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Speech at the Embassy Auditorium

Angela Davis

—25 juin 2026

Au tournant des années 60 et 70, la confiance envers le gouvernement étasunien s’effondre. La guerre au Vietnam, le scandale du Watergate, l’assassinat de Martin Luther King Jr. et la répression des militants politiques ont alimenté cette méfiance massive.

La répression s’est aussi concrétisée par l’incarcération massive des militants marxistes, antiracistes et révolutionnaires. La condamnation la plus médiatisée est celle d’Angela Y. Davis en 1970, accusée de complicité dans une tentative de libération armée de trois militants incarcérés. Le public américain prend cette condamnation pour ce qu’elle est: la répression politique d’une militante radicale. La prise de conscience autour de la maltraitance des prisonniers augmentait. Partout dans le pays, des émeutes éclataient dans les prisons contre le racisme organisé du système carcéral et des conditions de vie déplorables des détenus. Cette colère atteint son apogée en 1971 avec la mort de George Jackson, militant des Black Panthers tué par un gardien de prison et qui déclencha l’émeute de la prison d’Attica. La répression qui en suit sera la plus meurtrière de l’histoire du pays

Le mouvement Free Angela prend une dimension internationale, engageant des personnalités comme John Lennon ou les Rolling Stones. Elle devient un symbole de la lutte contre la répression politique et du militantisme anticarcéral. La pression populaire débouche sur son acquittement à l’unanimité. Une décennie plus tôt, un tel verdict était impensable.

Cinq jours après sa libération, Angela Davis délivre son discours de victoire à Los Angeles, première étape d’une tournée internationale de remerciements. Elle y dénonce la répression gouvernementale et pointe la faillite de la stratégie de l’État qui a, par l’emprisonnement, participé lui-même à l’évolution et au soutien de l’opinion publique. Mais le cœur du discours reste sa vision abolitionniste: Davis appelle à lutter contre un système carcéral qui reflète la faillite de toute la société américaine.

Depuis sa libération, elle concentre en partie son travail sur l’abolition du «prison industrial complex» – ce système qui utilise l’oppression carcérale et policière comme outil économique et politique. Aujourd’hui, la situation ne s’est pas améliorée. Plus de 2 millions de personnes sont détenues dans les prisons américaines, avec une sur-représentation massive de la population noire. Cela sans compter les expulsions et incarcérations de l’ICE contre lesquelles les habitants se mobilisent massivement.

 

C vraiment merveilleux que de se retrouver parmi le peuple, de revenir parmi vous tous qui vous êtes battus si longtemps et si durement, vous tous qui avez concrètement arraché ma liberté.

J’aurais tant voulu que vous puissiez être présents dans la salle d’audience au moment où ces trois verdicts de «non-culpabilité» ont été prononcés, car cette victoire est autant la vôtre que la mienne. Et lorsque nous avons ri et pleuré, c’était l’expression de notre joie face à ce qui fut une véritable victoire populaire. (…)

Ma vie, ainsi que celle de ma famille, de ma mère, de mes camarades et de mes amis, a été radicalement transformée au cours des deux dernières années.

En effet, à mesure que notre mouvement – et particulièrement notre mouvement ici même, à Los Angeles, notre mouvement pour la libération des prisonniers politiques et de tous les opprimés – commençait à grandir, à se renforcer et à prendre de l’ampleur, le gouvernement a choisi de pointer son doigt répressif sur moi.

J’étais ainsi destinée à devenir un symbole de plus de ce que le gouvernement de cet État ferait à quiconque refuse d’être un sujet passif et soumis.

Mais c’était sans compter sur l’élan d’une résistance populaire massive: des milliers, puis des centaines de milliers de personnes se sont soulevées pour nous sauver, moi ainsi que les autres prisonniers politiques.

Le plan de répression du gouvernement s’est alors effondré; il s’est retourné contre lui.

