient craint de signaler l’épidémie à Pékin. Rien ne prouve qu’il y ait eu des « lanceurs d’alerte », comme le répètent le New York Times et d’autres médias. Le docteur Zhang Jixian n’est pas non plus une lanceuse d’alerte et ne l’a jamais été. Elle a suivi le protocole établi, ce qui a permis de transmettre des informations à l’OMS en quelques jours. Dans une interview, elle explique comment son expérience de l’épidémie de SRAS ( 2003 ) lui a permis de détecter des symptômes étranges chez les premiers patients18. Les rumeurs selon lesquelles le docteur Shi Zhengli et sa famille auraient fait sortir clandestinement des centaines de documents confidentiels du pays et demandé l’asile politique à l’ambassade américaine à Paris sont totalement fausses. Le docteur Shi l’a elle-même expliqué dans une interview accordée au South China Morning Post19. Le docteur Ai Fen s’est sentie presque obligée de faire savoir aux médias qu’elle n’avait pas été arrêtée par la police ni censurée, comme l’avait insinué Reporters sans frontières20. Ce ne sont pas des lanceuses d’alerte. Toutes les trois sont toujours en poste là où elles travaillaient avant la crise.

Lors de la conférence de presse à la Maison-Blanche le 23 mars, le président américain s’est dit « un peu contrarié par la Chine » qui « aurait dû nous avertir du virus ! ». Quel cynisme de la part de Donald Trump et de son gouvernement, alors qu’au même moment, les États-Unis avaient déjà enregistré plus de 43 000 infections et 550 décès ! De plus, comme le montre la chronologie ci-dessus, le CDC américain était au courant de l’existence de l’épidémie depuis le 4 janvier, soit septante-neuf jours plus tôt.

Le 24 février, le rapport de la mission conjointe de l’OMS sur la maladie à coronavirus de 2019 ( Covid-19), dirigée par le médecin canadien Bruce Aylward, est publié. L’équipe de recherche était composée d’experts d’Allemagne, de Suisse, du Nigeria, de Singapour, de Hong Kong, de Corée du Sud, de Russie, du Japon, de la Chine elle-même … ainsi que de deux experts des États-Unis.

La théorie conspirationniste la plus sensationnelle qui circule depuis le début est celle qui affirme que le virus a été créé dans un laboratoire, dans le cadre ou non d’une attaque biologique. Début mai, le secrétaire d’État Mike Pompeo déclare catégoriquement qu’il existe une « preuve irréfutable » de l’affirmation selon laquelle « le virus aurait été produit dans le laboratoire de Wuhan » 21. Or, les services secrets américains avaient précédemment affirmé que « le virus de la Covid-19 n’a pas été fabriqué par l’homme ni génétiquement modifié»22. C’est aussi la teneur d’un communiqué publié par 27 scientifiques internationaux sur le site de The Lancet disant : « Nous nous opposons avec force aux théories du complot laissant entendre que la maladie Covid-19 n’a pas une origine naturelle. Nous condamnons celles-ci avec la plus grande fermeté. Nous ( … ) avons conclu à une écrasante majorité que ce coronavirus provient de la faune, à l’instar de tant d’autres pathogènes émergents. »23 Le coup de grâce viendra du docteur Anthony Fauci, conseiller direct de Donald Trump, qui conclut dans le National Geographic : « Il n’y a aucune preuve scientifique que le virus a été créé dans le laboratoire de Wuhan24

Ces attaques contre la Chine semblent suivre le rythme des conférences de presse du président américain. Le 8 avril, celui-ci s’en prend cette fois à l’OMS. Il reproche à cette organisation d’être « sinocentrique » et apprécie également fort peu les éloges du directeur général de l’OMS à l’égard du président Xi Jinping. Il décrète que les États-Unis gèleront leur contribution annuelle à l’OMS ( 400 millions de dollars ) « jusqu’à nouvel ordre »25. Au beau milieu d’une crise sanitaire sans précédent, une telle mesure est irresponsable, totalement dépourvue de sens de la diplomatie, mais, surtout, mortelle.

