{"id":45113,"date":"2023-08-31T17:17:19","date_gmt":"2023-08-31T15:17:19","guid":{"rendered":"https:\/\/lavamedia.be\/?p=45113"},"modified":"2024-11-15T09:57:04","modified_gmt":"2024-11-15T07:57:04","slug":"sans-papiers-etres-humains-et-travailleurs","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lavamedia.be\/fr\/sans-papiers-etres-humains-et-travailleurs\/","title":{"rendered":"Sans-papiers : \u00eatres humains et travailleurs"},"content":{"rendered":"<p>Le d\u00e9bat sur les sans-papiers se limite trop souvent \u00e0 une discussion entre l&rsquo;extr\u00eame droite, qui veut \u00ab\u00a0prot\u00e9ger\u00a0\u00bb les fronti\u00e8res, et la gauche humanitaire. Notre politique migratoire devrait prot\u00e9ger les droits humains, or l&rsquo;humanitarisme se r\u00e9v\u00e8le insuffisant pour atteindre cet objectif.<\/p>\n<img decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-45115\" src=\"https:\/\/lavamedia.be\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Lava-MAGMA-artcl-webs-redkitten-TRK010webh8B1.png\" alt=\"\" width=\"1928\" height=\"1350\" \/>\n<p>Les sans-papiers sont des personnes qui ne poss\u00e8dent pas de titre de s\u00e9jour en r\u00e8gle. Concr\u00e8tement, il s&rsquo;agit des personnes qui ont immigr\u00e9 en Belgique par des voies ill\u00e9gales, des personnes qui ont prolong\u00e9 leur s\u00e9jour au-del\u00e0 de la dur\u00e9e autoris\u00e9e par leur permis de s\u00e9jour ou des personnes dont la demande d&rsquo;asile a \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9e et qui restent n\u00e9anmoins en Belgique. Selon une enqu\u00eate r\u00e9cente, 112.000 personnes au total se trouveraient dans cette situation en Belgique. <span id='easy-footnote-1-45113' class='easy-footnote-margin-adjust'><\/span><span class='easy-footnote'><a href='https:\/\/lavamedia.be\/fr\/sans-papiers-etres-humains-et-travailleurs\/#easy-footnote-bottom-1-45113' title='Dries De Smet, \u2018Alle sans-papiers in Belgi\u00eb samen vormen een stad zo groot als Brugge\u2019, &lt;em&gt;De Standaard&lt;\/em&gt;, 12 avril 2023, sec. Binnenland, https:\/\/www.standaard.be\/cnt\/dmf20230411_96637282.'><sup>1<\/sup><\/a><\/span> Ces personnes ne jouissent d&rsquo;aucun droit civil, ne peuvent ouvrir de compte bancaire, n&rsquo;ont pas droit \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 sociale et peuvent \u00eatre arr\u00eat\u00e9es et expuls\u00e9es \u00e0 tout moment. Telle est la r\u00e9alit\u00e9 v\u00e9cue par toute une cat\u00e9gorie de personnes depuis 1973.<\/p>\n<p>Dans le m\u00eame temps, il est difficile pour ces personnes de s&rsquo;affranchir de leur condition. Depuis 1981, la Belgique dispose d&rsquo;une loi permettant aux sans-papiers de r\u00e9gulariser leur situation. Les conditions \u00e0 remplir sont cependant tellement vagues et al\u00e9atoires que les sans-papiers se retrouvent \u00e0 la merci de d\u00e9cisions arbitraires.<\/p>\n<h2><strong>L&rsquo;humanitarisme<\/strong><\/h2>\n<figure id=\"attachment_44045\" aria-describedby=\"caption-attachment-44045\" style=\"width: 476px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img decoding=\"async\" class=\"size-thumbnail wp-image-44045\" src=\"https:\/\/lavamedia.be\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/Puystiens_Gil-476x400.jpg\" alt=\"\" width=\"476\" height=\"400\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-44045\" class=\"wp-caption-text\">Gil Puystiens est \u00e9tudiant en master d&rsquo;histoire \u00e0 la KULeuven.