{"id":37034,"date":"2021-12-03T15:50:42","date_gmt":"2021-12-03T13:50:42","guid":{"rendered":"https:\/\/lavamedia.be\/?p=37034"},"modified":"2022-09-27T15:31:35","modified_gmt":"2022-09-27T13:31:35","slug":"la-reprise-avortee-du-capitalisme-en-temps-de-crise-sanitaire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lavamedia.be\/fr\/la-reprise-avortee-du-capitalisme-en-temps-de-crise-sanitaire\/","title":{"rendered":"La reprise avort\u00e9e du capitalisme en temps de crise sanitaire"},"content":{"rendered":"<p>Avec l&rsquo;avancement de la campagne de vaccination et la reprise des activit\u00e9s \u00e9conomiques, les perspectives de croissance \u00e9taient au beau fixe. Mais sans sp\u00e9culer sur ce qui se passera dans les mois \u00e0 venir, on peut d\u00e9j\u00e0 constater que trois s\u00e9rieux probl\u00e8mes entravent la relance capitaliste.<\/p>\n<img decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-37037\" src=\"https:\/\/lavamedia.be\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/world-map-corombo.jpg\" alt=\"\" width=\"2400\" height=\"1600\" \/>\n<p>Il y a tout juste quelques mois, les entreprises et les gouvernements des pays d\u00e9velopp\u00e9s surfaient sur une vague d&rsquo;optimisme. Avec l&rsquo;avancement de la campagne de vaccination et la reprise des activit\u00e9s \u00e9conomiques, les perspectives de croissance \u00e9taient au beau fixe. Mais depuis quelques semaines, des nuages s&rsquo;amoncellent sur ce ciel bleu. En Allemagne, la locomotive \u00e9conomique europ\u00e9enne, les perspectives de croissance viennent en effet d&rsquo;\u00eatre rabaiss\u00e9es \u00e0 2,4% pour cette ann\u00e9e, contre 3,7% il y a encore quelques mois<span id='easy-footnote-1-37034' class='easy-footnote-margin-adjust'><\/span><span class='easy-footnote'><a href='https:\/\/lavamedia.be\/fr\/la-reprise-avortee-du-capitalisme-en-temps-de-crise-sanitaire\/#easy-footnote-bottom-1-37034' title='C\u00e9cile Boutelet, \u00abLes p\u00e9nuries brident la reprise allemande\u00bb, &lt;em&gt;Le Monde&lt;\/em&gt;, 14 octobre 2021. &lt;a href=&quot;https:\/\/www.lemonde.fr\/economie\/article\/2021\/10\/14\/les-penuries-brident-la-reprise-allemande_6098400_3234.html&quot;&gt;https:\/\/www.lemonde.fr\/economie\/article\/2021\/10\/14\/les-penuries-brident-la-reprise-allemande_6098400_3234.html&lt;\/a&gt;.'><sup>1<\/sup><\/a><\/span>. Et au niveau mondial, le FMI a quant \u00e0 lui r\u00e9vis\u00e9 ses pr\u00e9visions de croissance \u00e0 la baisse pour toute une liste de pays<span id='easy-footnote-2-37034' class='easy-footnote-margin-adjust'><\/span><span class='easy-footnote'><a href='https:\/\/lavamedia.be\/fr\/la-reprise-avortee-du-capitalisme-en-temps-de-crise-sanitaire\/#easy-footnote-bottom-2-37034' title='Fonds Mon\u00e9taire International, \u00abPerspectives de l&amp;rsquo;\u00e9conomie mondiale\u00bb, octobre 2021. &lt;a href=&quot;https:\/\/www.imf.org\/fr\/Publications\/WEO\/Issues\/2021\/10\/12\/world-economic-outlook-october-2021&quot;&gt;https:\/\/www.imf.org\/fr\/Publications\/WEO\/Issues\/2021\/10\/12\/world-economic-outlook-october-2021&lt;\/a&gt;.'><sup>2<\/sup><\/a><\/span>. Doit-on en conclure, comme le fait le magazine financier am\u00e9ricain Bloomberg, que la meilleure partie de la reprise est donc termin\u00e9e<span id='easy-footnote-3-37034' class='easy-footnote-margin-adjust'><\/span><span class='easy-footnote'><a href='https:\/\/lavamedia.be\/fr\/la-reprise-avortee-du-capitalisme-en-temps-de-crise-sanitaire\/#easy-footnote-bottom-3-37034' title='Enda Curran &amp;amp; Rich Miller, \u00abThe Global Economic Recovery is Slowing from a Bounce to a Grind\u00bb, &lt;em&gt;Bloomberg&lt;\/em&gt;, 30 septembre 2021. &lt;a href=&quot;https:\/\/www.bloomberg.com\/news\/articles\/2020-09-30\/the-global-economic-recovery-has-slowed-from-a-bounce-to-a-grind&quot;&gt;https:\/\/www.bloomberg.com\/news\/articles\/2020-09-30\/the-global-economic-recovery-has-slowed-from-a-bounce-to-a-grind&lt;\/a&gt;.'><sup>3<\/sup><\/a><\/span> ? Sur fond de quatri\u00e8me vague pand\u00e9mique qui commence, ce n&rsquo;est pas improbable. Mais sans sp\u00e9culer sur ce qui se passera dans les mois \u00e0 venir, on peut d\u00e9j\u00e0 constater que trois s\u00e9rieux probl\u00e8mes entravent la relance capitaliste.<\/p>\n<h2>La crise de la reprise<\/h2>\n<p>Tout d&rsquo;abord, le ph\u00e9nom\u00e8ne le plus visible de cette reprise est l&rsquo;inflation, c&rsquo;est-\u00e0-dire la hausse g\u00e9n\u00e9rale des prix : sur un an, ceux-ci ont en effet augment\u00e9 de plus de 4% en zone euro. Cette hausse des prix, qui n&rsquo;est probablement pas termin\u00e9e, a proc\u00e9d\u00e9 en deux \u00e9tapes. D&rsquo;abord, elle s&rsquo;est manifest\u00e9e de mani\u00e8re cibl\u00e9e avec une augmentation spectaculaire du co\u00fbt des mati\u00e8res premi\u00e8res \u00e0 partir du printemps 2021. En moins d&rsquo;un an, le prix du gaz \u00e0 l&rsquo;importation a ainsi augment\u00e9 de 500% en Europe, tandis que le baril de p\u00e9trole a pris 150% au niveau global. Du c\u00f4t\u00e9 des m\u00e9taux industriels, les prix sont \u00e0 leur plus haut en 10 ans, et l&rsquo;indice des prix agricoles approche quant \u00e0 lui de son record historique<span id='easy-footnote-4-37034' class='easy-footnote-margin-adjust'><\/span><span class='easy-footnote'><a href='https:\/\/lavamedia.be\/fr\/la-reprise-avortee-du-capitalisme-en-temps-de-crise-sanitaire\/#easy-footnote-bottom-4-37034' title='Christian de Perthuis, \u00ab\u00a0L&amp;rsquo;inqui\u00e9tante flamb\u00e9e des prix des mati\u00e8res agricoles\u00a0\u00bb, &lt;i&gt;The Conversation&lt;\/i&gt;, 24 octobre 2021. &lt;a href=&quot;https:\/\/theconversation.com\/linquietante-flambee-des-prix-des-matieres-agricoles-170493&quot;&gt;https:\/\/theconversation.com\/linquietante-flambee-des-prix-des-matieres-agricoles-170493&lt;\/a&gt;.'