Articles

Géopolitique du génocide

Rafeef Ziadah

+

Nick Buxton

—2 avril 2025

Axés sur la puissance économique et militaire, les enjeux impérialistes de l’Occident ont fait du projet colonialiste d’Israël un levier stratégique pour maintenir leur hégémonie. À l’Union européenne d’en profiter, génocide ou pas.

L’alliance indéfectible entre l’Occident et Israël ne se résume pas à des jeux d’influence ou de lobbying : il s’agit d’un partenariat stratégique fondé sur des objectifs impérialistes communs. Il est essentiel de comprendre ce contexte géopolitique plus large pour construire des alliances, élaborer une stratégie efficace et affronter les systèmes et les acteurs qui soutiennent le projet colonialiste d’Israël.

Nick Buxton : Que révèle le génocide en Palestine sur la géopolitique aujourd’hui ? Qui détient le pouvoir et comment est-il exercé ?

Rafeef Ziadah : Le génocide à Gaza expose la dure réalité de la géopolitique moderne et met en évidence les mécanismes du pouvoir dans un monde façonné par des ambitions impérialistes et une exploitation stratégique des ressources. Au cœur de cette crise, l’alignement des structures de pouvoir occidentales sur le colonialisme de peuplement et l’autoritarisme au Moyen-Orient, ce qui sert à maintenir la domination économique et le contrôle géopolitique.

Le soutien inébranlable des États-Unis et des grandes puissances européennes à Israël est ancré dans leurs intérêts impérialistes de long terme dans la région. En tant que colonie de peuplement, Israël sert d’ancrage pour l’Occident au Moyen-Orient. Ce projet colonialiste n’est pas un phénomène isolé : il s’inscrit dans un objectif de contrôle plus large, travaillant de concert avec les monarchies du Golfe riches en pétrole, telles que l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, pour maintenir un système régional et mondial qui privilégie la puissance économique et militaire de l’Occident.

Rafeef Ziadah est une poète, syndicaliste et chercheuse palestinienne. Basée à Londres, elle est également conférencière au King’s College. Ses recherches portent principalement sur l’économie politique, le genre et la race.

Des ententes telles que les accords de normalisation entre Israël et plusieurs pays du Golfe reflètent une consolidation des forces visant à marginaliser entièrement la libération palestinienne et à garantir le statu quo de l’autoritarisme et de l’extraction des ressources aux dépens des peuples de la région. Bien que le génocide ait remis en question ce projet, il est peu probable qu’il soit abandonné et il refera très probablement surface sous une autre forme.

La lutte palestinienne est dépolitisée lorsque la question est abordée uniquement sous l’angle des droits humains.

Il est essentiel de replacer cette crise dans son contexte historique, notamment en analysant le rôle des accords d’Oslo et l’illusion d’une solution à deux États. Ces accords ont cherché à transformer la lutte pour la libération palestinienne en un projet de construction d’un État limité à la Cisjordanie et à Gaza, en effaçant délibérément la réalité territoriale plus large d’Israël en tant que colonisateur.

 

Désolé, cet article est réservé aux membres. Abonnez-vous ou Connectez-vous si vous avez déjà un compte.