Le docteur Bruce Aylward, conseiller du directeur général de l’OMS Ghebreyesus, défend les liens étroits entre l’agence des Nations unies et la Chine. Il souligne qu’il est important de travailler avec le gouvernement de Pékin pour étudier et comprendre la pandémie et son origine. « Au début de cette épidémie, il fallait absolument avoir accès à toutes les informations et travailler sur le terrain avec les Chinois afin de mieux comprendre le fonctionnement du virus. C’est ce que nous faisons dans tous les pays gravement touchés, y compris, par exemple, l’Espagne. Cela n’a rien à voir avec la Chine elle-même.»26

Trump a asséché les canaux de coopération entre la Chine et les États-Unis dans le domaine de la recherche médicale et scientifique.

Par la suite, Donald Trump accusera aussi le directeur général de l’OMS de complaisance envers la Chine et, surtout, d’avoir qualifié « beaucoup trop tard » ( le 11 mars ) l’épidémie de Covid-19 de « pandémie ». Les États-Unis et d’autres pays veulent ainsi prouver que l’influence de la Chine sur l’OMS est bien trop importante. C’est faux, rétorque Hans Kluge, le directeur belge de l’OMS pour l’Europe : « La première fois qu’il a été question de requalifier l’épidémie en pandémie, le comité d’urgence a conseillé au Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus d’attendre encore un peu. Ce qu’il a fait. Non pas pour épargner la Chine, comme certains le prétendent, mais dans le respect de ce vote et parce que, lors de précédentes épidémies, on avait reproché à l’OMS d’avoir enclenché trop rapidement la phase de pandémie.»27

Jeffrey Sachs, économiste et conseiller du secrétaire général des Nations unies António Guterres, résume ainsi ces thèses du complot : « Le plus grand mensonge du gouvernement Trump est que la Chine est à l’origine des problèmes de l’Amérique. Pendant un certain temps, ce refrain a pu fonctionner en jouant sur l’autosatisfaction des Américains. La réalité, cependant, est que la manière dont Donald Trump gère l’épidémie est un échec déplorable. Aujourd’hui, on compte plus de 71 000 morts aux États-Unis. Messieurs Trump et Pompeo, vous avez été suffisamment avertis. N’avez-vous pas honte ? »28

La tentative de Trump de faire de la Chine un bouc émissaire est cynique pour une autre raison. Il a lui-même asséché les canaux de coopération entre la Chine et les États-Unis dans le domaine de la recherche médicale et scientifique. Dans le cadre de l’OMS, le CDC américain coopère efficacement avec le ministère chinois de la Santé depuis de nombreuses années. Après l’épidémie de SRAS ( 2003), ils ont travaillé ensemble dans de nombreux domaines pour prévenir d’éventuelles pandémies. Leurs remarquables efforts conjoints ont permis de largement contenir le SRAS en Asie. Dès que le virus de la grippe H1N1 a fait son apparition au Mexique en 2009, les deux pays ont également partagé leurs informations et leurs technologies pour surveiller la propagation du virus et mettre au point un vaccin. Lorsque, quatre ans plus tard, les chercheurs chinois ont développé un vaccin contre le virus H7N9, ils l’ont rapidement partagé avec leurs collègues américains, qui en ont produit une version aux États-Unis. Lorsque la crise du virus Ebola a éclaté en Afrique de l’Ouest en 2014, les scientifiques américains et chinois se sont une fois encore retroussé les manches ensemble. Depuis l’entrée en fonction de Trump, le CDC et les Instituts nationaux de la santé ont réduit leur personnel en Chine. La National Science Foundation a tout bonnement fermé son bureau dans le pays. Le gouvernement américain estime en effet que l’on ne doit pas travailler avec un « concurrent stratégique ».

Le confinement

L’année chinoise du Rat a débuté le 25 janvier. Traditionnellement, on fête la nouvelle année en famille. Dans cet immense pays qui compte 1,43 milliard d’habitants, la période du réveillon de Nouvel An est une période où la population se déplace énormément, par tous les moyens de transport possibles, parfois sur des milliers de kilomètres. Prendre la décision de déclarer le confinement n’est pas simple. À Wuhan, le virus se multiplie rapidement. Fin décembre, sept patients sont enregistrés. Le premier décès survient le 10 janvier et est annoncé le lendemain. Ce jour-là ( le 11 janvier), quarante-et-un patients sont hospitalisés, dont sept aux soins intensifs.