><sup>4<\/sup><\/a><\/span>. En tant que telles, ces hausses du co\u00fbt des mati\u00e8res premi\u00e8res p\u00e8sent d\u00e9j\u00e0 s\u00e9rieusement sur les bilans des entreprises industrielles et sur le portefeuille des m\u00e9nages, surtout \u00e0 l&rsquo;approche de l&rsquo;hiver. Mais le probl\u00e8me, c&rsquo;est qu&rsquo;elles sont aujourd&rsquo;hui en train de se transmettre progressivement aux prix de tous les autres biens via le commerce entre firmes. L&rsquo;augmentation des co\u00fbts du transport de marchandises en est le sympt\u00f4me : du fait de l&rsquo;augmentation des prix du carburant (et d&rsquo;autre facteurs), le co\u00fbt d&rsquo;un container interoc\u00e9anique \u00e0 destination de l&rsquo;Europe depuis l&rsquo;Asie est en effet 560% plus cher aujourd&rsquo;hui qu&rsquo;il y a un an<span id='easy-footnote-5-37034' class='easy-footnote-margin-adjust'><\/span><span class='easy-footnote'><a href='https:\/\/lavamedia.be\/fr\/la-reprise-avortee-du-capitalisme-en-temps-de-crise-sanitaire\/#easy-footnote-bottom-5-37034' title='Ethan Buchman, \u00ab Shipping &amp;amp; Freight Costs, Freight Capacity and Shipping Container Shortage 2021 \u00bb, &lt;em&gt;Freightos&lt;\/em&gt;, 30 octobre 2021. &lt;a href=&quot;https:\/\/www.freightos.com\/freight-resources\/coronavirus-updates\/&quot;&gt;https:\/\/www.freightos.com\/freight-resources\/coronavirus-updates\/&lt;\/a&gt;.'><sup>5<\/sup><\/a><\/span>. Au bout du compte, aucune firme n&rsquo;est donc v\u00e9ritablement \u00e9pargn\u00e9e. Certaines choisissent de r\u00e9percuter la hausse des co\u00fbts sur les prix de leurs produits, reportant la pression sur les consommateurs. D&rsquo;autres, craignant de perdre leurs clients, l&rsquo;absorbent en diminuant leurs marges b\u00e9n\u00e9ficiaires. D&rsquo;autre enfin sont carr\u00e9ment oblig\u00e9es d&rsquo;arr\u00eater de produire par mesure d&rsquo;\u00e9conomie. Dans les trois cas, cela ne favorise pas une reprise \u00e9conomique en fanfare.<\/p>\n<blockquote><p>En moins d&rsquo;un an, le prix du gaz \u00e0 l&rsquo;importation a augment\u00e9 de 500% en Europe, tandis que le baril de p\u00e9trole a pris 150% au niveau global.<\/p><\/blockquote>\n<figure id=\"attachment_13372\" aria-describedby=\"caption-attachment-13372\" style=\"width: 201px\" class=\"wp-caption alignright\"><img decoding=\"async\" class=\" wp-image-13372\" src=\"https:\/\/lavamedia.be\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/Dupont_MartinBW1.png\" alt=\"Martin Dupont\" width=\"201\" height=\"201\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-13372\" class=\"wp-caption-text\">Martin Dupont a \u00e9tudi\u00e9 l\u2019\u00e9conomie politique \u00e0 l\u2019UCLouvain et \u00e0 l\u2019universit\u00e9 Sorbonne Paris Nord. Il est membre fondateur de Rethinking Economics Belgium.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Deuxi\u00e8me probl\u00e8me, \u00e9troitement li\u00e9 au pr\u00e9c\u00e9dent : les p\u00e9nuries et les difficult\u00e9s d&rsquo;approvisionnement. Celles-ci touchent non seulement les mati\u00e8res premi\u00e8res, comme certains types de bois et de m\u00e9taux, mais aussi des composants industriels comme les puces \u00e9lectroniques et certains plastiques. Ces blocages s&rsquo;expliquent par une diversit\u00e9 de facteurs, mais globalement, leur cause commune est que les cha\u00eenes de production et certains noeuds logistiques mondiaux continuent d&rsquo;\u00eatre perturb\u00e9s par le virus alors que dans le m\u00eame temps, les entreprises occidentales cherchent \u00e0 reconstituer leurs stocks. R\u00e9sultat : on se retrouve avec des multinationales \u00e0 l&rsquo;arr\u00eat. L&rsquo;exemple le plus frappant est probablement la production automobile, o\u00f9 on s&rsquo;attend \u00e0 des pertes de 210 milliards de dollars cette ann\u00e9e au niveau mondial, puisque toutes les grandes firmes ont \u00e9t\u00e9 forc\u00e9es de diminuer leur production \u00e0 cause de la p\u00e9nurie de puces, avec un total de 7,7 millions de v\u00e9hicules ne pouvant pas \u00eatre produits<span id='easy-footnote-6-37034' class='easy-footnote-margin-adjust'><\/span><span class='easy-footnote'><a href='https:\/\/lavamedia.be\/fr\/la-reprise-avortee-du-capitalisme-en-temps-de-crise-sanitaire\/#easy-footnote-bottom-6-37034' title='AlixPartners, cit\u00e9 par CNBC, 23 septembre 2021. &lt;a href=&quot;https:\/\/www.cnbc.com\/2021\/09\/23\/chip-shortage-expected-to-cost-auto-industry-210-billion-in-2021.html&quot;&gt;https:\/\/www.cnbc.com\/2021\/09\/23\/chip-shortage-expected-to-cost-auto-industry-210-billion-in-2021.html&lt;\/a&gt;.'><sup>6<\/sup><\/a><\/span>. Cette situation est aggrav\u00e9e par des p\u00e9nuries de main d&rsquo;oeuvre, en particulier dans l&rsquo;horeca, le nettoyage et la construction, mais aussi dans le transport de marchandises par bateau et par camion. La situation dans les ports du globe est en effet extr\u00eamement tendue puisque aujourd&rsquo;hui, au niveau global, seul 1 navire sur 3 arrive \u00e0 temps<span id='easy-footnote-7-37034' class='easy-footnote-margin-adjust'><\/span><span class='easy-footnote'><a href='https:\/\/lavamedia.be\/fr\/la-reprise-avortee-du-capitalisme-en-temps-de-crise-sanitaire\/#easy-footnote-bottom-7-37034' title='Sea Intelligence, Global Liner Performance Report 122, octobre 2021.'><sup>7<\/sup><\/a><\/span>, tandis qu&rsquo;\u00e0 Anvers par exemple, 1 bateau sur 8 ne peut pas \u00eatre d\u00e9charg\u00e9. Tout cela m\u00e8ne donc \u00e0 des retards d&rsquo;approvisionnement et \u00e0 des produits introuvables dans le commerce malgr\u00e9 la demande persistante des consommateurs, ce qui constitue une autre entrave \u00e0 la reprise des affaires.