<\/figcaption><\/figure>\n<p>La situation des sans-papiers a suscit\u00e9 beaucoup d&rsquo;indignation. Non seulement de la part des sans-papiers eux-m\u00eames, mais aussi de diff\u00e9rentes organisations de la soci\u00e9t\u00e9 civile. C&rsquo;est surtout \u00e0 partir des ann\u00e9es 1990 que la col\u00e8re face \u00e0 cette situation inhumaine s&rsquo;est intensifi\u00e9e. L&rsquo;\u00e9v\u00e9nement qui a mis le feu aux poudres a \u00e9t\u00e9 l&rsquo;assassinat par des gendarmes de la jeune Nig\u00e9riane Semira Adamu, le 22 septembre 1998, lors d&rsquo;une d\u00e9portation forc\u00e9e. Soudain, la r\u00e9alit\u00e9 de milliers de sans-papiers \u00e9clatait au grand jour. Diverses organisations, telles que l&rsquo;ASBL CIR\u00e9 (Coordination et initiatives pour r\u00e9fugi\u00e9s et \u00e9trangers) ont men\u00e9 des actions aux c\u00f4t\u00e9s des syndicats et des \u00e9tudiants pour tenter d&rsquo;am\u00e9liorer la situation. En 1999, le gouvernement arc-en-ciel de Guy Verhofstadt a finalement pris des mesures pour r\u00e9gulariser 38.000 personnes.<span id='easy-footnote-2-45113' class='easy-footnote-margin-adjust'><\/span><span class='easy-footnote'><a href='https:\/\/lavamedia.be\/fr\/sans-papiers-etres-humains-et-travailleurs\/#easy-footnote-bottom-2-45113' title='Martin Baldwin-Edwards et Albert Kraler, &lt;em&gt;Regine : Regularisations in Europe.&lt;\/em&gt;(Amsterdam : Pallas, 2009), 193.'><sup>2<\/sup><\/a><\/span><\/p>\n<p>Il faut tout de fois souligner que cette lutte, de m\u00eame que les d\u00e9cisions du gouvernement, ont \u00e9t\u00e9 inspir\u00e9es par des consid\u00e9rations humanitaires. Notamment, les r\u00e9v\u00e9lations sur les cas de personnes se trouvant depuis des ann\u00e9es en proc\u00e9dure d&rsquo;asile en Belgique. Ce sont ces personnes qui seraient les principales b\u00e9n\u00e9ficiaires de la vague de r\u00e9gularisation. Le probl\u00e8me n&rsquo;a donc pas \u00e9t\u00e9 r\u00e9solu. Il s&rsquo;agissait d&rsquo;une mesure temporaire qui ne visait qu&rsquo;une cat\u00e9gorie sp\u00e9cifique de sans-papiers. La plupart des demandeurs qui se sont vus exclus de la vague de r\u00e9gularisation \u00e9taient des personnes dont la proc\u00e9dure d&rsquo;asile trainait en longueur ou avait expir\u00e9. Elles ont v\u00e9cu cette situation comme une d\u00e9consid\u00e9ration profonde et ont d\u00e9nonc\u00e9 les accents paternalistes de la mesure.\u00a0 Mais pourquoi tant de personnes sont-elles rest\u00e9es sur le carreau ? Selon Mohamed, un militant qui n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 r\u00e9gularis\u00e9, la r\u00e9ponse \u00e0 cette question se trouve dans notre syst\u00e8me \u00e9conomique.<\/p>\n<h2><strong>Migration et capitalisme<\/strong><\/h2>\n<p>Pour augmenter les profits, il existe plusieurs dynamiques dans le capitalisme. La premi\u00e8re est la formation d&rsquo;une arm\u00e9e de r\u00e9serve industrielle compos\u00e9e de ch\u00f4meurs. Marx a d\u00e9j\u00e0 analys\u00e9 que l&rsquo;existence d&rsquo;un grand nombre de ch\u00f4meurs augmente la concurrence au sein de la classe travailleuse. Si, pour chaque travailleur, il y a toujours un ch\u00f4meur pr\u00eat \u00e0 le remplacer, le capitaliste est bien mieux arm\u00e9 pour imposer des conditions de travail constamment revues \u00e0 la baisse. C&rsquo;est \u00e9galement dans cette perspective qu&rsquo;il convient d&rsquo;envisager la vague de migration de main-d&rsquo;\u0153uvre apr\u00e8s la Seconde Guerre mondiale. Le nombre de ch\u00f4meurs en Belgique a diminu\u00e9 et la demande de main-d&rsquo;\u0153uvre a explos\u00e9.<\/p>\n<blockquote><p>Leur statut n&rsquo;engendre pas seulement une \u00e9norme incertitude, mais exacerbe \u00e9galement la concurrence entre les travailleurs.