Alerta Arizona n*15 – Retrouvez les opinions enflammées contre le désert social de De Wever et Bouchez de notre série Alerta Arizona

Début 2025, Le gouvernement Arizona a annoncé qu’il voulait réduire de 25% le budget de la Coopération internationale. L’Arizona voudrait sabrer un quart des financements qui vont aux personnes les plus vulnérables du monde alors que la Belgique alloue moins de 0,5% de son revenu national brut à la Coopération internationale. Une contribution minime pour des résultats pourtant impressionnants. Par exemple, la Coopération internationale a permis de réduire l’extrême pauvreté par deux en trois décennies, d’éradiquer complètement certaines maladies, d’augmenter l’espérance de vie ainsi que le taux d’enfants scolarisés dans le monde.
Une étude a récemment estimé que 22,6 millions de personnes, dont 5,4 millions d’enfants, pourraient mourir d’ici 2030 en raison des coupes budgétaires des États-Unis et de pays européens dans la Coopération internationale. Quand l’Arizona choisit de suivre la même tendance, elle choisit tout simplement de laisser mourir des enfants.
Par ailleurs, ce choix du gouvernement Arizona contribue à l’instabilité croissante du monde. La Coopération internationale est un outil précieux de paix et de stabilité sur le long terme. Quand elle permet d’éradiquer entièrement une maladie à l’autre bout du monde, elle protège notre santé à toutes et tous. Quand elle permet à un pays du Sud d’investir dans des énergies renouvelables plutôt que dans des énergies fossiles, elle stabilise notre climat. Quand elle aide à éviter un conflit, elle construit la paix sur le long terme. Le monde dans lequel nous vivons est complètement interdépendant. Face à l’instabilité mondiale qui augmente dans un monde du repli sur soi, c’est bien la Coopération internationale qui peut apporter des solutions aux problèmes qui traversent les frontières.
Outre le fait qu’elle sauve des vies et qu’elle soit un outil de stabilité mondiale, la Coopération internationale est en plus un investissement stratégique. Prévenir un conflit coûte 16 fois moins cher que de devoir en gérer les conséquences. De même, prévenir une pandémie coûte 500 fois moins cher que de devoir la gérer a posteriori. Ici aussi, la Coopération internationale constitue un outil de prévention intelligent, qui permet d’éviter des catastrophes coûteuses et extrêmement néfastes pour notre planète, notre économie et notre bien-être.
Moins de 5% des dépenses militaires mondiales suffiraient à éradiquer la faim dans le monde
La Coopération internationale c’est aussi une question de démocratie. Selon un sondage récent, les Belges sont deux fois plus nombreux à souhaiter que la Coopération belge au développement augmente, que celles et ceux qui demandent qu’elle ne diminue. Les citoyens belges veulent plus, et pas moins de solidarité internationale.
En termes de chiffres, le budget de la Coopération belge se situe autour de 1 milliard d’euros, que l’Arizona veut en plus raboter d’un quart. En parallèle, l’Arizona veut massivement augmenter le budget de la défense, alors que ce dernier avait déjà doublé de 2017 à 20245, passant de 4 à 8 milliards EUR. Aujourd’hui, le gouvernement Arizona veut faire passer ce budget à plus de 12 milliards d’euros pour atteindre les 2% du PIB en 2025 (soit une augmentation de plus de 4 milliards d’euros en une seule année). Cela ne s’arrête pas là, puisque l’Arizona a également annoncé vouloir atteindre 15 milliards d’euros pour 2034 (2,5% du PIB). L’Arizona voudrait donc financer 15 fois plus la défense que la Coopération internationale, alors que c’est bien cette dernière qui prévient les conflits et construit la paix sur le long terme. En ces temps où les vols de drones peuvent légitimement inquiéter la population, il est utile de rappeler que la défense ne permet, au mieux, que la dissuasion militaire. Ce n’est pas elle qui construit la paix sur le long terme.
Autre comparaison intéressante : actuellement, la Belgique consacre 13 milliards d’euros par an à des subventions pour les combustibles fossiles. Si certaines aides sociales doivent être maintenues, la majeure partie de ces subventions profite à des activités polluantes sans valeur sociale ajoutée et ralentit la transition écologique. Comment justifier de financer 13 fois plus des subventions néfastes qui dérèglent notre climat, plutôt que la Coopération internationale qui finance les énergies renouvelables et de fait, la stabilisation de notre climat ?
Tout est une question de choix politiques. Moins de 5% des dépenses militaires mondiales suffiraient à éradiquer la faim dans le monde. Avec l’équivalent d’un quart seulement des dépenses militaires mondiales, on pourrait éradiquer l’extrême pauvreté, éradiquer le SIDA, éradiquer la polio, et garantir un accès à l’éducation pour toutes les filles de la planète.
Le CNCD-11.11.11 appelle donc le gouvernement Arizona à renoncer aux coupes envisagées de 25% dans la Coopération internationale – mais en plus à refinancer ces budgets pour que la Belgique puisse atteindre l’objectif international de consacrer 0,7% minimum de son revenu national brut à la Coopération au développement. Une telle contribution resterait minime, mais elle montrerait que notre pays veut construire un monde fondé sur la coopération et la solidarité, non pas un monde fondé sur le repli sur soi, l’individualisme ou la loi du plus fort.