<\/p>\n<p>Enfin, le dernier probl\u00e8me est que la consommation finale \u2013 qui a certes rebondi tr\u00e8s fort compar\u00e9 \u00e0 l&rsquo;ann\u00e9e derni\u00e8re \u2013 n&rsquo;est d\u00e9j\u00e0 plus si vigoureuse qu&rsquo;il y a quelques mois, et ne sera pas suffisante pour soutenir un red\u00e9marrage \u00e9conomique \u00e0 grande \u00e9chelle. En soi, cette rechute n&rsquo;est pas anormale puisque apr\u00e8s une crise, le ph\u00e9nom\u00e8ne de r\u00e9cup\u00e9ration de la consommation est forc\u00e9ment limit\u00e9 et \u00e9ph\u00e9m\u00e8re. Mais dans ce cas-ci, l&rsquo;incertitude ambiante contribue aussi \u00e0 temp\u00e9rer les choses. Il ne faut pas oublier que la crise a men\u00e9 \u00e0 des pertes de revenu pour beaucoup de gens, et m\u00eame si certains m\u00e9nages ont pu constituer une petite \u00e9pargne pendant la pand\u00e9mie, beaucoup pr\u00e9f\u00e8rent pour l&rsquo;instant conserver une partie de cet argent plut\u00f4t que de le d\u00e9penser aveugl\u00e9ment. Tout cela conduit les gens \u00e0 consommer moins que les entreprises le voudraient. \u00c0 cela s&rsquo;ajoute le fait que les plans de relance des \u00e9tats, et donc les commandes publiques, tardent \u00e0 entrer en oeuvre, mais aussi le constat que les march\u00e9s \u00e9trangers affichent une croissance plus faible que pr\u00e9vu, ce qui prive les firmes exportatrices de certains d\u00e9bouch\u00e9s. R\u00e9sultat des courses\u00a0: les carnets de commande des entreprises ne sont pas si remplis que \u00e7a.<\/p>\n<h2>La faute aux travailleurs\u00a0?<\/h2>\n<p>La reprise capitaliste ne se passe donc pas aussi bien que pr\u00e9vu et dans cette situation, les capitalistes sont \u00e0 l&rsquo;aff\u00fbt. Alors m\u00eame que les perspectives de croissance sont mauvaises, ils voient que les travailleurs sont en col\u00e8re apr\u00e8s cette crise et r\u00e9clament des hausses de salaire et de meilleures conditions de travail, mettant la pression sur leurs profits. Ils voient aussi que l&rsquo;inflation monte alors que les taux d&rsquo;int\u00e9r\u00eat sont proches de z\u00e9ro, ce qui met en p\u00e9ril les rentes du capital financier. Il leur faut donc une strat\u00e9gie pour contre-attaquer, et cette strat\u00e9gie, c&rsquo;est d&rsquo;inculper le monde du travail pour lui faire payer le co\u00fbt de la crise.<\/p>\n<p>L&rsquo;offensive vient de plusieurs fronts. D&rsquo;un c\u00f4t\u00e9, les associations patronales s&rsquo;attaquent aux revendications des travailleurs en pr\u00f4nant la mod\u00e9ration salariale pour traverser cette crise et ne pas perdre en comp\u00e9titivit\u00e9. En Belgique, elles sont aid\u00e9es en cela par la loi de 1996 qui bloque la progression de nos salaires mais, comme si cela ne suffisait pas, l&rsquo;indexation des salaires a elle aussi \u00e9t\u00e9 attaqu\u00e9e d\u00e9but octobre par l&rsquo;ex-ministre N-VA Johan Van Overtveldt<span id='easy-footnote-8-37034' class='easy-footnote-margin-adjust'><\/span><span class='easy-footnote'><a href='https:\/\/lavamedia.be\/fr\/la-reprise-avortee-du-capitalisme-en-temps-de-crise-sanitaire\/#easy-footnote-bottom-8-37034' title='Johan Van Overtveldt, \u00ab\u00a0Als zij het echt meent, dan zal de regering-De Croo de indexkoppeling snel op tafel moeten leggen\u00a0\u00bb, &lt;i&gt;Knack&lt;\/i&gt;, 3 octobre 2021. &lt;a href=&quot;https:\/\/www.knack.be\/nieuws\/belgie\/als-zij-het-echt-meent-dan-zal-de-regering-de-croo-de-indexkoppeling-snel-op-tafel-moeten-leggen\/article-opinion-1785509.html&quot;&gt;https:\/\/www.knack.be\/nieuws\/belgie\/als-zij-het-echt-meent-dan-zal-de-regering-de-croo-de-indexkoppeling-snel-op-tafel-moeten-leggen\/article-opinion-1785509.html&lt;\/a&gt;.'><sup>8<\/sup><\/a><\/span>. D&rsquo;un autre c\u00f4t\u00e9, le patronat tente de faire porter le chapeau \u00e0 la classe travailleuse pour les p\u00e9nuries de main d&rsquo;oeuvre et dans ce contexte, la derni\u00e8re innovation du gouvernement belge pour renforcer la culpabilisation et l&#8217;embrigadement, c&rsquo;est la chasse aux malades de longue dur\u00e9e. Tout se passe comme si rien de tout cela ne r\u00e9sultait des salaires et des conditions de travail ind\u00e9centes des m\u00e9tiers en p\u00e9nurie. Enfin, en parall\u00e8le de ces attaques directes, un troisi\u00e8me front est ouvert : une partie de la bourgeoisie tente de r\u00e9duire le budget consacr\u00e9 aux plans de relance. Ce faisant, son but est de diminuer les d\u00e9penses publiques et de laisser remonter les taux d&rsquo;int\u00e9r\u00eat pour rassurer les cr\u00e9anciers, mais aussi de mettre rapidement la pression sur les d\u00e9penses sociales consenties pendant la crise, nuisant ainsi aux capacit\u00e9s de r\u00e9sistance des travailleurs.<\/p>\n<blockquote><p>La v\u00e9ritable maladie \u00e9conomique dont nous sommes victimes couvait depuis de nombreuses ann\u00e9es et s&rsquo;est d\u00e9clar\u00e9e en 2008 sous forme d&rsquo;un effondrement financier mondial suivi d&rsquo;une longue r\u00e9cession.<\/p><\/blockquote>\n<p>On voit donc que les capitalistes se red\u00e9ploient. Le r\u00e9cit anti-travail qu&rsquo;ils tentent d&rsquo;imposer est omnipr\u00e9sent dans les m\u00e9dias mais ne nous y trompons pas\u00a0: il s&rsquo;agit d&rsquo;une strat\u00e9gie de classe qui vise \u00e0 d\u00e9former la r\u00e9alit\u00e9, pour mieux la transformer ensuite. La v\u00e9rit\u00e9, c&rsquo;est que la situation que nous traversons est une crise syst\u00e9mique. Ce qu&rsquo;elle r\u00e9v\u00e8le, c&rsquo;est donc la fragilit\u00e9 du syst\u00e8me capitaliste mondial et les capacit\u00e9s limit\u00e9es de la bourgeoisie \u00e0 en g\u00e9rer les crises. Les blocages actuels sont dus \u00e0 des contradictions profondes du syst\u00e8me capitaliste global au coeur de cette pand\u00e9mie, et pas aux r\u00e9sistances du camp du travail. Ce dernier doit d\u00e9fendre sa propre analyse et ses propres revendications face \u00e0 cette situation, et ne surtout pas se laisser impressionner par celles de la bourgeoisie.