Le ministère de la Santé de Wuhan annonce les précautions appropriées à prendre face aux nombreuses maladies infectieuses qui circulent en cette saison. Il recommande de « bien réguler la circulation de l’air à l’intérieur des habitations », mais aussi d’éviter les lieux publics fermés et non ventilés et les lieux bondés et, si nécessaire, de porter un masque. En cas de fièvre, de symptômes d’infection des voies respiratoires et, surtout, de fièvre persistante, il invite la population à consulter immédiatement un médecin à l’hôpital.

« Si j’attrape la Covid, je vais en Chine », affirme Bruce Aylward, épidémiologiste à l ’OMS. « Là-bas, ils savent comment garder les gens en vie.»

À partir du 14 janvier, le trafic aérien et routier à destination et en provenance de Wuhan est surveillé ( par des prises de température et des tests ) et fermé à quatre villes voisines. Le maire de Wuhan, Zhou Xianwang, conseille vivement de limiter les rassemblements de foule. Comme la transmission du virus d’homme à homme n’est pas encore claire29, il autorise la traditionnelle fête de Nouvel An le dimanche 19 janvier, sous une pression considérable. On estime que 40 000 familles se réunissent à cette occasion. Le maire fait immédiatement l’objet de critiques sévères sur les réseaux sociaux et se déclare par la suite prêt à démissionner30.

Le Parti communiste chinois fait savoir que « quiconque retarde ou cache délibérément des informations sur des cas [d’infection] par intérêt sera cloué au pilori pour l’éternité»31. Une allusion sévère suite aux critiques du maire et en raison des mauvaises expériences de l’épidémie de SRAS, qui a éclaté en Chine en 2003 et s’est répandue dans le monde entier, infectant 8 098 personnes et faisant 774 victimes.

Les 20 et 21 janvier, une équipe d’experts de l’OMS se rend à Wuhan et déclare que la transmission de personne à personne est très probable, mais qu’il faut encore mener des recherches supplémentaires32. La veille de la fermeture de Wuhan, la Chine compte vingt-cinq morts et plus de 830 malades. L’accélération de l’augmentation des cas est particulièrement inquiétante : six décès et plus de 200 nouveaux cas en 24 heures. Un premier décès est également confirmé dans la province de Hebei, à quelque 900 km au nord de l’épicentre du virus33. Une épidémie semble bien avoir éclaté. Après s’être consultées, toutes les autorités prennent la décision d’annoncer des mesures drastiques.

Dans la nuit du 23 janvier, à 2 h 45 du matin, le gouvernement de Wuhan décrète le confinement. À partir de 10 h du matin, tous les services de bus et de métro sont suspendus dans toute la ville, et les trajets au départ de la zone en train ou en avion sont interdits. Tout le monde doit rester chez soi. Grâce à WeChat, Weibo et d’autres réseaux sociaux, les habitants sont informés. La police, les comités de quartier et les bénévoles ( membres du parti ) communiquent et maintiennent l’ordre. Malgré cette intervention massive, une petite minorité semble arriver à fuir cette ville de 11 millions d’habitants. Au cours de la période suivant le 23 janvier, des dizaines de villes suivent l’exemple de Wuhan, jour après jour. Le 16 février, la province du Hubei est finalement en confinement complet, ce qui représente quelque 59 millions de personnes. C’est ensuite au tour d’autres villes, régions et métropoles où les infections se propagent rapidement.

Plus tard, on verra clairement quel effort socio-économique ces mesures de confinement ont nécessité. Plus de 30 000 médecins et infirmières de tout le pays ont été envoyés à Wuhan34. Quarante-cinq hôpitaux ont été convertis en centres de traitement de la Covid-19, douze hôpitaux temporaires ont été aménagés dans des salles d’exposition et de grands bâtiments similaires, avec des unités complètes de traitement de la Covid-19, et deux hôpitaux totalement neufs ont été construits, disposant d’une capacité totale de 2 300 lits35.