Le gouvernement n’a pas pu se servir de moi pour terroriser ceux qui manifestaient ouvertement leur opposition au racisme, à la guerre, à la pauvreté et à la répression. Bien au contraire, le peuple a fait savoir qu’il ne se laisserait pas manipuler par la terreur.

Des millions de personnes à travers le monde se sont unies dans la lutte et m’ont sauvée du sort que le gouvernement me réservait, afin de faire de moi un exemple pour tous ceux qui étaient prêts à résister.

Vous êtes intervenus et vous m’avez sauvé la vie. Me voici de retour parmi vous; et tout comme j’ai été arrachée à vous dans la lutte, c’est également dans la lutte que je reviens.

Angela Davis est philosophe, militante marxiste et figure majeure de la lutte pour les droits civiques aux Etats Unis. Membre du Parti communiste et des Black Panthers, elle est emprisonnée en 1970 sur des charges fabriquées de toutes pièces. Son arrestation devient un symbole de la répression politique aux États-Unis. Acquittée en 1972, elle consacre sa vie à l’abolition du système carcéral, au féminisme radical et à l’antiracisme.

Et je reviens avec un message très simple: notre combat ne fait que commencer.

Tout en célébrant la victoire de mon acquittement, nous devons nous atteler à transformer notre joie et notre enthousiasme en un engagement encore plus profond envers tous nos frères et sœurs qui n’ont pas encore de raison de faire la fête.

Il y a des centaines et des milliers de «frères de Soledad», de «frères de San Quentin» ou de «frères de Folsom», ainsi que de «sœurs de la CIW», qui sont tous prisonniers d’un ordre social d’une criminalité insensée.

Célébrons donc, mais faisons-le de la seule manière compatible avec la douleur et la souffrance que tant de nos sœurs et frères doivent affronter chaque matin, en s’éveillant face au spectacle oppressant du béton et de l’acier impénétrables.

En s’éveillant au fracas brutal des lourdes portes de fer qui s’ouvrent et se ferment par la simple pression d’un bouton.

En s’éveillant chaque matin au cliquetis inévitable des clés des gardiens – des clés qui rappellent constamment que la liberté est si proche, et pourtant si lointaine, à des millénaires encore.

Célébrons donc de la seule manière qui convienne.

Que la joie de la victoire soit le fondement d’un serment éternel: un engagement renouvelé envers la cause de la liberté.

Car nous savons désormais que la victoire est possible, bien que les luttes qu’elle exige soient longues et ardues. (…)

On a souvent dit que l’on pouvait en apprendre beaucoup sur une société en observant ses prisons.

Regardez ses cachots, vous y verrez, concentrée sous une forme microcosmique, la maladie du système tout entier.

Aujourd’hui, dans les États-Unis d’Amérique de 1972, l’analogie entre la prison et la société s’avère particulièrement révélatrice.

Car, en un sens cruellement réel, nous sommes tous les prisonniers d’une société dont les proclamations grandiloquentes de liberté et de justice pour tous ne sont rien d’autre qu’une rhétorique creuse. (…)

Des millions de personnes à travers le monde se sont unies dans la lutte et m’ont sauvée du sort que le gouvernement me réservait, afin de faire de moi un exemple pour tous ceux qui étaient prêts à résister.

Quand nous voyons des fusées décoller vers la Lune alors que des B-52 font pleuvoir la destruction et la mort sur le peuple du Vietnam, nous savons que quelque chose ne va pas.

Nous savons qu’il suffirait de réorienter cette richesse et cette énergie pour les consacrer à nourrir ceux qui ont faim et à vêtir ceux qui sont dans le besoin; à les canaliser vers les écoles, les hôpitaux, le logement et tous les biens matériels nécessaires pour que les êtres humains mènent une vie décente et confortable — une vie exempte des pressions du racisme et, oui, des attitudes et institutions de la suprématie masculine, ainsi que de tous les autres moyens par lesquels les dirigeants manipulent le peuple.