<\/p>\n<h2>Le syst\u00e8me malade de ses propres maux<\/h2>\n<p>Avant toute chose, rappelons que la crise de l&rsquo;\u00e9conomie mondiale que nous traversons actuellement a des causes qui vont bien au-del\u00e0 de la pand\u00e9mie de coronavirus. La v\u00e9ritable maladie \u00e9conomique dont nous sommes victimes couvait depuis de nombreuses ann\u00e9es et s&rsquo;est d\u00e9clar\u00e9e en 2008 sous forme d&rsquo;un effondrement financier mondial suivi d&rsquo;une longue r\u00e9cession. Malgr\u00e9 les injections mon\u00e9taires des banques centrales qui ont ensuite maintenu l&rsquo;\u00e9conomie sur pied pendant dix ans, cela n&rsquo;a pas soign\u00e9 le malade et une r\u00e9cession a frapp\u00e9 \u00e0 nouveau en 2019, plusieurs mois avant l&rsquo;arriv\u00e9e du COVID<span id='easy-footnote-9-37034' class='easy-footnote-margin-adjust'><\/span><span class='easy-footnote'><a href='https:\/\/lavamedia.be\/fr\/la-reprise-avortee-du-capitalisme-en-temps-de-crise-sanitaire\/#easy-footnote-bottom-9-37034' title='Voir : Henri Houben &amp;amp; Jo Cottenier,\u00a0\u00ab Une nouvelle crise est \u00e0 nos portes (grand format)\u00a0\u00bb, &lt;em&gt;Solidaire&lt;\/em&gt;, 12 octobre 2019. &lt;a href=&quot;https:\/\/international.ptb-pvda.be\/fr\/articles\/une-nouvelle-crise-est-nos-portes-grand-format&quot;&gt;https:\/\/international.ptb-pvda.be\/fr\/articles\/une-nouvelle-crise-est-nos-portes-grand-format&lt;\/a&gt;.'><sup>9<\/sup><\/a><\/span>. Les sympt\u00f4mes eux-m\u00eames ne trompaient pas : avec des investissements au point mort et une croissance amorphe, la cause de cette nouvelle r\u00e9cession \u00e9tait une fois encore la tendance r\u00e9currente du capital \u00e0 \u00e9touffer l&rsquo;\u00e9conomie par manque de d\u00e9bouch\u00e9s profitables, et pas un choc externe. Ce que par contre, le choc du coronavirus a bel et bien produit quelques mois plus tard, c&rsquo;est la mutation rapide de ce d\u00e9but de r\u00e9cession en un blocage violent et in\u00e9dit de la production, puis de la consommation, aux cons\u00e9quences plus graves encore que la crise de 2008<span id='easy-footnote-10-37034' class='easy-footnote-margin-adjust'><\/span><span class='easy-footnote'><a href='https:\/\/lavamedia.be\/fr\/la-reprise-avortee-du-capitalisme-en-temps-de-crise-sanitaire\/#easy-footnote-bottom-10-37034' title='Voir\u00a0: Henri Houben, \u00ab\u00a0La transformation de la COVID-19 en crise \u00e9conomique\u00a0\u00bb, &lt;em&gt;Lava Revue&lt;\/em&gt; n\u00b014, 29 septembre 2020. &lt;a href=&quot;https:\/\/lavamedia.be\/fr\/la-transformation-de-la-covid-19-en-crise-economique\/&quot;&gt;https:\/\/lavamedia.be\/fr\/la-transformation-de-la-covid-19-en-crise-economique\/&lt;\/a&gt;.'><sup>10<\/sup><\/a><\/span>.<\/p>\n<p>Voil\u00e0 de quoi le syst\u00e8me tente aujourd&rsquo;hui de se remettre \u00e0 grand renfort de plans de relance \u00e9tatique. Et si il ne s&rsquo;en remet pas aussi bien que pr\u00e9vu, c&rsquo;est pour trois raisons principales.<\/p>\n<p>En premier lieu, ce que nous constatons aujourd&rsquo;hui, c&rsquo;est que la globalisation capitaliste \u00e0 flux tendus est un syst\u00e8me de production trop fragile pour permettre des transitions \u00e9conomiques rapides. Il nous emp\u00eache donc de traverser cette pand\u00e9mie efficacement car il ne permet ni de faire face aux nouveaux besoins strat\u00e9giques qui voient le jour, ni de maintenir la production de bien courants dans cette situation de crise.<\/p>\n<p>Comment fonctionne ce mod\u00e8le de production, qui est devenu la norme au cours des derni\u00e8res d\u00e9cennies\u00a0? Son grand principe, c&rsquo;est la minimisation des co\u00fbts \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle multinationale. Dans ce but, la production des firmes capitalistes est r\u00e9partie entre diff\u00e9rents pays afin d&rsquo;y exploiter les diff\u00e9rentes sp\u00e9cialisations productives locales, mais surtout, la main d&rsquo;oeuvre la moins ch\u00e8re possible \u00e0 chaque \u00e9tape de la fabrication des produits. Ces diff\u00e9rentes \u00e9tapes de fabrication sont comme les maillons d&rsquo;une grande cha\u00eene internationale qui vont ensuite \u00eatre reli\u00e9s par des \u00e9changes \u00e0 flux tendus \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur du r\u00e9seau mondial tiss\u00e9 par chaque firme. On parle d&rsquo;\u00e9changes \u00e0 \u00ab\u00a0flux tendus\u00a0\u00bb ou en \u00ab\u00a0just-in-time\u00a0\u00bb, car ils r\u00e9agissent de mani\u00e8re imm\u00e9diate aux signaux de demande des entreprises et qu&rsquo;ils vont proc\u00e9der tr\u00e8s rapidement afin de minimiser le temps de passage d&rsquo;une \u00e9tape \u00e0 l&rsquo;autre de la production. De cette mani\u00e8re, les multinationales peuvent supprimer les stocks, sources de co\u00fbts de gestion et d&rsquo;assurance, et \u00e9galement ajuster l&rsquo;investissement dans l&rsquo;appareil de production \u00e0 la demande, afin de r\u00e9duire leurs co\u00fbts fixes.<\/p>\n<p>Bref, pour les firmes capitalistes, ce syst\u00e8me est \u2013 en temps normal \u2013 un formidable moyen de maximiser les profits gr\u00e2ce au commerce international et aux in\u00e9galit\u00e9s de richesse entre les peuples. Mais le probl\u00e8me qui se manifeste aujourd&rsquo;hui, c&rsquo;est qu&rsquo;il n&rsquo;est pas fiable en cas de crise globale, et a fortiori en cas de pand\u00e9mie, car il rend chaque peuple et chaque unit\u00e9 de production d\u00e9pendante de quelques usines, d\u00e9tenues \u00e0 l&rsquo;autre bout du monde par une poign\u00e9e de soci\u00e9t\u00e9s priv\u00e9es, pour satisfaire les besoins locaux de certains biens.