Personne n’appelle au confinement pour le plaisir, certainement pas au beau milieu de la période animée et festive des célébrations du Nouvel An. Cependant, selon le professeur Christopher Dye et son équipe de l’université d’Oxford, cette mesure drastique a plus que fait ses preuves. « Notre analyse montre que, sans cette interdiction d’entrée et de sortie de Wuhan et l’aide d’urgence nationale, il y aurait eu plus de 700 000 cas confirmés de Covid-19. Les mesures de contrôle de la Chine semblent avoir réussi à briser la chaîne de transmission, et à prévenir les contacts entre les personnes infectées et les gens les plus vulnérables. »36 En outre, ces mesures ont permis à cent-trente villes de gagner du temps pour se préparer à la Covid-19.

Le système de santé chinois se donne pour priorité de « maintenir les gens en vie ». L’augmentation de la production de respirateurs, de masques buccaux, d’équipements médicaux de protection et de toute la gamme d’équipements nécessaires au traitement et au dépistage est prioritaire par rapport à l’économie, tout au long de la période. « Si j’attrape la Covid, je vais en Chine », affirme Bruce Aylward, épidémiologiste à l’OMS. « Là-bas, ils savent comment garder les gens en vie37

Unis contre le virus

Le 25 janvier, le Comité permanent du bureau politique du Parti communiste chinois se réunit dans le cadre d’une session supplémentaire et discute de l’épidémie de Covid-19, en se concentrant sur la réalisation du traitement des patients. Une task force dirigée par le Premier ministre Li Keqiang se rend à Wuhan le lendemain. « Protéger la vie est primordial à nos yeux. Quand une épidémie se déclare, nous devons agir rapidement. Il est de notre responsabilité de prévenir et de contrôler une propagation de l’épidémie », déclare le président Xi Jinping. La réunion établit également que la prévention et le contrôle doivent être effectués de manière « légale, scientifique et ordonnée ». Une attention particulière doit être accordée à « la surveillance, au dépistage et à la mise en garde ». Enfin, il faut assurer une diffusion « rapide, précise et transparente » des informations38.

Le gouvernement chinois a clairement le contrôle de la situation. En un rien de temps, les entreprises publiques et privées de tout le pays sont sommées d’assumer des tâches dans la lutte contre le virus. En outre, le « commandement unifié » des autorités publiques et du parti permet de contrôler les abus autant que possible. Un exemple d’ajustement consiste à prendre des mesures contre les entreprises et les particuliers qui tirent profit de la vente de masques buccaux. En Chine aussi, l’annonce du confinement à Wuhan a donné lieu à la création de stocks privés de masques. Dans ce pays, le port du masque est bien ancré dans les habitudes, c’est un signe de respect de l’autre. Il n’y a pas eu de pénurie, mais certains ont vu là une chance de se faire de l’argent. Sur le site de vente en ligne Taobao d’Alibaba, plus de 80 millions de masques buccaux ont été vendus en deux jours. Sur ce site, on proposait d’acheter un paquet de vingt « masques 3M » pour 1 100 yuans ( soit 142 euros), tandis qu’en novembre, ils étaient vendus à 178 yuans ( 23 euros ). Ces offres ont été supprimées, et les vendeurs retirés du site web. Alibaba est la propriété de Jack Ma, l’un des 88 millions de membres du PCC. C’est ainsi que le système chinois traite le secteur privé. Eric Li, un capitaliste chinois, l’a souligné par le passé : « Il n’est absolument pas envisageable qu’un groupe de milliardaires puisse dominer le bureau politique de la Chine de la même manière que les milliardaires dominent la politique américaine39

Les comités de quartier jouent un rôle important en temps de crise. Il s ’agit de plusieurs centaines de milliers de bénévoles, jeunes et moins jeunes.

Un maillon peu connu de la chaîne qui permet à la société chinoise de bien fonctionner est constitué par les comités de quartier. Ceux-ci ont été créés pendant la période de Mao Zedong, entre 1949 et 1976. En temps de crise comme durant cette pandémie, cette forme d’organisation joue un rôle important dans l’assistance directe, par rapport aux problèmes familiaux, au contrôle social, à ce qui est nécessaire pendant la quarantaine, et comme canal d’information pratique, pour prendre la température, pour les accouchements, etc. Il s’agit de plusieurs centaines de milliers de bénévoles, jeunes et moins jeunes40.