<\/p><\/blockquote>\n<p>Mais tout change dans les ann\u00e9es 70. La crise \u00e9conomique a \u00e9galement touch\u00e9 la Belgique, entra\u00eenant \u00e0 terme une augmentation du taux de ch\u00f4mage. Pour ne rien arranger, de plus en plus de travailleurs immigr\u00e9s se sont syndiqu\u00e9s, rendant le syst\u00e8me de migration pour la main d\u2019\u0153uvre moins attrayant. Ce n&rsquo;est pas une co\u00efncidence s&rsquo;il s&rsquo;agit de la p\u00e9riode dite de \u00ab\u00a0l&rsquo;arr\u00eat de l&rsquo;immigration\u00a0\u00bb. Contrairement \u00e0 ce que son nom sugg\u00e8re, le but n&rsquo;\u00e9tait pas d&rsquo;arr\u00eater l&rsquo;immigration. Ce qui \u00e9tait recherch\u00e9 \u00e0 travers cette mesure c&rsquo;\u00e9tait l&rsquo;arr\u00eat (en grande partie) de la migration organis\u00e9e de la main-d&rsquo;\u0153uvre. En outre, et c&rsquo;est peut-\u00eatre le point le plus important, l&rsquo;arr\u00eat de l&rsquo;immigration a \u00e9galement criminalis\u00e9 toutes les migrations irr\u00e9guli\u00e8res (main-d&rsquo;\u0153uvre). De fait, au cours des ann\u00e9es qui ont pr\u00e9c\u00e9d\u00e9, de nombreuses personnes ont migr\u00e9 vers la Belgique par des voies non officielles. Elles ont trouv\u00e9 du travail relativement facilement et ont pu r\u00e9gulariser leur situation. Suite \u00e0 l&rsquo;instauration de l&rsquo;arr\u00eat de l&rsquo;immigration, cela est devenu quasiment impossible et de nombreux canaux officiels de migration de main-d&rsquo;\u0153uvre ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 ferm\u00e9s. \u00c0 partir de l\u00e0, les migrants en situation irr\u00e9guli\u00e8re avaient peu de chances de pouvoir r\u00e9gulariser leur situation, et couraient en outre le risque d&rsquo;\u00eatre expuls\u00e9s.<\/p>\n<p>C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;une deuxi\u00e8me arm\u00e9e de r\u00e9serve industrielle a \u00e9t\u00e9 constitu\u00e9e. Certes, il y avait encore des milliers de travailleurs migrants, mais ceux-ci n&rsquo;avaient d\u00e9sormais plus droit \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 sociale, \u00e0 la syndicalisation et aux assurances. Par ailleurs, le risque d&rsquo;expulsion a pour effet de r\u00e9duire au silence de nombreux sans-papiers. Ainsi, il existe tout un groupe de travailleurs actifs dans les secteurs de la construction, de l&rsquo;h\u00f4tellerie et du nettoyage qui peuvent \u00eatre exploit\u00e9s pour accro\u00eetre la concurrence entre les travailleurs de ces secteurs. Et nombreux sont les employeurs qui ont su tirer parti de ces sans-papiers. Une main-d&rsquo;\u0153uvre quasi gratuite et des risques quasi inexistants. L&rsquo;historienne des migrations Sara Cosemans d\u00e9crit cette dynamique comme l&rsquo;introduction du n\u00e9olib\u00e9ralisme dans le droit des migrations. Le point essentiel est que le recours \u00e0 la main-d&rsquo;\u0153uvre \u00e9trang\u00e8re est consid\u00e9r\u00e9 sous un angle positif, alors qu&rsquo;il est hors de question d&rsquo;accorder des droits de citoyennet\u00e9 aux \u00e9trangers.<span id='easy-footnote-3-45113' class='easy-footnote-margin-adjust'><\/span><span class='easy-footnote'><a href='https:\/\/lavamedia.be\/fr\/sans-papiers-etres-humains-et-travailleurs\/#easy-footnote-bottom-3-45113' title='Sara Cosemans, \u00ab\u00a0Undesirable British East African Asians. Nationality, Statelessness, and Refugeehood after Empire\u2019, &lt;em&gt;Immigrants &amp;amp; Minorities&lt;\/em&gt; 40, n\u00b0 1-2 (4 mai 2022): 210-39, https:\/\/doi.org\/10.1080\/02619288.2021.1967752.'><sup>3<\/sup><\/a><\/span> Cette id\u00e9e a domin\u00e9 la politique migratoire belge depuis les ann\u00e9es 1970.<\/p>\n<h2><strong>\u00ab Nous sommes des travailleurs sans papiers \u00bb<\/strong><\/h2>\n<p>Les accents paternalistes de la vague de r\u00e9gularisation de 2000, outre le fait que de nombreux sans-papiers soient rest\u00e9s condamn\u00e9s \u00e0 cette deuxi\u00e8me arm\u00e9e de r\u00e9serve, ont suscit\u00e9 des frustrations grandissantes. C&rsquo;est aussi ce qui a conduit \u00e0 la mise sur pied, en 2005, de l&rsquo;Union pour la d\u00e9fense des sans-papiers (UDEP). Certaines diff\u00e9rences majeures sont toutefois \u00e0 noter par rapport \u00e0 la situation qui pr\u00e9valait quelques ann\u00e9es plus t\u00f4t. Non seulement l&rsquo;initiative venait d\u00e9sormais des sans-papiers eux-m\u00eames, mais l&rsquo;approche \u00e9tait \u00e9galement diff\u00e9rente. L&rsquo;UDEP ne voulait pas faire de distinction entre les personnes en proc\u00e9dure d&rsquo;asile et les autres sans-papiers. Au lieu d&rsquo;une approche humanitaire, elle voulait une approche de classe.