<\/p>\n<p>C&rsquo;est tout d&rsquo;abord un probl\u00e8me pour l&rsquo;approvisionnement en biens essentiels \u00e0 la gestion de crise. Dans le cas de cette pand\u00e9mie, alors que des \u00e9quipements comme les respirateurs, les seringues, les masques ou simplement les lits d&rsquo;h\u00f4pitaux sont devenus simultan\u00e9ment n\u00e9cessaires en masse partout \u00e0 la surface du globe pour faire face \u00e0 la situation sanitaire, il a \u00e9t\u00e9 impossible d&rsquo;en adapter la production globale pour les fabriquer et les distribuer \u00e0 tous de mani\u00e8re rapide et coordonn\u00e9e. Cela n&rsquo;\u00e9tait pas le fruit du hasard, mais d&rsquo;un investissement trop limit\u00e9 et trop peu diversifi\u00e9 dans les capacit\u00e9s de production globales de ces biens par les multinationales capitalistes. En particulier, la fermeture ou l&rsquo;absence d&rsquo;usines dans des parties du monde vues comme non profitables par le capital, alors qu&rsquo;elles disposaient ou disposeraient tout \u00e0 fait du potentiel technique pour assurer cette production, a rendu des peuples entiers impuissants \u00e0 satisfaire leur propres besoins vitaux.<\/p>\n<p>Mais d&rsquo;un autre c\u00f4t\u00e9, le probl\u00e8me se pose aussi pour la production des biens courants. Le souci, c&rsquo;est que quand une partie de la cha\u00eene productive et logistique \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger subit des perturbations, les capacit\u00e9s d&rsquo;adaptation des entreprises \u00e0 l&rsquo;autre bout de la cha\u00eene sont parfois tout \u00e0 fait nulles. Le dysfonctionnement le plus \u00e9vident aujourd&rsquo;hui est la p\u00e9nurie de semiconducteurs, c&rsquo;est-\u00e0-dire les puces \u00e9lectroniques, o\u00f9 le temps d&rsquo;attente pour la livraison d&rsquo;une puce est aujourd&rsquo;hui de 21 semaines<span id='easy-footnote-11-37034' class='easy-footnote-margin-adjust'><\/span><span class='easy-footnote'><a href='https:\/\/lavamedia.be\/fr\/la-reprise-avortee-du-capitalisme-en-temps-de-crise-sanitaire\/#easy-footnote-bottom-11-37034' title='Susquehanna Financial Group, cit\u00e9 par Bloomberg, 21 septembre 2021. &lt;a href=&quot;https:\/\/www.bloomberg.com\/news\/articles\/2021-09-22\/the-chip-crunch-grows-worse-as-wait-times-hit-record-21-weeks&quot;&gt;https:\/\/www.bloomberg.com\/news\/articles\/2021-09-22\/the-chip-crunch-grows-worse-as-wait-times-hit-record-21-weeks&lt;\/a&gt;.'><sup>11<\/sup><\/a><\/span>. Dans ce secteur, la grande majorit\u00e9 de la production mondiale est en effet fournie par deux firmes : TSMC \u00e0 Taiwan et Samsung en Cor\u00e9e du Sud. Or du fait de la situation sanitaire et d&rsquo;une s\u00e9cheresse majeure \u00e0 Taiwan, celles-ci ne parviennent plus \u00e0 honorer la demande de l&rsquo;industrie. Ces composants sont pourtant n\u00e9cessaires pour produire des choses aussi diverses que les smartphones, les voitures ou les machines \u00e0 laver et en cons\u00e9quence, de nombreuses multinationales actives dans tous ces secteurs n&rsquo;ont d&rsquo;autre choix que de mettre \u00e0 l&rsquo;arr\u00eat leur production alors m\u00eame que leurs travailleurs sont disponibles et que les consommateurs sont demandeurs.<\/p>\n<p>En second lieu, on observe que l&rsquo;imp\u00e9rialisme des \u00e9tats du Nord au service du capital priv\u00e9 pendant cette relance cr\u00e9e des in\u00e9galit\u00e9s profondes dans la situation sanitaire et \u00e9conomique de chaque pays. Mais l&rsquo;ironie, c&rsquo;est que ces in\u00e9galit\u00e9s internationales entravent le red\u00e9marrage des activit\u00e9s des entreprises capitalistes dans les pays du Nord eux-m\u00eames.<\/p>\n<p>Au niveau sanitaire d&rsquo;abord, nos gouvernements ont pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 prot\u00e9ger le principe de la propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle pour sauver les b\u00e9n\u00e9fices de Big Pharma plut\u00f4t que d&rsquo;acc\u00e9l\u00e9rer la campagne mondiale de vaccination en soutenant la lev\u00e9e des brevets sur les vaccins (ce qui leur permettrait d&rsquo;\u00eatre produits librement et distribu\u00e9s en masse \u00e0 faible co\u00fbt au niveau mondial). Non content de sacrifier ainsi des centaines de milliers de vies humaines au nom du profit, les \u00e9tats facilitent de cette mani\u00e8re la circulation et les mutations globales du virus, ce qui multiplie les foyers de contamination et prolonge ind\u00e9finiment la crise sanitaire&#8230; et donc les blocages de la production.<\/p>\n<p>En parall\u00e8le, au niveau \u00e9conomique, les pays en d\u00e9veloppement ont largement \u00e9t\u00e9 abandonn\u00e9s \u00e0 leur sort par les gouvernements des pays riches au moment o\u00f9 ils avaient besoin d&rsquo;aide financi\u00e8re pour secourir leur population et relancer leur \u00e9conomie. Bien que des pr\u00eats et des suspensions temporaires de paiement leur aient \u00e9t\u00e9 accord\u00e9s par les institutions internationales, ces mesures n&rsquo;ont pas du tout \u00e9t\u00e9 \u00e0 la hauteur et surtout, ils ont \u00e9t\u00e9 assortis de conditions tr\u00e8s dures qui rendent maintenant la reprise de ces pays encore plus difficile. En effet, alors m\u00eame que les d\u00e9penses publiques de soutien \u00e0 l&rsquo;\u00e9conomie dans ces pays se sont av\u00e9r\u00e9es insuffisantes en 2020, pratiquement aucun d&rsquo;entre eux n&rsquo;a pu poursuivre celles-ci en 2021, car le FMI lui-m\u00eame, lors de l&rsquo;octroi des nouveaux pr\u00eats, a exig\u00e9 un retour \u00e0 l&rsquo;\u00e9quilibre budg\u00e9taire d\u00e8s 2021<span id='easy-footnote-12-37034' class='easy-footnote-margin-adjust'><\/span><span class='easy-footnote'><a href='https:\/\/lavamedia.be\/fr\/la-reprise-avortee-du-capitalisme-en-temps-de-crise-sanitaire\/#easy-footnote-bottom-12-37034' title='Lara Merling, \u00ab\u00a0Reforming the IMF for a resilient recovery\u00a0\u00bb, &lt;i&gt;International Trade Union Confederation&lt;\/i&gt;. &lt;a href=&quot;https:\/\/www.ituc-csi.org\/IMG\/pdf\/reforming_the_imf_for_a_resilient_recovery_v2.pdf&quot;&gt;https:\/\/www.ituc-csi.org\/IMG\/pdf\/reforming_the_imf_for_a_resilient_recovery_v2.pdf&lt;\/a&gt;.'