Alerta Arizona n*2 – Retrouvez les opinions enflammées contre le désert social de De Wever et Bouchez de notre série Alerta Arizona.

L’Arizona avait promis d’augmenter le salaire net des travailleurs et travailleuses. Outre le fait qu’une augmentation du salaire net sans impôt supplémentaire revient à réduire les services publics, on vous explique ici pourquoi ils ont menti.
La réforme fiscale tant vantée par l’Arizona1 prévoit certes une diminution d’impôt pour les travailleurs avec un emploi de 73 euros par mois en moyenne. Mais cette réduction, si elle voit le jour, ne sera effective qu’en 2029, dernière année de la législature. D’ici là, les diminutions d’impôt prévues sont minuscules : 0 euros en 2025, 6 euros en 2026, 8 euros en 2027 et 13 euros en 2028.
Ces chiffrent masquent de profondes inégalités. Ce sont les hauts salaires qui profiteront le plus de cette augmentation de la quotité exonérée d’impôt, tandis que les travailleurs modestes, ceux qui en ont le plus besoin, verront peu de différence sur leur fiche de paie.
Et encore faut-il que cette réforme soit réellement financée en 2029 alors même que le gouvernement Arizona a déjà annoncé des dépenses militaires supplémentaires par rapport au budget prévu initialement.
Si les travailleurs pourraient espérer une diminution d’impôt en 2029, c’est surtout ce que l’Arizona retire aux travailleurs qui devrait nous alerter. Si l’État promet de donner 73 euros, il compte reprendre bien plus. En 2026, une augmentation des impôts – certes limitée à 4 à 6 euros par mois par travailleur (entendu ici comme l’ensemble de la population de plus de 18 ans) – viendra déjà grignoter ces gains hypothétiques.
Ne nous faisons donc pas avoir par la rhétorique des partis de l’Arizona qui entendrait récompenser ceux qui travaillent. Le programme de ce gouvernement est bien taillé sur mesure pour les patrons.
Mais il y a bien plus inquiétant. L’Arizona prévoit des économies massives touchant les services publics, comme les soins de santé, les transports (dont la SNCB) et l’accueil des migrants. Ces réductions pèseront sur les revenus des travailleurs à hauteur de 40 euros par mois en 2029.
Enfin, le coup le plus dur proviendra des coupes dans les prestations sociales : pensions, indemnités maladies et allocations de chômage sont visées, avec un impact estimé à 71 euros en moins chaque mois en 2029.
Faisons les comptes : 73 euros par mois potentiels de gain en 2029 mais de l’autre côté, 1400 euros en moyenne par travailleur et par an de pertes dues aux augmentations d’impôts, aux coupes dans les services publics et dans la Sécurité sociale. Bien loin des 450 euros nets promis par Les Engagés en campagne. Au final, l’Arizona prend en fait au travailleur 523 euros en moyenne par an.
Ne nous faisons donc pas avoir par la rhétorique des partis de l’Arizona qui entendrait récompenser ceux qui travaillent. Le programme de ce gouvernement est bien taillé sur mesure pour les patrons. Dès 2025, un nouveau cadeau de 1 milliards de réductions de cotisations sociales patronales est accordé aux entreprises.
Si on analyse là où on va chercher l’argent pour la dernière année de la législature, on se rend bien compte que le gouvernement s’attaque à la classe travailleuse : près de la moitié de l’effort (46%) repose sur les épaules des travailleurs, 41% vient des hypothétiques « effets retour » de la politique du gouvernement tandis que les entreprises et les plus riches ne supportent, ensemble, que 5% de l’effort.2
Si certains avaient encore des doutes, le masque est maintenant tombé : le programme de l’Arizona est une attaque massive contre l’ensemble des travailleurs, y compris dans sa réforme fiscale.