Car c’est à cette seule condition que la liberté prendra un sens véritablement humain.

C’est alors seulement que nous pourrons être libres de vivre, d’aimer et d’être des êtres humains créatifs.

Dans cette société, dans les États-Unis d’Amérique d’aujourd’hui, nous sommes entourés par cette même richesse et ces avancées scientifiques qui portent en elles la promesse de la liberté.

La liberté est si proche, et pourtant si lointaine à la fois.

La richesse et la technologie qui nous entourent nous indiquent qu’une société libre, humaine et harmonieuse est tout près.

Mais elle reste en même temps si lointaine parce que quelqu’un détient les clés et refuse d’ouvrir les portes de la liberté.

À l’instar du prisonnier, nous sommes enfermés avec la laideur du racisme, de la pauvreté, de la guerre, ainsi qu’avec toutes les frustrations psychologiques et les manipulations qui les accompagnent.

Nous sommes également enfermés avec nos rêves et nos visions de liberté, tout en sachant que, si seulement nous avions les clés — si seulement nous pouvions les arracher aux gardiens, aux Standard Oil, aux General Motors et à toutes les multinationales géantes, sans oublier leurs protecteurs gouvernementaux — si seulement nous pouvions mettre la main sur ces clés, nous pourrions transformer ces visions et ces rêves en réalité.

Notre situation présente une similitude tout à fait atroce avec celle du prisonnier, et nous ne devons jamais l’oublier.

Car, si nous l’oublions, nous perdrons notre désir de liberté et notre volonté de lutter pour la libération.

(…) Et quand je dis cela, je l’entends au sens propre, car je ne me souviens que trop bien que, dans le silence sombre et la solitude d’une cellule d’isolement du comté de Marin, vous, le peuple, étiez mon unique espoir, ma seule promesse de vie.

Martin Luther King Jr. nous a dit ce qu’il avait vu lorsqu’il était monté au sommet de la montagne.

Il nous a partagé ses visions d’un monde nouveau de liberté et d’harmonie.

Mais il y a aussi le pied de la montagne, tout comme il existe des régions souterraines.

Et je reviens d’une descente, aux côtés de milliers de nos frères et sœurs, dans les profondeurs sordides de la société.

Je veux essayer de vous parler quelque peu de ces contrées.

Je veux tenter de vous convaincre de rejoindre la lutte pour redonner vie et souffle à ceux qui vivent emmurés, coupés de tout ce qui ressemble à la dignité humaine.

Écoutez un instant la description que fait George Jackson de la vie dans l’aile O de la prison de Soledad: «Cet endroit détruit les processus logiques de l’esprit. Les pensées d’un homme s’y désorganisent complètement. Le bruit, la folie qui s’échappe de chaque gorge, les sons frustrés contre les barreaux, les bruits métalliques des murs, les plateaux d’acier, les lits de fer boulonnés au mur, les sons creux d’un évier en fonte, des toilettes, les odeurs, les excréments humains qu’on nous jette, les corps non lavés, la nourriture avariée. On comprend la dépression d’un détenu en quartier de haute sécurité. Il est tombé aussi bas que possible dans le piège social. La délivrance est si lointaine qu’il lui est très facile de perdre tout espoir. C’est pire que le Viêt Nam. Et les gardiens avec leurs carabines, leurs matraques et leurs gaz lacrymogènes sont là pour maintenir cette terreur, la maintenir à tout prix.» C’est d’ailleurs ce qu’on nous a dit lors du procès à San José.

J’aimerais lire un passage du contre-interrogatoire que nous avons mené d’un certain sergent Murphy, interrogé sur la politique de San Quentin en matière de prévention des évasions.