><sup>12<\/sup><\/a><\/span>. Cette cure d&rsquo;aust\u00e9rit\u00e9 imm\u00e9diate rappelle aux gouvernements des pays en d\u00e9veloppement que malgr\u00e9 la crise, le remboursement de leurs dettes aux cr\u00e9anciers des pays riches reste lui aussi un principe inviolable.<\/p>\n<blockquote><p>Au niveau sanitaire d&rsquo;abord, nos gouvernements ont pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 prot\u00e9ger le principe de la propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle pour sauver les b\u00e9n\u00e9fices de Big Pharma plut\u00f4t que d&rsquo;acc\u00e9l\u00e9rer la campagne mondiale de vaccination en soutenant la lev\u00e9e des brevets sur les vaccins.<\/p><\/blockquote>\n<p>Tout cela complique donc fortement la situation des pays en d\u00e9veloppement. Pour les plus pauvres d&rsquo;entre eux, la croissance en 2021 sera d&rsquo;ailleurs la pire des dix derni\u00e8res ann\u00e9es, ce qui va encore accro\u00eetre l&rsquo;\u00e9cart de richesse entre eux et le reste du monde. Or, comme dans ce mod\u00e8le capitaliste globalis\u00e9, les entreprises des pays riches d\u00e9pendent des march\u00e9s \u00e9trangers pour importer, exporter et produire leurs marchandises, il n&rsquo;y a rien d&rsquo;\u00e9tonnant \u00e0 ce que les difficult\u00e9s \u00e9conomiques dans le reste du monde entravent aussi leur propre red\u00e9marrage. Si l&rsquo;on prend le cas du Vietnam par exemple, il s&rsquo;agit d&rsquo;un pays pauvre qui sort tout juste d&rsquo;un confinement complet de trois mois, car il n&rsquo;a pas eu les moyens de faire vacciner sa population de mani\u00e8re prioritaire comme les pays riches (\u00e0 ce jour, seule 28% de la population vietnamienne est vaccin\u00e9e). Ce pays est pourtant la nouvelle \u00ab\u00a0usine du monde\u00a0\u00bb apr\u00e8s la Chine, et les blocages qui y ont lieu paralysent donc les cha\u00eenes de production des multinationales occidentales, comme Nike, Adidas ou Ikea parmi tant d&rsquo;autres.<\/p>\n<p>Enfin, de mani\u00e8re plus g\u00e9n\u00e9rale, nous voyons qu&rsquo;au cours de cette crise, le march\u00e9 domin\u00e9 par la finance et les monopoles a \u00e9t\u00e9 un syst\u00e8me particuli\u00e8rement injuste et inefficace d&rsquo;allocation des ressources, qui n&rsquo;a fait qu&rsquo;aggraver les tensions sociales existantes. En effet, alors que le reste du monde se serrait la ceinture ou p\u00e9rissait sous les coups du virus, un petit groupe s&rsquo;est enrichi \u00e0 outrance sur le dos de la population.<\/p>\n<p>On peut identifier ces parasites \u00e0 chaque \u00e9tape de la crise. D&rsquo;abord, au tout d\u00e9but de la pand\u00e9mie, ce sont les ultra-riches et quelques firmes financi\u00e8res qui ont su profiter du d\u00e9sastre gr\u00e2ce aux milliers de milliards d&rsquo;argent public d\u00e9vers\u00e9s sur les march\u00e9s par les banques centrales. Gr\u00e2ce \u00e0 la sp\u00e9culation, ces liquidit\u00e9s virtuellement infinies ont permis aux plus grandes fortunes de la plan\u00e8te de r\u00e9cup\u00e9rer leurs pertes en quelques semaines, puis de recommencer \u00e0 s&rsquo;enrichir alors m\u00eame que l&rsquo;\u00e9conomie r\u00e9elle chavirait<span id='easy-footnote-13-37034' class='easy-footnote-margin-adjust'><\/span><span class='easy-footnote'><a href='https:\/\/lavamedia.be\/fr\/la-reprise-avortee-du-capitalisme-en-temps-de-crise-sanitaire\/#easy-footnote-bottom-13-37034' title='Voir : Martin Dupont, \u00ab Les ultra-riches d\u00e9j\u00e0 plus riches qu&amp;rsquo;avant la crise\u00a0\u00bb, &lt;em&gt;Solidaire&lt;\/em&gt;, 17 juin 2020. &lt;a href=&quot;https:\/\/www.solidaire.org\/articles\/les-ultra-riches-deja-plus-riches-qu-avant-la-crise&quot;&gt;https:\/\/www.solidaire.org\/articles\/les-ultra-riches-deja-plus-riches-qu-avant-la-crise&lt;\/a&gt;.'><sup>13<\/sup><\/a><\/span>. Ensuite, \u00e7a a \u00e9t\u00e9 au tour des grands groupes de l&rsquo;industrie pharmaceutique et des technologies num\u00e9riques. Pfizer et Moderna ont engrang\u00e9 des b\u00e9n\u00e9fices exorbitants de plusieurs milliards de dollars gr\u00e2ce \u00e0 leur monopole sur les vaccins. Amazon a vu son chiffre d&rsquo;affaires augmenter de 38% en 2020, r\u00e9alisant un profit annuel de presque 27 milliards de dollars, tandis que Microsoft a bondi \u00e0 44,3 milliards de profits pour l&rsquo;ann\u00e9e fiscale 2020 et m\u00eame \u00e0 61,3 milliards en 2021. Des records absolus, alors que l&rsquo;\u00e9conomie mondiale plongeait de -3,3%.<\/p>\n<p>Par ailleurs, depuis le d\u00e9but de la reprise, ce sont aussi les grandes banques qui enregistrent des b\u00e9n\u00e9fices in\u00e9dits. Dans les douze derniers mois, JP Morgan a r\u00e9alis\u00e9 un profit record de presque 48 milliards de dollars, la meilleure ann\u00e9e de son histoire, tout comme Goldman Sachs (20 milliards) et Morgan Stanley (13,7 milliards). Les banques europ\u00e9ennes ne sont pas non plus en reste, puisque la Deutsche Bank a r\u00e9alis\u00e9 cette ann\u00e9e ses meilleurs profits en 8 ans<span id='easy-footnote-14-37034' class='easy-footnote-margin-adjust'><\/span><span class='easy-footnote'><a href='https:\/\/lavamedia.be\/fr\/la-reprise-avortee-du-capitalisme-en-temps-de-crise-sanitaire\/#easy-footnote-bottom-14-37034' title='Harriet Habergham, \u00ab\u00a0Global Banks&amp;rsquo; $170 Billion Haul Marks Most Profitable Year Ever\u00a0\u00bb, &lt;em&gt;Bloomberg&lt;\/em&gt;, 17 ao\u00fbt 2021. &lt;a href=&quot;https:\/\/www.bloomberg.com\/professional\/blog\/global-banks-170-billion-haul-marks-most-profitable-year-ever\/&quot;&gt;https:\/\/www.bloomberg.com\/professional\/blog\/global-banks-170-billion-haul-marks-most-profitable-year-ever\/&lt;\/a&gt;.'