Une étude menée récemment par le célèbre centre de recherche de données singapourien Blackbox dans 23 pays montre que, sur le continent, ce sont les citoyens chinois qui sont les plus satisfaits de l’approche, du leadership, de la gestion et de la vie communautaire durant la pandémie de Covid-19. La Nouvelle-Zélande est le seul pays occidental qui obtient un score supérieur à la moyenne mondiale41. L’OMS souligne cette performance dans son rapport de février 2020 : « Étant donné qu’il s’agit d’un virus totalement inconnu, la Chine a probablement mis en place le confinement le plus ambitieux, le plus approprié et le plus strict d’une maladie jamais vu auparavant dans l’histoire42

Des mesures sociales pour tous ?

Selon un rapport de l’OMS sur les soins de santé en Chine, le pays offre une assurance maladie quasi universelle à 1,43 milliard de personnes43. L’assurance maladie sociale, qui couvre le système médical des coopératives rurales et l’assurance maladie urbaine, est principalement financée par des subventions publiques. L’assurance maladie professionnelle urbaine a été financée par les cotisations des salariés et des employeurs. Depuis le lancement des réformes de santé en 2009, la Chine a considérablement augmenté ses investissements dans l’expansion des infrastructures de santé. Le système de soins primaires a connu une forte croissance en un laps de temps relativement court. La proportion des frais médicaux que le patient doit payer lui-même a fortement diminué. C’était une urgence, car c’était la principale cause de la pauvreté dans le pays. Selon la Banque mondiale, les Chinois moyens bénéficient de bons soins de santé et d’une bonne espérance de vie44.

Pendant cette période de pandémie, le gouvernement chinois a accordé des subventions pour couvrir les frais médicaux de tous les patients atteints de coronavirus. Il existe une indemnité financière pour les groupes vulnérables. Les allocations de chômage seront augmentées pendant six mois. Des accords ont été conclus avec les banques pour différer le remboursement des cartes de crédit et des prêts hypothécaires, entre autres45. On ne sait pas encore très bien ce que le gouvernement chinois compte faire des millions de migrants qui travaillent dans les secteurs de la construction et de l’horeca, mais qui, souvent, ne bénéficient pas d’une assurance sociale réglementée et peuvent prétendre tout au plus à une assurance minimum, par le biais du système Hukou ( L’enregistrement de leur résidence leur donne droit aux services de base et à l’enseignement ).

Qui donne une goutte d’eau verra jaillir une source

Ce proverbe chinois exprime l’attitude internationaliste et désintéressée que le pays adopte en cas de catastrophe et de malheur. Mais cette conception est vue bien différemment par certains chefs de gouvernement occidentaux. L’aide internationale chinoise a souvent été interprétée avec suspicion comme de la « diplomatie du masque buccal », ce qui conduit en Chine à de l’incompréhension, ce qui est assez normal46.

Selon le ministère chinois des Affaires étrangères, le pays a fourni ( de janvier à avril ) des masques chirurgicaux, des appareils respiratoires, des équipements de protection, des kits de test à base d’acide nucléique, des respirateurs et d’autres formes d’assistance à cent-vingt pays et quatre organisations internationales. À cela s’ajoute l’aide apportée par les autorités locales à leurs villes jumelées dans plus de cinquante pays. Les entreprises chinoises ont fait des dons à plus de cent pays et institutions internationales. Ainsi, le 31 mars, un nouveau chargement de matériel médical est arrivé à l’aéroport de Liège, un don de la Fondation Alibaba47. En plus de fournir des équipements médicaux d’urgence, les scientifiques chinois ont offert leur soutien et des données à l’étranger.

Un élan de solidarité a aussi vu le jour au sein de la population. De l’argent et du matériel ont été livrés à des ambassades étrangères, comme celle d’Iran. Certains volontaires ont traduit en langues étrangères des textes contenant des informations d’actualité, des conseils de protection et des données sur la Covid-19.