« Question: « Et, pour être certain de bien comprendre la portée de cette politique, monsieur, signifie-t-elle que, si des personnes tentent de s’évader, qu’elles détiennent des otages, et que les gardiens ont le moindre moyen d’empêcher cette évasion, ils doivent l’empêcher quitte à ce que chaque otage soit tué ? » Réponse: « C’est exact. »

« Question: « Et qu’ils détiennent un juge ou cinq juges, une femme ou vingt femmes, un enfant ou vingt enfants, la politique des gardiens de San Quentin est d’empêcher l’évasion à tout prix. C’est bien cela ? » Réponse: « C’est exact. »

« Question: « En d’autres termes, il est plus important d’empêcher l’évasion que de sauver des vies humaines. Est-ce exact ? » Réponse: « Oui, monsieur. »»

Vous trouverez ceci dans les transcriptions officielles du procès.

La terreur de la vie carcérale, sa présence redoutable au sein de la société dans son ensemble, ne devait pas être ébranlée.

Le sergent Murphy a appelé la prison par son vrai nom. Il a saisi l’essence de la fonction sociopolitique des prisons d’aujourd’hui, car il décrivait un système de terreur qui s’auto-entretient.

En effet, les prisons sont des armes politiques; elles servent à confiner les éléments de cette société qui menacent la stabilité du système global. En prison, les personnes qui perturbent ou pourraient perturber le statu quo sont enfermées, contenues, punies et, dans certains cas, contraintes de subir des traitements psychologiques à l’aide de psychotropes.

Le système carcéral est une arme de répression. Le gouvernement considère les jeunes Noirs et de couleur comme les éléments les plus rebelles, de fait ou potentiellement, de cette société.

C’est pourquoi les prisons et les pénitenciers de cette société débordent de jeunes de couleur.

Selon les régions, la population carcérale de ce pays compte entre 45% et 85% de personnes de couleur.

À l’échelle nationale, 60% de l’ensemble des femmes détenues sont noires. De plus, des dizaines de milliers de prisonniers dans les prisons municipales et de comté n’ont jamais été condamnés pour le moindre crime; ils sont simplement là, victimes d’avocats commis d’office insensibles, incompétents et souvent ouvertement racistes, qui insistent pour qu’ils plaident coupables alors même qu’ils savent leur client aussi innocent qu’eux.

Et, pour ceux qui ont effectivement commis un délit, nous devons en rechercher la cause profonde.

Cette cause, nous ne la cherchons pas en eux en tant qu’individus, mais bien dans le système capitaliste qui engendre avant tout le besoin de commettre un crime.

Comme l’a souligné un spécialiste du système carcéral: «Ainsi, ceux qui ont faim matériellement doivent voler pour survivre, et ceux qui ont faim spirituellement commettent des actes antisociaux parce que leurs besoins humains ne peuvent être satisfaits dans un État axé sur la propriété. On peut raisonnablement estimer que près de 90% des crimes commis ne seraient pas considérés comme tels ou ne se produiraient pas dans une société centrée sur le peuple.» (…)

Ma liberté a été obtenue de haute lutte grâce à une mobilisation populaire massive.

Des jeunes et moins jeunes, des Noirs, des métis, des Asiatiques, des Autochtones et des Blancs, des étudiants et des travailleurs.

Le peuple s’est emparé des clés qui ont ouvert les portes de la liberté. Et tout cela n’est qu’un commencement.

L’élan de ce mouvement doit être soutenu et amplifié.

Efforçons-nous de saisir d’autres clés, d’ouvrir d’autres portes et de libérer davantage de frères et de sœurs afin qu’ils rejoignent les rangs de notre lutte ici, à l’extérieur.

En bâtissant un mouvement pour les prisons, nous ne devons pas oublier nos frères qui souffrent dans les prisons militaires et les cachots des bases militaires à travers le pays et le monde entier.

Billy Dean Smith, l’un de nos frères noirs qui attend actuellement son passage en cour martiale, a refusé d’obéir aux ordres.

Au Vietnam, il a refusé d’assassiner les Vietnamiens, qu’il considérait comme ses camarades dans la lutte de libération.