><sup>14<\/sup><\/a><\/span>, tandis que BNP Paribas a connu au printemps le meilleur trimestre de son histoire (presque 3 milliards d&rsquo;euros de profit en trois mois)<span id='easy-footnote-15-37034' class='easy-footnote-margin-adjust'><\/span><span class='easy-footnote'><a href='https:\/\/lavamedia.be\/fr\/la-reprise-avortee-du-capitalisme-en-temps-de-crise-sanitaire\/#easy-footnote-bottom-15-37034' title='&lt;em&gt;La Libre Belgique&lt;\/em&gt;, \u00ab La reprise dope de fa\u00e7on spectaculaire les b\u00e9n\u00e9fices des banques europ\u00e9ennes \u00bb, 5 ao\u00fbt 2021. &lt;a href=&quot;https:\/\/www.lalibre.be\/economie\/conjoncture\/2021\/08\/05\/la-reprise-dope-de-facon-spectaculaire-les-benefices-des-banques-europeennes-CB2SMMGKZBBKHGN56GRDFL6TXY\/&quot;&gt;https:\/\/www.lalibre.be\/economie\/conjoncture\/2021\/08\/05\/la-reprise-dope-de-facon-spectaculaire-les-benefices-des-banques-europeennes-CB2SMMGKZBBKHGN56GRDFL6TXY\/&lt;\/a&gt;.'><sup>15<\/sup><\/a><\/span>. Globalement, si l&rsquo;on prend les douze plus grosses banques mondiales, celles-ci ont r\u00e9alis\u00e9 170 milliards de dollars de profit sur l&rsquo;ann\u00e9e \u00e9coul\u00e9e, ce qui en fait la plus profitable de toute leur histoire. Dans le m\u00eame temps, ces m\u00eames banques refusent pourtant de plus en plus de pr\u00eats aux particuliers et les agences bancaires de proximit\u00e9 ferment les unes apr\u00e8s les autres. S&rsquo;il fallait encore prouver que l&rsquo;industrie bancaire ne tourne pas pour le plus grand nombre, c&rsquo;est d\u00e9sormais chose faite.<\/p>\n<p>Et aujourd&rsquo;hui, lors de cette \u00ab\u00a0crise de la reprise\u00a0\u00bb, que constate-t-on ? Au moment m\u00eame o\u00f9 les prix des mati\u00e8res premi\u00e8res et de l&rsquo;\u00e9nergie montent en fl\u00e8che et que les m\u00e9nages doivent en subir les cons\u00e9quences, les sp\u00e9culateurs et les groupes priv\u00e9s d\u00e9tenant le monopole de ces ressources vivent leurs meilleurs jours. Les supermajors p\u00e9troli\u00e8res comme ExxonMobil, Chevron, Total, ou Shell affichent toutes des profits en hausse lors de cette ann\u00e9e 2021. Pour quelques autres multinationales extractivistes, par exemple Cargill, Gazprom ou Glencore, les perspectives sont encore meilleures\u00a0: elles s&rsquo;appr\u00eatent \u00e0 r\u00e9aliser les profits les plus \u00e9lev\u00e9s de leur histoire. Il est important de r\u00e9aliser que tout cela n&rsquo;est pas juste une aubaine. En effet, lorsque la demande pour les mati\u00e8res premi\u00e8res augmente, les traders de ces firmes, qui ont un pouvoir de march\u00e9 d\u00e9mesur\u00e9, sp\u00e9culent \u00e0 la hausse sur leurs prix afin de provoquer une envol\u00e9e plus grande encore. Cela soutient donc des augmentations brutales qui permettent \u00e0 ces groupes parasitaires de maximiser leurs gains tandis que tout le reste de la population en paie le prix, comme c&rsquo;est le cas en ce moment-m\u00eame.<\/p>\n<h2>\u00c0 chaque classe sociale ses combats<\/h2>\n<p>Face \u00e0 cette situation, quelles peuvent \u00eatre les perspectives de la classe travailleuse\u00a0? Tout d&rsquo;abord, il s&rsquo;agit de reconna\u00eetre qu&rsquo;il y a une col\u00e8re montante et l\u00e9gitime parmi elle. Apr\u00e8s une ann\u00e9e et demie tr\u00e8s difficile, marqu\u00e9e par des pertes humaines et une situation sociale invivable, le camp capitaliste voudrait que nous, travailleurs, acceptions des conditions de travail plus dures sans augmentation r\u00e9elle de nos salaires sous pr\u00e9texte de traverser la crise. Mais il en est hors de question\u00a0: les h\u00e9ros de la crise, ceux qui ont fait tourner la boutique pendant tout ce temps, c&rsquo;est nous. L&rsquo;heure est \u00e0 la r\u00e9compense et pas \u00e0 une pression suppl\u00e9mentaire sur nos \u00e9paules. En Belgique, les gr\u00e8ves r\u00e9centes chez Lidl et les actions en cours dans le secteur de la chimie par exemple, montrent que la classe travailleuse ne se laissera pas faire.<\/p>\n<p>Ensuite, pour mener ces luttes, nous devons prendre conscience que cette crise de la globalisation capitaliste est en fait une source d&rsquo;opportunit\u00e9s. En effet l&rsquo;une des choses que la situation actuelle nous enseigne, c&rsquo;est que les multinationales sont des g\u00e9ants aux pieds d&rsquo;argile. Pour peu qu&rsquo;une partie strat\u00e9gique de leur cha\u00eene globale de production soit entrav\u00e9e, c&rsquo;est l&rsquo;ensemble de la production en aval qui peut \u00eatre durablement paralys\u00e9e. Cela signifie qu&rsquo;une gr\u00e8ve de travailleurs quelque part dans le monde peut avoir une influence mondiale et d\u00e9cisive. L&rsquo;exemple r\u00e9cent de la mine Escondida au Chili, plus grosse mine de cuivre au monde d\u00e9tenue par la multinationale anglo-australienne BHP, est particuli\u00e8rement parlant. Lorsque le principal syndicat de l&rsquo;entreprise a manifest\u00e9 sa volont\u00e9 d&rsquo;entrer en gr\u00e8ve au d\u00e9but de cet \u00e9t\u00e9, c&rsquo;est 8% de la production mondiale de cuivre qui s&rsquo;est trouv\u00e9e menac\u00e9e d&rsquo;un seul coup. Dans le contexte actuel, ni BHP, ni les autres multinationales capitalistes ne pouvaient se permettre qu&rsquo;une telle production d&rsquo;un mat\u00e9riau essentiel \u00e0 l&rsquo;industrie soit perdue. Un accord a donc rapidement \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9 entre la firme et les travailleurs pour r\u00e9compenser leur travail exceptionnel pendant la crise. Cela prouve que la classe travailleuse peut exploiter ces possibilit\u00e9s \u00e0 son avantage, non seulement pour obtenir des victoires locales, mais aussi dans une perspective de lutte politique globale contre le capital.<\/p>\n<blockquote><p>La classe travailleuse peut exploiter les possibilit\u00e9s de la crise \u00e0 son avantage, non seulement pour obtenir des victoires locales, mais aussi dans une perspective de lutte politique globale contre le capital.