<\/p>\n<p>Dans une interview, son cofondateur Ali Guiss\u00e9 explique pourquoi cela \u00e9tait si important. D\u00e8s le d\u00e9part, l&rsquo;UDEP s&rsquo;est engag\u00e9e dans la lutte contre le travail non d\u00e9clar\u00e9 et pour les droits sociaux. Elle agissait selon le principe que la lutte contre le travail non d\u00e9clar\u00e9 \u00e9tait positive pour l&rsquo;ensemble de la classe travailleuse belge, notamment parce qu&rsquo;elle permettait de r\u00e9duire la concurrence entre les travailleurs. C&rsquo;est pourquoi d\u00e8s le d\u00e9but, un rapprochement intense a \u00e9t\u00e9 op\u00e9r\u00e9 avec les syndicats belges, et les militants de l&rsquo;UDEP se sont rendus sur les piquets de gr\u00e8ve \u00e0 l&rsquo;a\u00e9roport de Zaventem, par exemple.<\/p>\n<blockquote><p>Plus que des personnes sans-papiers, nous sommes des travailleurs sans-papiers<\/p><\/blockquote>\n<p>En collaboration avec les syndicats, les organisations de la soci\u00e9t\u00e9 civile comme le CIR\u00e9 et les avocats du Progress Lawyers Network, l&rsquo;UDEP a r\u00e9dig\u00e9 une proposition de loi. Ils voulaient ainsi introduire une loi qui mettrait fin au caract\u00e8re arbitraire de la proc\u00e9dure de r\u00e9gularisation.<span id='easy-footnote-4-45113' class='easy-footnote-margin-adjust'><\/span><span class='easy-footnote'><a href='https:\/\/lavamedia.be\/fr\/sans-papiers-etres-humains-et-travailleurs\/#easy-footnote-bottom-4-45113' title='6 PROGRESS Lawyers Network, Migratiebeleid, regularisatie en respect voor de fundamentele rechten: syllabus, Politique d&amp;rsquo;immigration, r\u00e9gularisation et droits fondamentaux : syllabus, PROGRESS Lawyers Network (Anvers) [aut] (Anvers : Jespers, 2006), 177-93.'><sup>4<\/sup><\/a><\/span> Il faut \u00e9galement souligner que le projet de loi ne visait pas seulement les personnes en proc\u00e9dure d&rsquo;asile, mais aussi et surtout les personnes travaillant en Belgique. \u00ab\u00a0Plus que des personnes sans-papiers, nous sommes des travailleurs sans papiers\u00a0\u00bb, r\u00e9sume Ali Guiss\u00e9.<\/p>\n<p>Le combat de l&rsquo;UDEP sera payant : au cours de la p\u00e9riode 2009-2011, quelque 26.000 personnes ont re\u00e7u des papiers sur la base de crit\u00e8res humanitaires.<span id='easy-footnote-5-45113' class='easy-footnote-margin-adjust'><\/span><span class='easy-footnote'><a href='https:\/\/lavamedia.be\/fr\/sans-papiers-etres-humains-et-travailleurs\/#easy-footnote-bottom-5-45113' title='\u2018Jaarverslag migratie 2011\u2019, Myria, geraadpleegd 28 mai 2023, https:\/\/www.myria.be\/nl\/publicaties\/jaarverslag-migratie-2011.'><sup>5<\/sup><\/a><\/span> La proposition de loi de l&rsquo;UDEP n&rsquo;a cependant pas \u00e9t\u00e9 approuv\u00e9e. Ainsi, pour la grande majorit\u00e9 des sans-papiers, aucune solution durable n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9e. Ces personnes continuent de vivre dans l&rsquo;incertitude la plus totale. Diverses mesures ont donc \u00e9t\u00e9 prises depuis 2009. La plupart d&rsquo;entre elles partageaient le m\u00eame objectif et la m\u00eame approche : une modification de la loi pour r\u00e9gulariser la situation de milliers de travailleurs sans papiers.\u00a0 L&rsquo;ann\u00e9e derni\u00e8re, l&rsquo;initiative citoyenne In My Name a atteint la Chambre apr\u00e8s que des milliers de personnes aient sign\u00e9 sa p\u00e9tition en faveur de l&rsquo;adoption d&rsquo;une loi qui pr\u00e9voit exactement ce que l&rsquo;on tente de faire depuis 2009 : en finir avec le caract\u00e8re arbitraire de la proc\u00e9dure de r\u00e9gularisation. Malgr\u00e9 le soutien de la rue, la loi n&rsquo;a toujours pas \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9e. La lutte pour les droits des sans-papiers et contre le dumping social est donc loin d&rsquo;\u00eatre gagn\u00e9e.