Évidemment, aux yeux de ses supérieurs, il représentait un exemple extrêmement dangereux. Il a donc été faussement accusé du meurtre de deux officiers blancs.

Nous devons libérer Billy Dean Smith ainsi que tous ses frères et camarades emprisonnés par l’armée. (…)

Nous sommes tous les prisonniers d’une société dont les proclamations grandiloquentes de liberté et de justice pour tous ne sont rien d’autre qu’une rhétorique creuse.

Nous devons tenter de modifier la structure même de la vie derrière les barreaux autant que la lutte le permet. Il existe un millier de questions concrètes autour desquelles nous pouvons construire ce mouvement: le droit à une correspondance illimitée et exempte de censure, des visites au choix du détenu, des barèmes de salaire minimum en prison, des soins médicaux adéquats — et cela est particulièrement crucial pour les femmes quand on sait que, dans certaines prisons, une femme enceinte doit se battre pour obtenir ne fût-ce qu’un seul verre de lait par jour.

Les lectures doivent être libres de toute censure. Les prisonniers doivent avoir le droit de s’instruire comme ils l’entendent.

S’ils souhaitent étudier le marxisme, le léninisme et la révolution socialiste, ils doivent en avoir le droit. (…)

La nécessité, l’urgence absolue de rejoindre nos frères et sœurs derrière les barreaux dans leur combat s’est imposée à nous de manière flagrante lors de la mutinerie et du massacre d’Attica l’année dernière.

Je voudrais conclure en lisant un court extrait de réflexions que j’ai rédigées dans la prison du comté de Marin en apprenant la révolte et le massacre d’Attica.

— «Le mal est fait, des dizaines d’hommes — dont certains n’ont pas encore de nom — sont morts. On ne compte plus les blessés. À l’heure actuelle, il semblerait que davantage de personnes devraient réaliser que de telles explosions de répression ne sont pas des aberrations isolées au sein d’une société par ailleurs sans histoires. Car nous avons connu Birmingham et Orangeburg, Jackson State, Kent State, My Lai et le 21 août à San Quentin. La liste est sans fin. Aucune de ces explosions n’est née du néant. Au contraire, elles ont toutes cristallisé et mis en évidence de profondes et vastes infirmités sociales.

— «Mais Attica différait de ces autres épisodes sur un point essentiel. Cette fois, les autorités ont été confondues par les événements eux-mêmes; elles ont été prises en flagrant délit de mensonge. Elles ont été publiquement démasquées lorsque, pour justifier ce massacre — un massacre orchestré par le gouverneur Rockefeller avec l’aval du président Nixon —, elles se sont empressées de falsifier les faits.

— «Peut-être cela a-t-il suffi à tirer un plus grand nombre de personnes de la léthargie que la société leur inflige. Beaucoup ont déjà exprimé leur indignation, mais l’indignation ne suffit pas. Les gouvernements et les administrations pénitentiaires doivent faire l’objet de critiques redoutables et sans réserve pour leur répression féroce et meurtrière. Pourtant, même cela ne suffit pas car on ne touche pas encore à la racine du problème. Le peuple doit prendre une position ferme pour soutenir activement les prisonniers et leurs revendications. Il doit s’efforcer de comprendre le contenu éminemment humain des élans et des luttes des détenus. Car c’est la justice que nous recherchons, et nombre d’entre nous peuvent déjà imaginer un monde sans la moindre tache de pauvreté ou d’aliénation, un monde où la prison ne serait plus qu’un vague souvenir, une relique du passé. Mais nous exigeons aussi une justice immédiate, dès à présent, de l’équité, ainsi que l’espace nécessaire pour penser, vivre et agir.»

Près de la moitié de ce discours a été coupé. Les éléments manquants sont les réponses et réactions du public, mais aussi les passages plus intimes et personnels sur Davis, ainsi que les parties plus spécifiques sur d’autres militants emprisonnés. Source du texte original: American Public Media