L’un des appels les plus remarquables provient d’un groupe de cent universitaires chinois qui, dans une lettre ouverte, remercient la communauté internationale pour l’aide qu’ils ont reçue, y compris pour les dons d’amis américains, durant la phase la plus critique de la lutte contre la Covid-19 en Chine continentale48. Ils déclarent également que « montrer l’autre d’un doigt accusateur est humiliant et offensant pour tout le monde », et qu’ils respectent les programmes de lutte et les politiques de contrôle de l’épidémie entrepris par d’autres pays. Ils exhortent les États-Unis et la Chine à travailler ensemble pour lutter contre la pandémie de Covid-19. Lors du sommet extraordinaire du G20 à la fin du mois de mars, le président chinois Xi Jinping a appelé à davantage de coopération internationale, et a insisté sur l’unité et la solidarité. « La communauté des nations doit agir rapidement pour contrer la propagation du virus, et la Chine sera plus que prête à partager ses bonnes pratiques, à mener conjointement des recherches et des développements de médicaments et de vaccins, et, là où elle le peut, à apporter son aide aux pays touchés par la pandémie.»49

Après la solidarité, c’est une coopération positive et constructive qui se tisse pendant cette pandémie. Cela s’illustre notamment par le « lien de coopération des 10 + 3 » de l’ASEAN ( organisation de dix pays d’Asie du Sud-Est ) plus la Chine, le Japon et la Corée du Sud, représentant quelque 2,2 milliards de personnes de treize pays où la pandémie est plus ou moins maîtrisée50. La solidarité qui s’est manifestée entre ces treize pays dans le cadre de la lutte contre le virus peut être un signal pour les pays occidentaux, davantage enclins à pointer un doigt accusateur vers l’est.