<\/p>\n<h2><strong>La lutte des sans-papiers est l&rsquo;affaire de toute la classe travailleuse<\/strong><\/h2>\n<p>La situation des sans-papiers en Belgique est d\u00e9sastreuse, on pourrait parler d&rsquo;esclavage moderne. Il y a beaucoup plus \u00e0 dire sur les causes des migrations que ce qui a \u00e9t\u00e9 dit ici. Cependant, si une chose est claire sur la situation des sans-papiers en Belgique aujourd&rsquo;hui, c&rsquo;est bien qu&rsquo;une vision humanitaire ne suffit pas. Les sans-papiers font partie de la classe travailleuse belge. Chaque jour, des milliers de sans-papiers contribuent \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 belge : qu&rsquo;ils et elles soient ouvriers du b\u00e2timent, nettoyeurs ou techniciens, ils et elles travaillent parfois jusqu&rsquo;\u00e0 16 heures par jour, pour les salaires les plus bas, et n&rsquo;ont pourtant aucun droit. Leur statut, qui est d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment cr\u00e9\u00e9 et maintenu, n&rsquo;engendre pas seulement une \u00e9norme incertitude, mais exacerbe \u00e9galement la concurrence entre les travailleurs. Pour toutes ces raisons, nous devons \u00e0 tout prix \u00eatre solidaires des luttes des travailleurs sans papiers.<a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\"><\/a><\/p>\n<h5>Cet article parait dans Magma, la rubrique jeune de Lava Media. Retrouvez tous les articles de la rubrique :\u00a0<a href=\"https:\/\/lavamedia.be\/fr\/category\/articles-fr\/magma-fr\/\">https:\/\/lavamedia.be\/fr\/category\/articles-fr\/magma-fr\/\u00a0<\/a><\/h5>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le d\u00e9bat sur les sans-papiers se limite trop souvent \u00e0 une discussion entre l&rsquo;extr\u00eame droite, qui veut \u00ab\u00a0prot\u00e9ger\u00a0\u00bb les fronti\u00e8res, et la gauche humanitaire. Notre politique migratoire devrait prot\u00e9ger les droits humains, or l&rsquo;humanitarisme se r\u00e9v\u00e8le insuffisant pour atteindre cet objectif.<\/p>\n","protected":false},"author":2365,"featured_media":45115,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[17,3546],"tags":[3247,3816,3326],"class_list":["post-45113","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-articles-fr","category-magma-fr","tag-europe","tag-gil-puystiens-fr","tag-immigration"],"acf":[],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/lavamedia.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/45113","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/lavamedia.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/lavamedia.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lavamedia.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2365"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lavamedia.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=45113"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/lavamedia.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/45113\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":51128,"href":"https:\/\/lavamedia.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/45113\/revisions\/51128"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lavamedia.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/45115"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/lavamedia.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=45113"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/lavamedia.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=45113"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/lavamedia.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=45113"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}