<\/p><\/blockquote>\n<p>Car en effet, si nous ne voulons pas devoir payer le co\u00fbt de cette crise, il faut nous en prendre directement \u00e0 ceux qui en ont profit\u00e9 et continuent de le faire au niveau global. Partout dans le monde, et alors m\u00eame que le scandale des Pandora Papers est encore en cours, la bourgeoisie cherche d\u00e9j\u00e0 \u00e0 r\u00e9duire les d\u00e9penses publiques pour essayer de rembourser la dette occasionn\u00e9e par la pand\u00e9mie sur le dos de la population. Pourtant, ce n&rsquo;est pas \u00e0 la population d&rsquo;en faire les frais. Pour rembourser cette dette, outre la lutte contre la fraude fiscale et la mise en place d&rsquo;une taxe corona sur les grandes fortunes, nous devons exiger des taxes sur les surprofits des monopoles priv\u00e9s qui prosp\u00e8rent pendant cette crise, car s&rsquo;ils prosp\u00e8rent, c&rsquo;est gr\u00e2ce \u00e0 notre travail et \u00e0 l&rsquo;argent public. Comme on l&rsquo;a montr\u00e9 plus haut, ce ne sont pas les cibles qui manquent. Tesla et Google, par exemple, viennent encore de d\u00e9clarer des profits records de plusieurs milliards de dollars pour leur troisi\u00e8me et cinqui\u00e8me trimestre d&rsquo;affil\u00e9e (respectivement). Dans la situation actuelle plus que jamais, les b\u00e9n\u00e9fices exorbitants de ces multinationales devraient servir \u00e0 renflouer les finances publiques, et pas les poches de leurs actionnaires.<\/p>\n<p>Et enfin, si nous voulons que cette pand\u00e9mie cesse pour de bon et que la vie reprenne normalement, nous devons nous en prendre aux v\u00e9ritables responsables de la situation actuelle : les gouvernements \u00e0 la solde des multinationales pharmaceutiques. D&rsquo;apr\u00e8s le chef de l&rsquo;OMS en effet, le coronavirus fait 50.000 morts par semaine en ce moment-m\u00eame au niveau mondial alors que nous pourrions mettre un terme \u00e0 cette pand\u00e9mie si nous utilisions correctement les outils m\u00e9dicaux et de sant\u00e9 publique dont nous disposons<span id='easy-footnote-16-37034' class='easy-footnote-margin-adjust'><\/span><span class='easy-footnote'><a href='https:\/\/lavamedia.be\/fr\/la-reprise-avortee-du-capitalisme-en-temps-de-crise-sanitaire\/#easy-footnote-bottom-16-37034' title='\u00ab Covid-19 : 50 000 morts par semaine \u00bb, &lt;em&gt;Euronews&lt;\/em&gt;, 25 octobre 2021. &lt;a href=&quot;https:\/\/fr.euronews.com\/2021\/10\/25\/covid-19-50-000-morts-par-semaine&quot;&gt;https:\/\/fr.euronews.com\/2021\/10\/25\/covid-19-50-000-morts-par-semaine&lt;\/a&gt;.'><sup>16<\/sup><\/a><\/span>. C&rsquo;est l&rsquo;inverse de ce que font pourtant les gouvernements des pays riches, puisqu&rsquo;au lieu de soutenir la lev\u00e9e des brevets sur les vaccins pour diminuer leur prix et leur permettre ainsi d&rsquo;\u00eatre disponibles en masse \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle mondiale, ils misent sur une vaccination intensive de leur population avec une troisi\u00e8me dose, \u00e0 des prix toujours plus \u00e9lev\u00e9s, afin de garantir \u00e0 Big Pharma des profits colossaux. Privant ainsi le reste du monde de vaccins, ils allongent non seulement la liste des morts, mais aussi la dur\u00e9e de la pand\u00e9mie et des blocages productifs pour l&rsquo;ensemble de la plan\u00e8te. Pour nous sortir de cette situation, nous devons r\u00e9clamer la lev\u00e9e des brevets, et plus fondamentalement, constituer un p\u00f4le public du m\u00e9dicament \u00e0 m\u00eame de r\u00e9pondre aux besoins m\u00e9dicaux de la population mondiale en dehors des griffes de Big Pharma. Cela constitue une premi\u00e8re \u00e9tape indispensable pour faire face de mani\u00e8re solidaire \u00e0 cette pand\u00e9mie, et \u00e0 celles qui ne manqueront pas de se reproduire.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Avec l&rsquo;avancement de la campagne de vaccination et la reprise des activit\u00e9s \u00e9conomiques, les perspectives de croissance \u00e9taient au beau fixe. Mais sans sp\u00e9culer sur ce qui se passera dans les mois \u00e0 venir, on peut d\u00e9j\u00e0 constater que trois s\u00e9rieux probl\u00e8mes entravent la relance capitaliste.<\/p>\n","protected":false},"author":1064,"featured_media":37037,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[16,17],"tags":[441,1075,1449,2883],"class_list":["post-37034","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-article-fr","category-articles-fr","tag-capitalisme","tag-covid-19-fr","tag-crise","tag-martin-dupont-fr"],"acf":[],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/lavamedia.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/37034","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/lavamedia.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/lavamedia.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lavamedia.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1064"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lavamedia.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=37034"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/lavamedia.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/37034\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":39202,"href":"https:\/\/lavamedia.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/37034\/revisions\/39202"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lavamedia.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/37037"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/lavamedia.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=37034"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/lavamedia.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=37034"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/lavamedia.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=37034"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}