Footnotes

  1. https://coronavirus.jhu.edu/map.html situation au 8 mai 2020
  2. Aaron Rupar, « Trump says 200,000 Americans could die from coronavirus, because he ’s done “a very good job” », Vox, 30 mars 2020.
  3. Aaron Rupar, ibid.
  4. « WHO Director-General ’s remarks at the media briefing on 2019-nCoV on 11 February 2020 », Organisation mondiale de la santé, 11 février 2020.
  5. Voir aussi Laura Spinney dans ce numéro de Lava.
  6. Caitlin Yoshiko Kandil, « Asian Americans report over 650 racist acts over last week, new data says », NBC News, 26 mars 2020.
  7. McDermott & Kaczynski, ibid.
  8. Brendan Cole, « Steve Bannon Accuses China of Coronavirus Cover-up, Calls it ‘ A Biological Chernobyl ’ », Newsweek, 1er mars 2020.
  9. Michael Martina, Trevor Hunnicutt, « Biden says Trump failed to hold China accountable on coronavirus ». Reuters, 18 avril 2020.
  10. Victor Mallet & Roula Khalaf, « FT Interview: Emmanuel Macron says it is time to think the unthinkable », Financial Times, 16 avril 2020.
  11. « Peking geef Angela Merkel antwoord : “China is altijd transparant geweest over het coronavirus” », HLN, 21 avril 2020.
  12. Tom Vandendriessche, « China moet de coronacrisis betalen », Doorbraak, 20 avril 2020
  13. « Xinhua Headlines: Chinese doctor recalls first encounter with mysterious virus », Xinhua, 15 avril 2020.
  14. « Probe report on ‘ whistleblower ’ Li Wenliang reveals warning process in early stage of epidemic in Wuhan », Global Times, 19 mars 2020.
  15. Shane Harris, Greg Miller, Josh Dawsey et Ellen Nakashima. « U.S. intelligence reports from January and February warned about a likely pandemic », Washington Post, 21 mars 2020.
  16. Andrew Joseph & Megan Thielking, « WHO praises China ’s response to coronavirus, will reconvene expert committee to assess global threat », Stat, 29 janvier 2020.
  17. Ian Johnson, « China Bought the West Time. The West Squandered It », New York Times, 13 mars 2020.
  18. « Xinhua Headlines: Chinese doctor recalls first encounter with mysterious virus », Xinhua, 15 avril 2020.
  19. Sarah Zheng, « Chinese virologist at center of ‘ coronavirus came from a laboratory ’ claim denies defecting », South China Morning Post, 2 mai 2020.
  20. « Un médecin disparu après avoir critiqué la censure des coronavirus à Pékin », Reporters sans frontières, 10 avril, 2020.
  21. Jack Brewster, « A Timeline Of The COVID-19 Wuhan Lab Origin Theory », Forbes, 10 mai 2020.
  22. @ODNIgov, « Intelligence Community Statement on Origins of COVID-19 », Twitter, 30 avril 2020.
  23. Calisher, Carroll et al. « Statement in support of the scientists, public health professionals, and medical professionals of China combatting COVID-19 », The Lancet, 7 mars 2020.
  24. Nsikan Akpan & Victoria Jaggard, « Fauci: No scientific evidence the coronavirus was made in a Chinese lab », National Geographic, 4 mai 2020.
  25. Emma Farge, « WHO rejects ‘ China-centric ’ charge after Trump criticism », Reuters, 8 avril 2020.
  26. Ibid.
  27. Barbara Debusschere &Femke Van Garderen, « Belgische WHO-topman Hans Kluge: ‘ Iedereen heeft dit onderschat ’ », Demain, le 18 avril 2020.
  28. Jeffrey D. Sachs, « Trump ’s anti-China theory implodes », CNN, 6 mai 2020.
  29. @WHO, « Les enquêtes préliminaires menées par les autorités chinoises n ’ont pas trouvé de preuve évidente de transmission interhumaine du nouveau #coronavirus ( 2019-nCoV ) identifié dans #Wuhan, #China.», Twitter, 14 janvier 2020.
  30. Sarah Zheng, « Wuhan mayor under pressure to resign over response to coronavirus outbreak », South China Morning Post, 23 janvier 2020.
  31. James Kynge, « Wuhan virus points to tough Year of the Rat for Xi Jinping », Financial Times, 23 janvier 2020
  32. « Résumé de la mission. WHO Field Visit to Wuhan, China 20-21 January 2020 », WHO, 22 janvier 2020.
  33. « Coronavirus Death Toll Climbs in China, and a Lockdown Widens », New York Times, 23 janvier 2020.
  34. « China races to treat COVID-19 patients as hospital beds in epicenter near 40,000 », Xinhua, 20 février 2020.
  35. Ian Collier, « Coronavirus. China ’s history of building hospitals in times of crisis », Sky News, 25 janvier 2020.
  36. « China ’s control measures may have prevented 700,000 COVID-19 cases », Oxford Martin School, 31 mars 2020.
  37. Alexander Nazaryan, « ‘ They know how to keep people alive ’: Why China ’s coronavirus response is better than you think », Yahoo News, 13 mars 2020.
  38. « CPC leadership meets to discuss novel coronavirus prevention, control », People’s Daily Online, 25 janvier 2020.
  39. Karen Frances Eng, « A tale of two systems : Eric X. Li at TEDGlobal 2013 », Ted Blog, 13 juin 2013.
  40. Garrie Van Pinxteren, « Beijings wapen tegen corona: het buurtcomité », nrc.nl, 27 mars 2020.
  41. « Les réponses de la plupart des pays à l ’enquête Covid-19 ont été mal notées par leurs propres citoyens lors de la première enquête mondiale du genre », Blackbox, 6 mai 2020.
  42. « Report of the WHO-China Joint Mission on Coronavirus Disease 2019 ( COVID-19) », OMS, 16-24 février 2020, p. 16.
  43. Qingyue M, Hongwei Y, Wen C, Qiang S, Xiaoyun L., Examen du système de santé de la République populaire de Chine. Manille : Organisation mondiale de la santé, Bureau régional pour le Pacifique occidental, 2015.
  44. « Report Recommends Deeper Healthcare Reforms in China », Banque mondiale, 22 juillet 2016.
  45. Zhao Yang, « China Focus: People ’s well-being high on government agenda amid COVID-19 epidemic », Xinhua, 30 avril 2020.
  46. Dirk Nimmegeers, « What ‘ is behind ’ Chinese international support in the fight against the pandemic », Chinasquare, 11 mai 2020.
  47. Jan Jonckheere, « Medical supplies are being flown in masse », Chinasquare, 4 avril 2020.
  48. « An Open Letter to the People of the United States From 100 Chinese Scholars »,
    The Diplomat, 2 avril 2020.
  49. « Coronavirus: China Prez Xi Jinping calls for global war against COVID-19, proposes tariff cuts », Business Today, 27 mars 2020.
  50. Mo Jingxi, « Li to attend attend ASEAN 3 COVID-19 talks », China Daily, 14 avril 2020.